Un beau dimanche dans le bocage

samedi 17 mars 2018
par  Catherine

Notre-Dame-des-Landes,10 février 2018 : sous le ciel gris et froid, un triton crêté géant avance avec des milliers de personnes de tous les âges, venues de toute la France. Elles arpentent en bottes routes et champs de la ZAD de NDDL pour fêter la victoire, car c’est en une, arrachée par une lutte de plusieurs décennies

De la joie donc mais aussi de l’inquiétude : comment rester solidaires, uni-es contre l’aéroport – qui n’est plus – et son monde capitaliste tout puissant qui veut gouverner toujours davantage nos vies, bref comment continuer, autrement, à faire vivre cet espace naturel et politique unique ?

Les textes qui circulaient témoignent de cette inquiétude face à des puissances, privées et publiques, qui feront tout pour nous diviser. Comment y répondre ?

Extraits :

“[...] des rapports de domination se sont mis en place [...] les expulsions sont toujours prévues, des négociations rapides avec l’État sont à craindre et la volonté qu’ont certain-es de légaliser la ZAD risque de détruire son potentiel subversif” (texte non signé).

“Seul un territoire en lutte peut s’opposer à la normalisation industrielle agricole : c’est le rapport de forces qui a permis de créer ou recréer l’envie de la vie agricole hors des réglementations, normes, contrôles entrainant nos activités vers un rapport industriel, [...] ne laissons pas l’État détruire, contrôler ou agréer les cabanes, maisons, granges, étables, cuisines, enserrer dans un maillage réglementaire, sanctionner et ce dans le cadre d’une démarche « partenariale », il n’en a pas la légitimité, nous sommes la société, l’État en est le parasite, nous savons cela qui est marqué dans nos chairs [...]" (des agriculteurs et agricultrices contre les normes).

Le texte : “Zad will survive” signé par des habitant-es de la Hulotte, Moulin de Rohanne, Rolandière, 100 noms, Saint Jean (cabane et ferme), les Fosses noires, la Baraka et Nantes réunis dans le CMDO (Conseil pour le maintien des occupations) le dit aussi :
“Ne pas laisser la victoire au bord de la route [...] Si laisser la circulation sur la D281, route des chicanes, est un symbole pour énoncer (pour l’État) « un retour à l’ordre », c’est un symbole factice : la zone est occupée, leurre suffisant pour l’ouverture de négociations [...] Nous voulons arracher le texte des « six points » [cf L’Émancipation n°6, p. 9] - pensé collectivement dès 2015 : d’une lutte contre un projet, nous passions à une lutte pour pérenniser et amplifier ce que nous avons édifié sur ce territoire au travers du combat. [...]. La bataille pour les terres se place au coeur de la lutte pour les mois, voire les années à venir. Le défi tient donc à la possibilité d’une gestion collective sur la surface la plus importante possible et de prévenir un risque d’éclatement. [...]. Nous sommes conscients que toute légalisation comprend des risques de normalisation mais ce que l’on envisage prend plutôt le chemin inverse : créer des précédents qui continuent à repousser le seuil de ce que les institutions peuvent accepter en espérant que ces coins enfoncés [...] servent à bien d’autres [...] qui continueront à mener des actions nécessaires pour arracher ce que les négociations n’ assureraient pas. "

Ces textes donnent à comprendre les enjeux ; hélas, on y devine les fractures entre stratégies - absence de stratégie, postures qui divisent et épuisent, pendant que nos adversaires politiques se frottent les mains.

Pour ma part, je me retrouve dans ce texte sans doute parce que nous avons construit et tissé des liens de confiance et d’amitié avec le CMDO, car dans toutes les luttes, ils ont été là : égalité des droits, avec les MIE, contre les violences policières et répressions, mouvements pour les droits (retraite, travail...), présents avec des cantines, des idées, des propositions, une écoute, une manière de lutter et d’être au monde en fait... À suivre, car la lutte n’est pas finie.

Emmanuelle

Voir aussi la page de Nantes révoltée :
https://fr-fr.facebook.com/Nantes.Revoltee

L’Émancipation syndicale et pédagogique – 5/03/2018 - page 16


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