“Je suis là” Entretien avec João - 2nde partie

samedi 20 janvier 2018
par  Catherine

Nous poursuivons l’entretien avec João commencé dans le numéro précédent.

L’Émancipation : Dans la première partie de notre entretien, tu as raconté tes années de lycée, et tu nous disais que c’est là, juste avant de passer le Bac, que les difficultés administratives ont commencé. Cette année-la, tu as demandé officiellement la nationalité française, et qu’est-ce qui s’est passé ?

João : Je voulais devenir Français. Mon dossier avait été déposé au tribunal. Mais il fallait un acte de naissance et il n’arrivait pas. Jusque là on me disait “ne t’inquiète pas, cela va se faire, pas de souci”. Mais dans les mois qui ont précédé le passage aux 18 ans, on s’est rendu compte que cela allait être compliqué. Et ma réaction, quand les difficultés ont commencé, ça a été d’en faire encore plus, dans tout un tas d’activités. Je voulais montrer que j’avais vraiment envie de devenir Français. Tous mes engagements, je les faisais aussi avec cette idée. Enfin l’acte de naissance a fini par arriver... mais trop tard, quatre mois après mes 18 ans. C’était juste au moment du Bac, en fin d’année scolaire. C’est là que j’ai eu l’impression d’avoir échoué.

L’Émancipation : Un échec par rapport à quoi ?

João  : Par rapport à mon objectif. Tout ce que j’avais construit, tout ce travail, c’était pour commencer mes études de droit et surtout retourner voir ma mère. Là, d’un seul coup, ce n’était plus possible. Des moments très difficiles ont commencé. Ce que j’ai compris, c’est que pour les jeunes mineurs arrivés en France, dès qu’on arrive à la majorité, on n’existe plus. Plus rien ne nous concerne… Sauf pour nous faire savoir qu’on est hors la loi. Voilà : en sortant de mon adolescence, je venais de me rendre compte que j’étais un “sans papiers”…

L’Émancipation : Tu avais une image de ça, avant ? De ce qu’on appelle les “sans papiers” ?

João : Oui, mais j’en rigolais ! Je me disais que je n’allais jamais me retrouver dans cette situation-là. Dans cette galère-là…

L’Émancipation : Et les gens qui t’ont suivi pendant ton parcours de mineur, ils en ont dit quoi ?

João : Le pire c’est que eux aussi, ils ont un sentiment d’échec. Un de mes éducateurs disait : “c’est pas possible, vous avez vu son dossier ?” Moi, ma situation, ça me révolte, parce que j’ai tout fait pour être parmi les meilleurs, les premiers. Les compliments de mes profs, les retours de mes engagements associatifs, les lettres de recommandation, j’en ai de tous les côtés. Je n’ai jamais eu une amende dans les transports. Je n’ai jamais été mêlé à des problèmes de violence ou de délinquance. Je voulais être exemplaire. C’est aussi pour ça que je voulais être entraîneur : pour être un exemple pour un groupe de jeunes. Jusqu’à aujourd’hui ça a marché, au sens où j’ai pu grandir et acquérir de la maturité, mais cela ne m’a pas permis d’atteindre mon objectif, la raison pour laquelle je l’ai fait.

L’Émancipation : Comment expliques-tu cela ?

João : Cet échec ne vient pas de moi. Je ne pense pas avoir raté mon parcours. J’ai grandi, évolué. Mon bac, je l’ai eu. Tout ce que j’ai voulu avoir je l’ai eu, en ce qui concerne ma scolarité et sur ce que je j’appellerais mon intégration sociale. Cela arrive rarement que les gens me croient quand je dis que je ne suis pas Français ! Et c’est là le problème… La France c’était mon idéal, je voulais y vivre, je voulais faire mes études dans le pays de Robespierre et de Molière. Elle reste mon idéal. Je l’ai tellement aimée dès le départ que je n’ai pas eu de mal à m’adapter. Mais elle, j’ai l’impression qu’elle refuse de m’aimer, malgré tout ce que j’ai fait et tout ce que je fais encore… Aujourd’hui je ne travaille pour personne, à part pour la société : j’ai mis toutes mes capacités au service de la société. Les enfants que j’entraîne au club de foot, ils sont tous Français. Je m’occupe d’eux, je me mets à leur service. C’est un don que je fais… Je suis bénévole, je sens la nécessité de donner ce que j’ai en moi. Par ailleurs je travaille également avec une association qui vise à l’éducation populaire et à la réinsertion sociale par le sport. On accompagne des jeunes qui ont été déscolarisés, désocialisés. Dans ce cadre, je m’occupe actuellement de jeunes entre sept et treize ans. Tous ne viennent pas d’ailleurs : la majorité des enfants dont je m’occupe dans ce cadre sont nés en France.

L’Émancipation : Mais alors l’échec dont tu parles, il est où, en ce qui te concerne ?

João : Dans la société qui ne me reconnaît pas. Je ne parle pas de gens en particulier. Comme je le disais, les gens qui me connaissent ont du mal à me voir comme étranger… Mais en même temps on ne me donne pas de papiers. C’est au niveau administratif que la question se pose. Est-ce que le responsable du service “étrangers” à la préfecture a vraiment consulté mon dossier ? Le plus grand nombre de documents dans mon dossier, ce sont les lettres de recommandation : pourquoi ce n’est pas pris en compte ? Il y a aussi un paquet de notes éducatives, très positives, rédigées par les éducateurs, l’inspection, l’ASE.

L’Émancipation : Tu penses que quelqu’un l’a lu, ton dossier ?

João : J’en doute fort… On est très peu considérés comme des personnes qui ont des droits. D’ailleurs peu importe qui prend la décision, je ne sais pas ce qu’il y a dans sa tête et je ne veux pas le savoir. Chaque responsable semble renvoyer à un autre, c’est une chaîne de décisions sans fin. Par exemple dans le département dont je dépends, le conseil départemental propose désormais de choisir quels enfants aider, non pas en fonction du besoin de l’enfant, de ce que cela peut lui apporter, mais par rapport à notre origine. Je demande : qui prend cette décision ? Cela me fait penser à autre chose qui peut paraître un détail mais qui est très important, c’est une histoire de mot. Avant 2016, les jeunes mineurs arrivés en France sans être Français, comme moi, on était appelés par l’administration des “mineurs isolés étrangers”. En 2016, cette appellation a été remplacée par une nouvelle expression : désormais, l’administration parle de “mineurs non accompagnés”. Le mot “isolé”, cela ne voulait pas dire qu’on n’était pas pris en charge. Mais par contre quand on dit “non accompagné”…

L’Émancipation : Qu’est-ce que cela t’évoque ?

João : Moi cela m’évoque l’abandon, la fin de l’accompagnement. “Non accompagnés”, cela veut tout dire ! Quand cela a été changé, nous on s’est dit : “mais par qui on n’est pas accompagnés” ?... Aujourd’hui, on le voit !

L’Émancipation : C’est l’État ?

João : Oui, c’est l’État. C’est l’État qui abandonne, qui n’accompagne pas.

L’Émancipation : La fin de l’accompagnement, c’est ce qui attend les jeunes étrangers juste après leur majorité ?

João : Après la majorité, oui… mais maintenant c’est même avant. Par exemple, il y a des mineurs qui ne sont même pas reconnus comme mineurs. Cela permet d’éviter leur prise en charge. Et puis aujourd’hui, un mineur de 17 ans qui se présente à l’ASE et qu’on reconnaît comme mineur, l’administration a tout intérêt à éviter de le scolariser… parce qu’on sait que d’ici trois à quatre mois, il sera majeur : on le foutra dehors ! On le nourrit et on le loge pendant les quatre mois où il est mineur… Mais au lendemain de ses 18 ans, il dort sur un trottoir.

L’Émancipation : Ce que tu dis sur le mot “non accompagné”, cela me fait penser aux expressions “sans domicile fixe” ou “sans papiers”…

João : C’est pareil, c’est négatif : quand on emploie un adverbe de négation pour nous identifier, c’est un peu la société qui nous renie. Et ça fait mal… C’est comme de souligner une absence de qualité. Ce qui me choque, c’est que ce soit normal que des adultes décident d’enlever une qualité à quelqu’un pour des raisons de restrictions budgétaires ! C’est là que se vit l’échec. C’est dans tous ces détails…

L’Émancipation : Au-delà de ce changement dans les mots, est-ce que tu as constaté des changements dans les pratiques de l’administration ?

João : Oui ! Certains départements ont décidé de faire sortir du dispositif de l’aide sociale à l’enfance les jeunes majeurs non accompagnés. C’est la suite logique du changement de nom. On est passé aux actes… Et le département a aussi décidé d’anticiper la suspension des contrats jeunes majeurs pour les mineurs qui vont bientôt avoir 18 ans. T’es étranger ? À 18 ans, ce sera : dehors ! Il y a des départements comme ça qui vont actuellement très très loin dans le désengagement, non pas pour les majeurs seulement, mais aussi pour les mineurs. Du coup, il commence à y avoir deux types de foyers : des foyers pour les étrangers et des foyers pour les Français. Et ils ont aussi décidé de construire des ghettos.

L’Émancipation  : De quoi parles-tu, exactement ?

João : Ils commencent à ouvrir des places d’accueil spécifiquement pour des jeunes mineurs étrangers en “autonomie avancée”.

L’Émancipation : Donc, pas en foyer ?

João  : Oui. Mais j’insiste sur le mot “autonomie avancée”, il est très intéressant. Cela veut dire quoi, autonomie “avancée” ? Pour moi, soit on est autonome, soit on ne l’est pas…

L’Émancipation : C’est pour avoir à dépenser moins d’argent pour eux ?

João : C’est ça. Alors que normalement, un mineur a droit à l’école et à la prise en charge de ses besoins fondamentaux. Et vous savez où on les met, les mineurs en “autonomie avancée”, aujourd’hui ? On les met à l’hôtel. À quatre ou cinq par chambre…

L’Émancipation : C’est un peu comme si on prétendait les émanciper malgré eux ?

João  : Sauf que ce n’est pas une vraie émancipation : si je suis émancipé, c’est moi qui me considère prêt et qui demande l’émancipation. Eux, ils sont sur une demande de prise en charge. Comment pourrait-on parler d’un seul coup d’une émancipation d’un gamin de 12 ans qui vient d’arriver en France ? Où est l’émancipation ? Moi, je m’émancipe quand je me crois grand et assez prêt pour intégrer la vie en société comme un adulte. Quel est l’élément qui permet de les considérer déjà comme des adultes ? Aucun !

III - Mon combat

L’Émancipation
 : Dans la 2ème partie de cet entretien, tu expliquais que les jeunes mineurs étrangers sont triés de plus en plus tôt et qu’un filtrage s’opère de la part de l’État. D’après ce que tu sais, comment s’effectue concrètement ce “triage” des jeunes ?

João : Les évaluations de minorité et d’isolement sont faites par des associations agréées. Mais ces associations sont agréées et financées par le département… Du coup, le département peut par exemple limiter le nombre de jeunes qui sont évalués chaque jour par une association, ralentir le rythme. D’une manière générale, le département émet des directives, des notes de service, qui ont pour but de contrôler l’activité des associations agréées et de s’immiscer dans le triage des jeunes. Le voilà, l’échec… Je parle souvent d’échec, parce que je pense que l’intention de l’humanité c’est de faire un pas vers l’avant, de rendre les choses meilleures, plus intéressantes. Mais là, moi, je remarque un recul. Parce que l’intention de sortir le mineur isolé de son isolement, de mettre fin à la ségrégation, n’est plus possible. En disant “non accompagné”, on est encore plus clair sur la différence, sur les barrières entre ce mineur-là et l’autre. Il y a celui-ci qui est accompagné et celui-là qui ne l’est pas. Pourquoi ? Et cela se confirme dans les pratiques. On renomme, on trie, on élimine… Cela fait penser à d’autres périodes de l’histoire, non ? Moi, je ne comptais pas changer le monde, mais j’espérais que le monde me regarderait avec dignité. Au début de l’été dernier, j’ai écrit une lettre où j’ai essayé de dire cela.

L’Émancipation : Elle est adressée à qui ?

João : C’est une lettre ouverte. Je m’adresse aux professionnels de l’éducation. Aussi, aux gens qui disent lutter contre l’injustice. Je suis plus à l’aise à l’oral qu’à l’écrit, mais j’ai eu envie de me poser et de faire le point sur mes idées de cette façon-là aussi. Pour le style, c’est un peu “à la Victor Hugo”, je m’en suis inspiré. Il y a un paragraphe de ma lettre que je voudrais lire maintenant : “Combattant de mon parcours, j’ai usé de toutes mes forces pour mériter la considération, l’empathie, le respect de mes semblables, tout simplement en tant qu’être humain. J’ai pensé avoir un jour conquis votre humanité et sollicité ces qualités qui vous sont honorables mais aujourd’hui, une fois de plus, l’histoire nous rappelle que nos différences sont un obstacle dans notre quête humaniste”.

L’Émancipation : De quelles différences parles-tu ?

João : Des différences que nous ne choisissons pas. Le jeune qui profite de son statut de “Français” n’a pas choisi d’être différent de moi. Je suis étranger en France parce que les gens d’ici ont décidé que ceux qui ne sont pas nés ici font partie d’un autre groupe qu’eux. Je n’ai pas eu la volonté de me différencier.

L’Émancipation : On pourrait dire que c’est une différence construite ?

João : Oui, c’est une construction. Je n’ai pas eu la volonté de me différencier mais au contraire, je me suis identifié. Je pense que l’être humain s’adapte au milieu dans lequel il se trouve. J’en ai fait l’effort. D’abord en parlant la langue française, que je n’ai pas apprise à ma naissance. Aussi en m’appropriant des habitudes. J’en avais d’autres avant, quand j’étais enfant : l’enfant que ma mère a éduqué n’est pas mort, mais il a évolué, il a pris d’autres expériences, dans un autre milieu. Je sais toujours parler ma langue, je mange toujours ce que je mangeais chez moi quand j’étais enfant, mais cela ne m’a pas empêché de m’habituer à de nouvelles choses. La plus grande différence n’est pas seulement physique, il y a certes la couleur de peau… mais dans ma situation, la différence est surtout administrative. Je suis victime de ma différence administrative, du simple fait de ne pas porter ce titre de “Français”. Du coup je ne sais pas à qui m’identifier. Je suis là, mais j’ai l’impression d’être de nulle part. Si je retourne dans mon pays, je suis aussi un étranger, je ne peux pas revendiquer que je suis de là-bas. Et ici, où je pourrais peut-être dire que “je suis Français”, je n’en ai pas de preuve. Je n’ai rien qui appuie mon affirmation.

L’Émancipation : Inventer une catégorie, l’assigner à quelqu’un, et le traiter différemment parce qu’on le range dans cette catégorie… Comment tu qualifierais cela ?

João : C’est une différence, une différence imposée
.
L’Émancipation : J’ai l’impression que tu hésites un peu à parler de discrimination ?

João : J’hésite… Parce que quand on est discriminé soi-même, c’est un truc négatif. Ce n’est pas quelque chose que j’ai envie de mettre en avant. La discrimination, c’est quoi ? Les différences, elles existent, notamment la différence physique, ou encore les différences culturelles. Elles deviennent discriminatoires quand on les utilise pour justifier certaines situations. Mais dans ce cas, il faut savoir : qui discrimine ? C’est la loi ? C’est l’agent de la préfecture ? C’est le préfet qui a décidé de nous mettre en difficulté ? Je dis “nous” car je ne suis pas le seul dans cette situation. À ma connaissance, certains départements n’hésitent plus à bloquer toutes les demandes faites par les immigrés d’origine africaine, en commençant parfois par certaines nationalités et en élargissant ensuite aux autres. Aujourd’hui, dans certains endroits, c’est presque tous les immigrés d’origine africaine qui sont dans cette situation.

L’Émancipation : Est-ce que tu penses qu’il y a une possibilité pour les personnes qui sont dans ta situation, les jeunes majeurs sans papiers, de s’organiser collectivement ?

João : Entre gens qui se connaissent, c’est arrivé qu’il y ait des actions. J’ai déjà participé par exemple à des lettres ouvertes signées par plusieurs jeunes qui sont dans la même situation. Il y a aussi les manifestations, bien sûr. Maintenant, je trouve qu’il y a souvent peu de participants aux manifestations de sans-papiers par rapport au nombre qu’on est. Pourquoi ? D’abord on y va avec méfiance, on se demande si on ne va pas risquer d’être inculpé pour trouble, pour atteinte aux forces de l’ordre, et finir en centre de rétention… alors qu’on a simplement voulu défendre notre droit. Mais c’est aussi en partie parce que quand on est dans cette situation, on n’en est pas fier ! Actuellement, on a un besoin de sortir du statut de victimes. On est sur une situation de discrimination, mais on n’a pas envie de brandir cette pancarte-là. Les choses peuvent évoluer, bien sûr. Par exemple, parmi les femmes d’origine africaine, j’ai l’impression que celles qui sont aides-soignantes, infirmières, on les voit davantage dans les manifestations contre la loi travail que celles qui font le ménage… Parce que les aides-soignantes et les infirmières, elles accèdent à un contexte de travail et à un milieu où c’est plus commun de connaître ses droits et de se mettre en grève. D’une manière générale, les luttes des sans papiers, c’est un peu éparpillé, il y a des collectifs ici et là… Mais à ma connaissance, pour l’instant il n’y a jamais eu un jour où tous les sans papiers de France se seraient déjà rassemblés place de la République ! Il faut bien se dire qu’on ne veut pas rester sans papiers, on veut ne plus l’être.

L’Émancipation : C’est un collectif fragile ?

João : Oui. Même si moi personnellement mon combat n’est pas seulement lié à ce qui me concerne, à ma situation actuelle. Je vais citer Gandhi, j’ai noté une phrase de lui qui m’a marqué, dans un film que j’ai vu sur sa vie. Il disait : “Il existe des lois injustes comme des hommes injustes, et nul ne doit se soumettre à des lois injustes. Et même si nous sommes une minorité d’un seul homme, la vérité est la vérité”. Et il ajoute : “Partout où il y aura de l’injustice, j’y mènerai mon combat”. »

Entretien réalisé par Guillaume Dupont

L’Émancipation syndicale et pédagogique – 3/01/2018 - page 8 à 11


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