Deux livres pour nos élèves

mercredi 27 décembre 2017
par  Catherine

La suppression des emplois dans l’industrie, l’échec scolaire, sont des thèmes rarement traités dans la littérature de jeunesse. Ces deux ouvrages peuvent permettre d’aborder ces sujets en classe

Alors que l’on se demandait ce qu’il allait advenir de l’usine GM&S de La Souterraine dans la Creuse, j’ai lu cet été L’Usine de Yaël Hassan, qui évoque un problème semblable.

L’Usine

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Dans le village de Beaujour, où le visiteur est accueilli par un panneau quelque peu incongru “Amusez-vous bien”, l’usine de jouets, une des dernières en France, doit fermer. Une main anonyme a barré le panneau et inscrit à la place “On ne joue plus”. L’auteur évoque l’inquiétude des habitants, la crainte du chômage. Le problème touche aussi les enfants et la situation devient difficile pour Clotilde dont le père, directeur administratif et financier, devra gérer la liquidation et les licenciements. Les ouvriers occupent les locaux. Les enseignants aussi réagissent et intègrent au projet d’école la réalisation par les élèves d’un blog évoquant l’histoire de l’entreprise, une visite des lieux, un entretien avec le fondateur. “Ce projet, si nous le menons à bien tous ensemble”, explique l’enseignant qui en est l’initiateur, “pourrait compléter leur apprentissage et ferait d’eux de futurs adolescents plus responsables et engagés que ne les y prépare le programme traditionnel” !

Yaël Hassan est optimiste. L’usine sera finalement sauvée par un repreneur canadien, ancien enfant du village.

On en retiendra que les difficultés économiques ne sont pas dues aux ouvriers mais plutôt à des problèmes de gestion ou de spéculations hasardeuses, dénoncées d’ailleurs par le fondateur de l’usine, et qu’un mouvement de mobilisation générale, dans lequel les enseignants et les écoliers ont leur place, peut se révéler efficace.

Elliot peut mieux faire

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Chantal Cahour, dans Elliot peut mieux faire, aborde le problème de l’échec scolaire.

Les résultats du jeune Elliot, élève de CM2, sont catastrophiques et compromettent son passage en 6e. Lui-même, pour se valoriser malgré tout vis-à-vis de ses camarades se montre insolent et indiscipliné. Le problème devient familial. Le père, qui rêvait que son fils devienne médecin comme il aurait aimé le devenir lui-même s’il n’avait pas dû reprendre l’entreprise familiale, accuse la mère d’avoir mal géré jusque là la scolarité de son fils.

“Je me demande comment il a pu arriver en CM2 avec une orthographe aussi déplorable ! Tu n’as vraiment rien remarqué pendant toutes ces années ?
- Ah, nous y voilà ! C’est ma faute s’il a des faiblesses en français ? C’est ce que tu veux dire ?”
L’enfant supporte mal que les parents se disputent à cause de lui mais les résultats ne s’améliorent pas jusqu’au jour où un sujet de rédaction, proposé par un instituteur remplaçant, déclenche tout : “Quel métier aimerais-tu faire lorsque tu seras grand ? Explique pourquoi tu l’as choisi et décris ce que tu y feras. Lorsque tu auras fini ta rédaction, fais un dessin pour illustrer ton propos”. Si l’évocation de son avenir est plutôt discutable, l’illustration réalisée est une véritable bande dessinée. Elliot suivra, grâce à cet instituteur, des cours de dessin en dehors de l’école. Cette valorisation change totalement son attitude.

Une intéressante réflexion sur l’échec scolaire, ses manifestations, les problèmes familiaux qu’il peut soulever, les recherches de solutions.

Le livre a été réalisé dans le cadre d’une résidence avec des classes de CM1-CM2 dont le compte-rendu figure à la fin de l’ouvrage.

Accessibles aux élèves de collège, dès la 6e, les deux ouvrages peuvent donner lieu à d’intéressants débats avec eux.

Jean-Pierre Tusseau, Maine-et-Loire

Yaël Hassan, L’Usine, « tempo », Syros, 2015.

Chantal Cahour, Elliot peut mieux faire, Oskar, 2011.

À commander à l’EDMP (8, impasse Crozatier, Paris 12e, 01 44 68 04 18, didier.mainchin@gmail.com).

L’Émancipation syndicale et pédagogique – 4/12/2017 page 19