Notre librairie (décembre 2017)

jeudi 4 janvier 2018

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Blues et féminisme noir

Angela Davis, connue pour son engagement politique depuis les années 60, mène depuis 1969 une carrière universitaire, centrant ses travaux autour de la question du genre, de la place des NoirEs aux États Unis et du système carcéral. Elle signe ici un ouvrage qui met en lumière deux blueswomen Gertrude “Ma” Rayney (1886-1939) et Bessie Smith (1894-1937) dont les œuvres ont été souvent dévalorisées par les spécialistes du blues et du jazz. L’auteure à travers l’analyse et la contextualisation des paroles de leurs chansons, montre les revendications d’autonomie des femmes noires américaines. Elle évoque également l’oeuvre de Billie Holiday (1915-1959) proposant ainsi une histoire féministe et politique de la musique noire des années 1920 aux années 1940. Ce livre est accompagné d’un CD audio de 18 titres

Blues et féminisme noir , Angela Davis, traduction Julien Bordier, éditions Libertalia, novembre 2017, 416 p., 20 €.

Être forêts

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À travers l’émergence de résistances aux grands projets innovants inutiles, que ce soit dans les bois de Sivens, à Notre-Dame-des-Landes, à Bure ou dans les Cévennes, Jean Baptiste Vidalou, souligne l’évidence que la forêt, est un espace que certainEs choisissent pour bâtir un autre rapport au monde ; résister contre un barrage, un aéroport, une extraction de biomasse et parallèlement sortir de l’économie de marché. L’auteur élargit son propos à l’étranger : les paysanNEs du Guerrero au Mexique se battent depuis plus de dix ans pour libérer leurs forêts des exploitants, les Penan de Bornéo luttent contre les compagnies de plantation de palmiers à huile, le peuple Cri au Canada enfin défend la forêt boréale contre la déforestation. Autant d’espaces-forêts, synonymes d’insurrections.

Étre forêts, habiter des territoires en lutte , Jean-Baptiste Vidalou, éditions La Découverte, collection Hors Collection ZONES, octobre 2017, 144 p., 14 €.

Le système dette

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De tous temps et sous toutes les latitudes, la dette a été utilisée comme une arme de domination et de spoliation. Plus spécifiquement à partir du XIXe siècle, le recours à l’endettement extérieur et l’adoption du libre-échange constituent un facteur fondamental de la mise sous tutelle d’économies entières par les puissances capitalistes (exemple tout récent de la Grèce). Éric Toussaint, historien et docteur en sciences politiques, actualise ici le concept de la dette odieuse et affirme que la dictature de la dette que subissent les peuples, n’est pas inéluctablerappelant que plusieurs États ont annulé leurs dettes avec succès. Il analyse les répudiations réalisées par le Mexique, les États-Unis, Cuba, le Costa Rica et la Russie des soviets. Un ouvrage pour comprendre la mécanique implacable de la dette et l’évolution du monde capitaliste au cours des deux derniers siècles.

Le système dette, histoire des dettes souveraines et de leur répudiation , Éric Toussaint, éditions Les liens qui libèrent, novembre 2017, 220 p., 19,50 €.

Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas

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“En ces temps de remise en cause des droits des femmes au nom de « ?traditions ? » ou du fantasme de l’égalité déjà-là : Souvenez-vous-en, mes sœurs, durant les temps obscurs qui s’annoncent”.ces paroles d’Andrea Dworkin, sont bien toujours d’actualité et ses textes dont cette anthologie offre une palette, le demeurent de fait. À la première partie à caractère biographique, succèdent des textes sur le travail de l’écriture, le féminisme radical, Kate Millett, la pornographie, la misogynie, la critique du déterminisme biologique, le judaïsme, le pouvoir des hommes, le viol, la fétichisation des corps, les actes et la violence sexuelle. Les derniers écrits évoquent la “ ?fierté lesbienne”, la nuit et ses dangers, le racisme et le masculinisme, les assassinats de femmes comme politique sexuelle. Une écrivaine féministe assez peu traduite en français, qui bouleverse par son écriture très forte.

Souvenez-vous, résistez, ne cédez pas , Andrea Dworkin, préface de Christine Delphy, éditions Syllepse, novembre 2017,192 p., 15 €.