Brèves féministes (mai 2018)

vendredi 1er juin 2018
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Au nom de la Torah

Il y a des gens qui s’évertuent à faire en sorte que la réalité dépasse la caricature. Ainsi Meyer Habib, député UDI de la 8e circonscription de l’étranger (regroupant plusieurs pays du pourtour méditerranéen). Il y a peu, il s’est fait remarquer par une diatribe particulièrement odieuse contre Salah Hamouri, provoquant le départ justifié de l’Assemblée des député-e-s des groupes de la France Insoumise et du PCF. Mais ce proche de la droite radicale israélienne s’est illustré aussi dans d’autres domaines. Lors du premier jour de reprise de l’Assemblée nationale en juin 2017, il indique dans un média public qu’il espère siéger “à côté d’une jolie fille”. C’est finalement somme toute assez bénin face à d’autres aspects du politicien. En difficulté lors des législatives, il doit une partie de sa ré-élection au soutien public de Netanyahou, mais aussi de personnages tels que Yitzhak Yosef, le Grand Rabbin séfarade d’Israël. Avant de comparer les Noir-e-s à des singes dans un sermon, ce dernier avait déjà défendu l’idée que les enfants de familles religieuses devaient être privé-e-s du contact impur de leurs parents restés non-religieux, ou que les femmes qui n’étaient pas habillées de façon religieuse pouvaient être comparées à des animaux. Après son élection et fort de tels alliés, le député a été clair : “Je ne peux pas m’empêcher […] de remercier aussi le Tout Puissant parce que c’est vrai que nous sommes dans une République laïque mais moi je suis croyant”. Comment ce genre de politiciens peut-il oser prétendre défendre la laïcité et les droits des femmes, quand ils foulent ces principes aussi ouvertement ?

Quentin

Harcèlement moral, propos sexistes au bloc opératoire

C’est à l’hôpital de la Rochelle que les faits se sont produits. Il y a six mois, un chirurgien (qui n’en était pas à son premier “dérapage”) a plaqué une infirmière au mur, lui criant dessus “qu’elle n’était bonne à rien”. Une enquête est lancée par le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des condition de travail) auprès du personnel, les résultats sont connus depuis février : au bloc opératoire, 51 ?% des sondéEs déclarent que la violence est “régulière”. 45 ?% parlent des violences verbales, des insultes (pour 28 ?%). Manque de respect, humiliations, propos sexistes, sont monnaie courante au bloc.

La direction de l’hôpital ne nie pas les faits, qui sont consignés dans le cadre d’une procédure appelée “évènements indésirables”. L’appellation dénote que tout est mis en œuvre pour minimiser les faits et banaliser les victimes. Et pourtant, quand un chirurgien déclarequ’il a pris du retard parce que l’anesthésiste était une femmeou bien “qu’il n’opérerait jamais une infirmière parce qu’elle mérite d’être prise en charge par une clinique vétérinaire”, c’est tout sauf banal, c’est gravissime. Pour le syndicat Sud, il ne suffit plus de dénoncer ces faits, de trouver des excuses comme le défaut d’encadrement, les conditions de travail dégradées générant le stress… ce management paternaliste est intolérable et doit cesser.

La direction vient de mettre en place un groupe de travail pour réorganiser le service et la rédaction d’une charte de bonne conduite valable pour touTEs les soignantEs est en cours. Espérons qu’on ne pourra plus entendre dire à une aide soignante “bouge ton cul” ou bien “ma petite chatte” à une “petite” collègue du bloc opératoire sous peine de sanctions.

Les citations et les pourcentages de l’enquête sont extrais de l’article de Sud Ouest du 14 avril 2018.

Joëlle

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