Vie scolaire sous pression, améliorer les conditions de travail et offrir des perspectives

Dossier
mercredi 26 septembre 2018

La vie scolaire, secteur essentiel et central dans les établissements, subit de plein fouet la dégradation des conditions de vie des élèves et de leurs familles, l’impact des politiques gouvernementales (insuffisance des dotations en personnels, suppression des emplois aidés...) et les foucades de Blanquer (“devoirs faits”, interdiction des portables, “prérecrutements”...). Les personnels de vie scolaire sont de plus en plus au bord de la crise, que ce soit les CPE, pas assez nombreux·ses, non titulaires pour beaucoup et les AED, précaires parmi les précaires, et pourtant soumisES à une attente importante des autres catégories de personnels des établissements.

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Les AED, recrutéEs par les établissements, sur des contrats précaires, renouvelés, ou pas, chaque année, sont soumisES aux pressions, quand ce n’est à l’arbitraire des chefs d’établissement. Le plus souvent, pour faciliter la gestion des vies scolaires, on leur impose des temps partiels (le maximum horaire étant de plus de 41 heures, avec des nuits en internat ne comptant que pour trois heures).

PayéEs au SMIC, elles/ils ne perçoivent même pas, dans les établissements qui peuvent y prétendre, la prime d’éducation prioritaire ; c’est la seule catégorie dans ce cas. Le dispositf “Devoirs faits” leur est souvent proposé dans le cadre du temps de travail pour éviter de les rémunérer, ce qui aggrave la charge de travail de touTEs en vie scolaire.

Les 200 heures pour suivre une formation et les congés pour examens ne sont pas toujours accordés.

Le remplacement des congés n’est pas assuré même pour la maternité, ce qui vaut souvent de discriminer les femmes à l’embauche. Ce scandaleux non-remplacement des congés pousse les chefs d’établissement... ou les collègues à faire pression sur l‘exercice des droits à congés.

Cette situation très difficile est aggravée par le fait que les AED sont peu organiséEs, participent peu aux heures d’information syndicale, quand on pense à les y inviter... et qu’elles/ils sont extrêmement peu nombreux·ses à être syndiquéEs.

Pour une amélioration immédiate des conditions de travail et d’emploi

  • 1°) Ce qui est déjà améliorable au niveau de chaque établissement

Les contrats sont souvent d’un an avec l’incertitude du réemploi chaque fin d’année, qui autorise à se débarrasser des AED les plus revendicatifs·ves et à faire du chantage au réemploi. Il est possible de faire des contrats de trois ans, c’est le CA qui doit décider la longueur des contrats proposés. Il faut user de ce droit, même lorsque, comme sur Créteil, le Rectorat conseille de systématiser les contrats d’un an.

La prise en charge syndicale, par les sections des établissements, ou à défaut par unE ou plusieurs syndiquéEs, peuvent assurer un contact permanent avec les AED, les inviter aux réunions d’information syndicale (quitte à favoriser leur venue massive en organisant des rotations dans la cour des participantEs à la réunion), se préoccuper du renouvellement de leur contrat, qui devrait être automatique, sauf justifications à apporter par le chef d’établissement qui permettent de les défendre, y compris en insistant en CCP.

  • 2°) Ce qui nécessite une réelle mobilisation de cette catégorie importante (deuxième du secteur de syndicalisation du SNES)

Pour les étudiantEs, le retour au statut de MI-SE (maîtreSSE d’internat, surveillantE d’externat) permettrait un contrat d’au moins sept ans qui obligerait à accorder un CDI ensuite, contrairement aux six ans maximum des AED, un horaire plus tolérable (28 h pour les SE, 32 h pour les MI) pour un meilleur salaire, avec une réelle possibilité de concilier travail, études et examens. Un recrutement rectoral et effectué sur la base de critères sociaux.

Pour les non étudiantEs, la majorité des AED aujourd’hui, la création d’un corps de la Fonction publique d’AED, comme proposé par les AED du lycée de la Ferté-Sous-Jouarre, et la fin du recrutement des AED précaires.

Émancipation tendance intersyndicale