Une mobilisation en fin d’année ignorée par le Ministre, les personnels reprennent les actions à cette rentrée

Enseignement agricole
mardi 18 septembre 2018

Déjà confronté à la concurrence permanente du secteur privé, l’enseignement agricole public est aussi menacé par les réformes gouvernementales de l’apprentissage et de l’enseignement professionnel. Nous publions ici la contribution du SNETAP-FSU au dossier de presse de rentrée de la FSU.

Pour le Snetap-FSU, la fin d’année scolaire 2017/2018 était résolument placée sous le signe de la mobilisation et de l’action.

1 - Des actions intersyndicales (Snetap-FSU - CGT-Agri - Sud rural)

Sous forme, dans un premier temps, d’un appel au boycott des Conseils d’Administration des EPL. Une action très suivie et étendue dans certaines régions aux instances régionales.

Dans un deuxième temps un appel à la grève sur la période des examens. Un mouvement bien suivi lui aussi, au point de mettre en difficulté certains centres de corrections et leurs présidents de jury, faute de correcteurs et correctrices en nombre suffisant.

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Dans un troisième temps, nous appelions les personnels à bloquer les centres de corrections sous forme d’actions coup de poing. Plusieurs centres ont ainsi été investis par des militant·e·s du Snetap-FSU, de la CGT-Agri et de Sud rural et bloqués plusieurs heures· Ces actions ont permis d’entamer un dialogue avec les personnels au travers d’AG (Aix Valabre, Blois, Rennes, Saint-Pouange, Chateau-Gontier,…), mais ont parfois obligé l’administration à faire appel aux forces de l’ordre pour déloger les manifestant·e·s (Blanquefort, La Canourgue).

Dans un quatrième temps, les actions ont pris la forme de manifestations pour interpeller directement le Ministre lors de ses déplacements (Dax, Le Mans, Paris,...) ou de soutien aux personnels de Moissac (Montauban, Moissac).

Un ensemble d’actions donc qui aura mobilisé des centaines d’agents sur l’ensemble du territoire et qui se seront poursuivies jusqu’au dernier jour de l’année scolaire.

2 - Une mobilisation Intersyndicale (Snetap-FSU - CGT-Agri - Sud rural) contre les réformes éducatives du gouvernement :

* la réforme de l’apprentissage, qui en transférant aux branches professionnelles la gestion et la gouvernance de l’apprentissage livre le marché de la formation professionnelle aux appétits d’officines privées au détriment des CFA publics et de lycées agricoles. Elle menace la pérennité des formations dispensées dans l’enseignement agricole et met en danger l’existence même des centres publics de formation d’apprentis et les emplois associés.

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Nous exigions, dans le texte législatif, le maintien d’un financement de l’apprentissage public tenant compte de la spécificité de l’Enseignement agricole public. Mais les deux ministres Muriel Pénicaud et Stéphane Travert sont restés sourds à nos revendications, et ceux-ci malgré une ultime rencontre avec eux le 3 juillet 2018.

* la réforme la voie professionnelle initiale scolaire, menée en complément de la réforme de l’apprentissage qui porte également en elle les germes d’une perte d’attractivité de nos filières et est susceptible de condamner certaines structures de nos EPLEFPA (Établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricole). En l’état des éléments présentés, elle diminuera un peu plus la professionnalisation des jeunes déjà bien entamée avec la réforme du Bac Pro 3 ans et risque de faire de nos classes de lycée de simples “sas” pour des jeunes poussés vers l’apprentissage.

Nous exigions un positionnement clair et précis du ministre de l’Agriculture sur le “projet Blanquer” et le retour, pour les élèves et apprenti·e·s qui le souhaitent, un véritable cursus Bac Pro en quatre ans. Là encore le ministre, jusqu’à cette heure, est resté muet sur ce projet de réforme... Là encore Stéphane Travert est resté silencieux.

* la réforme du baccalauréat général et technologique qui porte en elle la transformation du bac en un diplôme complexe et maison et qui oppose les disciplines entre elles. Dans l’Enseignement agricole cette réforme va jusqu’à nier l’existence d’une de nos spécificités premières au travers de l’EAT (écologie, agronomie et territoires) qu’elle fait simplement disparaître, remettant en cause son identité et son existence dans l’Enseignement agricole.

Elle crée en plus une véritable inégalité de traitement entre les élèves de l’Éducation nationale et ceux qui feraient le choix de l’Enseignement agricole, car dans nos établissements les futurs bacheliers n’auront pas le choix de leur enseignement de spécialité. De la même façon la perte de l’agronomie, marqueur important de notre filière, aura des conséquences sur son attractivité.

Nous exigions que les élèves de l’Enseignement agricole bénéficient, comme ceux de l’Éducation nationale, d’un choix dans les enseignements de spécialité scientifique. Nous demandions également que l’agronomie retrouve sa place au sein de l’enseignement de spécialité, et enfin la respect de la promesse d’une réforme à moyens constants. Si sur le Bac STAV (sciences et technologies de l’agronomie et du vivant) nous avons obtenu quelques avancées, rien sur le Bac général.

Une mobilisation aussi contre la dégradation des conditions de rentrée 2018, la perspective de suppressions d’emplois pour le budget 2019 et la menace de fermeture de petits établissements à commencer par celui de Moissac en Occitanie.

Cette rentrée 2018 pose de réelles difficultés qui selon les régions prennent différentes formes (Occitanie : regroupements et fusions de sections ou classes – Pays de la Loire : une classe de seconde GT sur la sellette faute de liquidité interne – Grand Est : annualisation des EIE (Enseignement à l’Initiative de l’Établissement) et de la pluri – Centre Val de Loire : des options facultatives amputées de 1000 heures – etc.)

Le point commun de ces décisions, étant une DGH insuffisante, nous exigeons le redéploiement de moyens à l’enseignement agricole public et un collectif budgétaire.

Pour le projet de budget 2019, il serait demandé à l’Enseignement agricole, de supprimer 2 000 emplois au prétexte d’une baisse de 8 000 élèves de 2012 à 2017. Or, le service public d’Enseignement agricole a progressé de 1 000 élèves contre 9 000 élèves perdus par le privé et lui supprimer des emplois serait injuste et pour tout dire proprement inacceptable. Nous exigeons donc une nouvelle base de calcul dans l’élaboration du Projet de loi de finance 2019 prenant en compte la réalité de l’Enseignement agricole public.

Pour le Snetap-FSU cette rentrée doit poursuivre le travail engagé tout au long des mois de mai et juin.

Ne pouvant se satisfaire du mutisme d’un Ministère qui semble ignorer sa responsabilité sur l’avenir de près de 200 000 élèves, étudiant·e·s et apprenti·e·s qui font le choix de l’Enseignement agricole, mais aussi des plus de 200 établissements publics répartis sur l’ensemble du territoire et leurs personnels, le Snetap-FSU a décidé de poursuivre sa mobilisation dès cette rentrée 2018.

Pour cela un grand nombre de sections ont déposé des heures d’information syndicale dès le jour de la pré-rentrée pour reprendre le dialogue avec les personnels et envisager les formes de la mobilisation. Pour ne rien s’interdire, chaque région a d’ores et déjà déposé des préavis de grève dès le 3 septembre, jour de rentrée des élèves.

Le bureau national du SNETAP-FSU


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