Notre librairie (mars 2018)

lundi 2 avril 2018

Quilombos

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C’est ainsi que se nomment au Brésil, dès le XVIe siècle, les communautés créées par des esclaves noirEs qui se libèrent. Repoussant les nombreuses attaques des colons, ces communautés deviennent le symbole de la résistance aux régimes esclavagistes. Ces quilombos, au-delà de leurs différences (taille, mode d’organisation, origine ethnique des individuEs qui les composent, pratiques culturelles qui en découlent et système économique qui s’y développe) constituent tous des territoires autonomes de vie communautaire. L’auteur décrit dans ce livre les conditions de leur naissance et de leur multiplication dans de nombreuses régions du Brésil, la vie de leurs habitantEs et leurs combats. De quoi comprendre la persistance de leurs descendantEs à lutter pour leurs droits, encore aujourd’hui.

Quilombos, Communautés d’esclaves insoumis au Brésil , Flávio dos Santos Gomes traduit du portugais par Georges Da Costa, éditions L’Échappée, février 2018, 128 p., 12 €.
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Le masculin ne l’emporte plus

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Au XVIIe et au XVIIIe siècle,“les autorités linguistiques” ont décrété le masculin générique comme dans l’expression “droits de l’homme”, caractéristique attribuée à la construction d’une langue, alors qu’en réalité l’usage en a été délibérément masculinisé. Effacer des mots comme autrice, professeuse, permettait de faire disparaître celles qui osaient les incarner. Depuis, on ne cesse d’inventer de nouveaux mots féminins, comme auteure et professeure, pour décrire la réalité telle qu’elle est. Mais des résistances à la féminisation demeurent. Comment écrire et parler de façon non sexiste ? Ce manuel propose différentes façons de le faire, évaluant les avantages et les inconvénients de chacune d’elles. Il n’impose pas de règles grammaticales. Il est une invitation à apprendre, à désapprendre, à critiquer, à discuter et à oser se lancer à la recherche de la langue où les femmes ont toute leur place.

Manuel de grammaire non sexiste et inclusive , Michaël Lessard, Suzanne Zaccour, coédition Syllepse et M Éditeur (Québec), collection Nouvelles Questions Féministes, février 2018, 192 p., 15 €.
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1968, De grands soirs en petits matins

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Les travaux de recherche de Ludivine Bantigny, historienne, maîtresse de conférences à l’université de Rouen Normandie, portent sur les engagements politiques et la conscience historique au XXe siècle. Dans ce tout dernier livre, s’appuyant sur un travail dans les archives de toute la France, elle restitue l’énergie des luttes, des débats, des émotions et des espoirs portés par les acteurs/actrices de 68, les femmes à parts égales avec les hommes. Elle s’intéresse à la diversité des protagonistes plus qu’aux seulEs porte-parole désignéEs, à leurs pratiques plus qu’à la rhétorique dont on les a ensuite enveloppés, à la grève qui met le temps en suspens. Pour ce qui est “des événements”, elle a le mérite de revenir précisément aux faits, aux projets, à l’inventivité, à tout ce qui a été imaginé, de grand et de petit, pour réellement “changer la vie”.

1968 De grands soirs en petits matins , Ludivine Bantigny, éditions du Seuil, janvier 2018, 464 p., 25 €.

Service civil et refus de servir, 1964-1969, etc…

Au moment où le gouvernement annonce l‘organisation prochaine d’un“service national universel” à caractère obligatoire, ce livre arrive à point nommé. Il rappelle la lutte des objecteurs de conscience principalement dans la période 1964-1969. Après un rapide historique de l’objection de conscience, l’ouvrage se compose de documents, principalement des courriers, qui témoignent d’une lutte qui se situe dans la continuation d’un autre refus : celui de participer à la guerre d’Algérie, marqué par une pratique de désobéissance civile et d’action directe non-violente. Volontaires pour un service civil dans un premier temps, l’action s’orienta pour certains vers un refus total de servir. Ce livre constitue une contribution utile à l’histoire plus générale de la désobéissance.

Civils, irréductiblement ! Jo Rutebesc, les Éditions libertaires et Libre Pensée autonome, janvier 2018, 396 p., 20 €.