Bloquer Macron, Blanquer, Vidal

mardi 26 décembre 2017
par  Catherine

Au CDFN du 17 novembre, l’urgence de bloquer l’offensive contre la Fonction publique, la jeunesse, les libertés, a été au centre des débats. Émancipation y a pris sa part sur l’action, le supérieur et le bac, le boycott du “Forum action publique 2022”, la Catalogne, les migrantEs et la liberté syndicale (voir p. 35).

Sur l’action

Une politique gouvernementale qui doit être stoppée

Macron tente de prendre de vitesse les mobilisations pour imposer les exigences des patrons et de la finance plus vite que la dégringolade de sa cote de popularité. Il est dès lors de la responsabilité du mouvement syndical de lutter pour l’abrogation (loi Travail) ou le retrait des contre-réformes gouvernementales : la baisse des APL, la traque des chômeurEs, la baisse de leurs indemnités, l’attaque de la sécu et des retraites, la sélection à l’université, l’état d’urgence et la répression contre les jeunes, les opposantEs au pouvoir, syndicalistes ou non… Les syndicats en tant que tels sont visés par le gouvernement… Tout le monde est concerné, la jeunesse, les retraitéEs, les travailleurs.ses du privé comme du public.

Public/privé, l’incontournable unité

Les travailleurs.ses de la Fonction publique sont donc concernéEs par la lutte contre les ordonnances, d’autant plus qu’avec son plan “Action publique 2022” le gouvernement Macron prévoit de privatiser encore certains secteurs publics. Et les travailleurs.ses du privé sont concernéEs par la défense des services publics, qui permettent à touTEs l’accès aux droits sociaux fondamentaux.

Seule l’unité d’action public/privé des organisations et de celles et ceux prêts à se confronter au pouvoir permettra de le faire reculer sur ses attaques annoncées ou projetées contre la Fonction publique : le blocage du point d’indice, la décorellation des indices entre les trois Fonctions publiques, le jour de carence et l’augmentation de la CSG en lieu et place des cotisations sociales (actuellement assises sur le travail et gérées par les syndicats, indépendamment de l’État toujours prompt à piller les fonds sociaux). Ce remplacement des cotisations par l’impôt pénaliserait les fonctionnaires et encore plus les retraitéEs, qui ne vont par ailleurs, pour la plupart, pas bénéficier de la suppression des impôts locaux.

Quant aux 120 000 suppressions de postes, sans compter celle des emplois aidés, elles vont impacter l’ensemble des services publics, déjà au bord de l’implosion : la santé ou l’Éducation soumise en plus de l’austérité, à l’élitisme foncier de Blanquer, à la fin des emplois aidés, à la suppression du dispositif plus de maîtres que de classes, à une réforme du Bac et à une sélection à l’université qui s’orientent vers “le tri” des bac pro et technologiques et des bacs généraux sans mention…

Unifier les revendications pour étendre et prolonger la mobilisation

Contre la mondialisation capitaliste et son serviteur Macron qui généralisent la concurrence de touTEs contre touTEs et organisent le dumping social, contre cette offensive globale qui vise toutes les catégories de la population, il s’agit d’ouvrir la perspective d’une alternative anticapitaliste, avec notamment la socialisation sous contrôle démocratique des entreprises, l’expropriation des banques et institutions financières.

Contre la destruction du code du travail :

- retrait des ordonnances,
- abrogation de la loi El Khomri,
- un véritable CDI pour touTEs dans le privé, interdiction des temps partiels imposés, de l’intérim, de la sous-traitance, des licenciements.

Contre les attaques de Macron/Blanquer/Vidal vis à vis de la jeunesse scolarisée et étudiante et en premier lieu, contre les projets de casse du bac et du second cycle et contre la selection à l’université :
- retrait des projets gouvernementaux,
- un autre système éducatif, polytechnique et polyvalent, sans orientation jusqu’à la fin du lycée.

Contre le remplacement du financement de la sécu par les cotisations salariales et patronales par un financement par l’impôt via la CSG, il faut obtenir :
- maintien et amélioration de la protection sociale gérée par les travailleurs et travailleuses : sécurité sociale à 100 %, arrêt et restitution des exonérations patronales, retraite à 60 ans à taux plein avec 37,5 annuités, sans décote.

Contre le blocage des salaires, augmentation uniforme pour touTEs de 400 € en points d’indice, pas de salaires inférieurs à 1700 € net.

Contre les suppressions de postes dans la FP, création de tous les postes nécessaires pour des services publics vraiment égalitaires et la titularisation immédiate de touTEs les non titulaires, sans conditions de concours ni de nationalité.

Contre la participation des directions syndicales aux concertations.

S’organiser pour rendre les mobilisations efficaces
contre les attaques de Macron.

Dans l’immédiat, la FSU considère que pour marquer le refus de la politique gouvernementale, le syndicalisme doit rompre les “concertations” mises en pace par le gouvernement, à commencer par celles autour du “comité action publique 2022”.

Contre la loi Vidal et les projets pour le bac et le lycée, elle informe les personnels et doit engager l’action dans les plus brefs délais. Elle soutiendra les mobilisations des lycenNEs et étudiantEs et favorisera l’émergence d’initiatives avec la jeunesse et leurs organisations.

Bac, lycée, université

La FSU défend des revendications pour permettre l’accès à l’université à tous les étudiantEs, améliorer leurs conditions d’étude, résoudre les problèmes d’affectation en licence et limiter les abandons en L1 plus importants pour les titulaires des bacs professionnels et technologiques. Elle se bat pour :
- dans le supérieur, augmenter les places et possibilités de choix en L1 et améliorer les conditions d’études et de vie des étudiantEs. Cela suppose de rompre avec la politique de réduction des moyens et des capacités d’accueil mise en place par la loi LRU,
- dans le secondaire, améliorer les conditions de travail (effectif, TD…), permettre les redoublements dans de bonnes conditions,
- et, pour contrer le nouveau système de dissuasion des élèves de faire des études supérieures qui se met en place, restaurer et étendre le service scolaire d’information sur l’orientation en recrutant des PSY-EN à la hauteur des besoins (il y a actuellement un psychologue de l’Éducation nationale pour 1200 lycéenNEs), plutôt que de transférer cette charge de travail à des enseignantEs voire des Volontaires du Service Civique.

Les projets du ministère concernant l’accès à l’enseignement supérieur, l’organisation du bac et du lycée… sont liés entre eux et sont contradictoires avec les revendications de la FSU. De plus ils entérinent la diminution de 10 % du nombre d’EnseignantEs-Chercheur/ses depuis 2009, alors que le nombre d’étudiantEs ne cesse d’augmenter (40 000 de plus en 2018), et le manque de l’équivalent de trois universités en France.

Le projet de loi Vidal :
- il supprimerait du code de l’éducation les principes suivants : “tout candidat est libre de s’inscrire dans l’établissement de son choix”, “les dispositions relatives à la répartition entre les établissements et les formations excluent toute sélection”,

- la validation d’une inscription dans une formation universitaire se ferait “dans la limite des capacités d’accueil, après vérification de la cohérence entre, d’une part, le projet de formation du candidat, les acquis de sa formation initiale ou ses compétences et, d’autre part, les caractéristiques de la formation”,

- partout, suivant les “profils”, l’inscription pourrait être conditionnée à l’acceptation par l’étudiant d’un “parcours de formation personnalisé proposé par l’établissement pour favoriser sa réussite”.

Le bac ne suffirait plus pour une poursuite d’études avec un tel projet, et cesserait de fait d’être le premier grade universitaire ouvrant le droit à la filière universitaire de son choix.

Ce projet déboucherait sur une mise en concurrence accrue des universités, autorisées à sélectionner les bachelierEs ; “les attendus” et/ou “remises à niveau” définis par les établissements remettraient en cause la valeur nationale des diplômes, pour aboutir à une multiplicité de bacs locaux facilitant encore davantage le tri à l’entrée de l’université. Cette mesure serait en cohérence avec les ordonnances attaquant le code du Travail et les conventions collectives.

En parallèle, le projet impliquerait une surcharge de travail en lycée, avec la volonté manifeste d’associer les personnels à ce système de “tri” des élèves.

La “mission” sur le lycée installée par le gouvernement et dirigée par P.Mathiot doit travailler sur le bac et le lycée. Un rapport est prévu début janvier pour une application dès la rentrée 2018 en seconde, les “concertations” doivent débuter le 13 novembre. Mais certaines mesures sont déjà mises en place.

Le CDFN de la FSU relève que  :

- ce dispositif est cadré par les objectifs fixés par le ministère, à savoir un bac réduit à quatre épreuves terminales, tout le reste étant en contrôle continu. Avec de sérieuses menaces sur les lycées professionnels,
- il n’y aurait plus un bac national mais des bacs locaux, avec en toile de fond la mise en place d’un lycée modulaire et à la carte, en cohérence avec le projet de loi Vidal à l’université. Avec en perspective des “économies” substantielles, des parcours intégrés lycée-supérieur, l’explosion des inégalités dans le cadre d’une autonomie des établissements décuplée et des conséquences désastreuses pour les élèves mais aussi pour le statut des enseignants.

La FSU et ses syndicats nationaux :

- demandent le retrait de ces projets, et refusent de participer à des “concertations” visant à préparer leur application,
- estiment que s’impose une mobilisation en lien avec les organisations lycéennes, étudiantes et de parents pour défendre un bac qui donne accès à toutes les filières du supérieur avec des épreuves nationales, terminales et anonymes, et s’opposer à toute mise en place, déguisée ou pas, d’une sélection à l’entrée de l’université,
- mèneront une campagne d’information en direction des personnels en ce sens ; dans cette optique, les syndicats de la FSU proposeront aux autres organisations syndicales de préparer la grève dans l’unité pour faire reculer le gouvernement. Ils appellent d’ores et déjà les personnels à ne pas participer à la mise en place de la réforme Vidal, notamment en boycottant les tentatives de mettre en place des Professeur-e-s principaux/ales de Terminale dédiéEs à l’“orientation” des lycéenNEs. o

L’Émancipation syndicale et pédagogique – 4/12/2017 page 16 & 17


Brèves

10 juillet 2017 -  Retrait des projets Macron, retrait du projet de réforme du code du travail

Motion votée le 28 juin au Conseil syndical du SNUipp 13
Les premiers projets ou annonces du (...)

26 juin 2017 - La rentrée ne peut pas se faire dans ces conditions !

Appel intersyndical IDF
Jeudi 29 juin se tient un CTSD ayant à l’ordre du jour les dotations en (...)

2 février 2017 - Communiqué PPCR

Mise en œuvre du protocole PPCR : plus de risques que de bénéfices sur la feuille de paye (...)

1er octobre 2016 - L’évaluation en débat au CDFN de la FSU

Le projet de réforme de l’évaluation des personnels vient compléter l’ensemble des réformes qui ont (...)

2 septembre 2016 - Retrait du projet “d’évaluation” des personnels enseignants !

La mise en place de la loi de “refondation” de l’école (2013) impose la redéfinition du métier (...)