Résorber la précarité pour s’opposer à la précarisation de la Fonction publique

mardi 17 avril 2018
par  Catherine

Macron a annoncé dans son programme la priorité donnée aux recrutements de personnels sous contrat dans la Fonction publique.

En clair, il annonce le recrutement de non titulaires qui vont venir grossir le volant de plus d’un million de précaires déjà exploitéEs dans les trois Fonctions publiques. Les conditions d’emploi, de travail et de salaires bien inférieures à celles des personnels sous statut, souvent pour exercer la même fonction que les titulaires, leur plus grand isolement, et la plus grande fragilité vis-à-vis des injonctions hiérarchiques, permettent à l’administration d’utiliser ce volant de précaires comme un levier contre les garanties professionnelles et les conditions de travail de touTEs.

Macron a également annoncé la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, il entend remplacer des postes de titulaires par des postes précaires. Et en plus, il attaque à la fois le statut de la Fonction publique et les personnels, en prétendant redéfinir les missions qui seront modifiées ou abandonnées.

Il ne va pas se priver d’utiliser cette déstructuration qu’il programme au niveau des services publics pour procéder à des licenciements de titulaires, rendus possible par la loi mobilité-déontologie pour procéder au licenciement de titulaires : “priorité” et non plus “obligation” de réemployer le personnel dont le poste est supprimé, et licenciement en cas d’impossibilité de trouver un poste ou de refus de trois propositions de postes avec mobilité géographique et fonctionnelles contraintes (cf. l’injonction du Conseil d’État de sortir un décret permettant ces licenciements dans la Fonction publique hospitalière).

Contre cette explosion de la précarité, et cette précarisation organisée des “titulaires”, il ne sert à rien de se borner à demander que soit mise à l’étude une suite au plan Sauvadet… qui génère des CDI publics n’offrant pas vraiment de garantie, et qui limite les ayants droit et titularise très peu d’entre eux/elles. Il faut résorber sans délai le fort volant de précaires (“le stock”), par la titularisation immédiate de touTEs les non titulaires, sans conditions de concours ni de nationalité, avec si nécessaire la création de nouveaux corps de titulaires (par exemple, animateurs scolaires pour les AED). Et ensuite il faut tarir le recrutement de précaires (“le flux”).

C’est la seule façon :

- de contrer la mise en extinction progressive de la Fonction publique grâce à la substitution des titulaires par des personnels hors statuts ;
- d’apporter une réponse syndicale aux conditions intolérables des non titulaires ;
- de stopper les attaques contre les garanties statutaires de ces dernierEs ;
- de renforcer les luttes unitaires de touTEs, précaires et titulaires ensemble, pour une défense plus efficace du service public et des conditions de travail et des statuts de ses personnels.
Il est donc de la responsabilité des organisations syndicales, et en premier lieu du très représentatif SNES, de contacter et organiser les précaires sur ces bases, pour mettre en place des collectifs de non titulaires les plus unitaires possibles.

Émancipation tendance intersyndicale
L’Émancipation syndicale et pédagogique – 3/04/2018 - page 5