Pour la liberté pédagogique

dimanche 7 octobre 2018

En juin dernier, l’intersyndicale du SE-UNSA 59-62, du Sgen-CFDT 59-62 et de la FSU 59/62 avec le soutien de l’ICEM-Pédagogie Freinet dénonçaient la volonté du ministre de l’Éducation nationale d’imposer dans 102 classes de CP du département du Nord une expérimentation pilotée par l’association “Agir pour l’école”. Cette association proche de l’Institut Montaigne, qui a longtemps compté parmi ses dirigeants le ministre actuel, milite pour la méthode d’apprentissage syllabique de la lecture, et a mis au point un protocole pédagogique très précis qu’elle cherche à étendre. Ce protocole, qui existe depuis huit années, n’a nullement fait ses preuves, comme en attestent deux rapports de l’IGEN de 2010 et 2012. Il fait des enseignantEs de simples exécutantEs privéEs de liberté pédagogique. Imposée de l’extérieur, la pédagogie mise en œuvre serait dans certains cas aux antipodes du projet d’école et de la conception qu’ont les enseignantEs de la lecture – compréhension de l’écrit, notamment de l’écriture, de l’acculturation nécessaire à l’écrit.

À la suite de l’intervention de l’intersyndicale lors du CTA du Nord-Pas-de-Calais, le 20 juin 2018, pour dénoncer les pressions exercées sur les enseignantEs, deux réunions nationales se sont tenues à Paris pour produire ce texte unitaire.

La fin de l’année scolaire 2017-2018 a été marquée par une augmentation des contraintes exercées sur les équipes enseignantes d’écoles maternelles ou élémentaires pour qu’elles s’engagent dans des actions d’apprentissage de la lecture conduites par l’association Agir pour l’École. Tout en tenant un discours affirmant le respect de la liberté pédagogique, des autorités départementales ou académiques ont usé de moyens divers pour exercer des pressions qu’il s’agisse d’initier ces actions ou de contraindre à leur poursuite.

Nos associations et organisations syndicales protestent contre ces contraintes. Elles rappellent que les enseignants sont, dans le cadre des programmes nationaux, les professionnels concepteurs de leur enseignement et que les projets collectifs doivent s’inscrire dans le projet d’école proposé par l’équipe pédagogique et adopté par le conseil d’école. Nos associations et organisations syndicales apporteront leur soutien aux enseignants et aux équipes qui refusent de mettre en oeuvre ces actions ou veulent les interrompre. Elles demandent que cessent toutes les formes de pression exercées.

SE-Unsa, SNPI-FSU , ICEM-pédagogie Freinet, CEMEA, SUD Education, CNT Education, SNUIPP-FSU, CGT EducAction, GFEN, CRAP-Cahiers Pédagogiques, SIEN-Unsa, SGEN-CFDT, Ligue de l’enseignement