Qu’est-ce que le compteur Linky ?

samedi 17 novembre 2018

Face au déploiement imposé des compteurs Linky et aux méthodes d’ENEDIS, des collectifs anti-Linky se sont constitués dans toute la France, et de nombreuses actions en justice ont été tentées ou sont encore en cours. Nous publions ci-dessous l’argumentaire anti-Linky présenté lors du débat public du 10 juillet, dans le cadre de la Semaine de Saint-Beauzély.

Le compteur Linky est un système “communicant” utilisant la technologie du Courant Porteur Ligne (CPL) pour acquérir et envoyer de l’information.

Le compteur Linky est équipé, outre son système de comptage, d’un microprocesseur, d’un emplacement pour permettre l’installation d’un Émetteur Radio Linky (ERL, optionnel, mais installé d’office chez les abonnés précaires) qui peut communiquer en protocole Wifi avec les objets connectés de la maison. Il dispose aussi de la possibilité de différencier 10 signaux tarifaires, et, surtout, d’un Breaker. Il s’agit d’un interrupteur unipolaire (ne coupant que la phase et pas le neutre) permettant à Enedis de couper à distance.

L’usage du CPL permet la transmission instantanée, ou à périodicité fixée, de toutes les données de l’usager, d’abord vers un “concentrateur”, généralement situé dans le transformateur de quartier, ou un coffret sur poteau en zone rurale. Ce concentrateur est constitué d’un micro ordinateur, équipé d’une carte SIM et d’une antenne relais (20 cm environ) qui va réacheminer ces données en GPRS 900 MHz, via le réseau Orange, jusqu’au Centre de Traitement d’Enedis.

Les ultra hautes fréquences

Les conditions générales de vente de contrat de fourniture d’électricité indiquent la fourniture d’un courant électrique de fréquence 50 Hz ; or la technologie CPL du Linky consiste en la génération d’une onde porteuse pulsée, à fréquence élevée, afin qu’elle vienne se superposer à l’onde sinusoïdale du courant 50 Hz, ce qui revient à introduire une fréquence parasite au 50 Hz.

Cette onde CPL s’active en permanence sur le réseau électrique de l’habitation. Le CPL depuis le compteur est émis dans les deux sens : vers le réseau extérieur et vers les câbles électriques à l’intérieur des habitations (les compteurs analogiques ou communicants ne sont pas étanches).

Depuis début 2017, la nouvelle génération de compteurs Linky G3, émet en permanence sur 36 bandes de fréquence, depuis 30 KHz jusqu’à 490 KHz. La puissance d’émission de l’onde pulsée (par rapport au G1) a été nettement accrue, avec une distance de propagation le long des fils électriques jusqu’à deux kilomètres.

Effets sanitaires

D’après les études scientifiques, au delà d’une fréquence de 1 KHz (=1000 Hz) les parcourant, les câbles électriques de l’habitation (non blindés) se comportent comme des antennes amplificatrices du rayonnement, et ce d’autant plus que les fréquences sont élevées. Tous les appareils électriques ainsi que leurs fils électriques les reliant aux prises deviennent des antennes rayonnantes.

Les signaux tarifaires heures pleines/heures creuses sont transmises en CPL avec la fréquence porteuse de 175 Hz. Comparer les fréquences CPL heures pleines/heures creuses avec celles des compteurs Linky est très malhonnête de la part d’Enedis. Cette technologie induit un accroissement important du rayonnement électromagnétique, classé cancérogène possible par l’OMS, dans nos habitations, via l’ERL (Émetteur Radio Linky) en Wifi et le CPL sur fils électriques non blindés, et dans l’espace public (700 000 antennes prévues sur les concentrateurs, souvent à hauteur de tête).

Contrairement aux affirmations d’Enedis pendant des années, le rapport du CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) dans l’Avis révisé de l’ANSES du 7 juin 2017 montre que le CPL, associé au système Linky qui fonctionne en grappe, passe dans l’habitation de tous les particuliers, qu’ils aient ou non le compteur, à raison de quatre à six trames par minute : “En pratique, le compteur lui-même produit un rayonnement électromagnétique, mais la communication CPL, par le courant qui parcourt les câbles électriques, en amont du compteur vers le concentrateur, et en aval vers les appareils dans le réseau électrique domestique, produit également un champ électromagnétique, à proximité des câbles et des prises” (p.7, Avis révisé de l’ANSES 7 juin 2017).

L’État veut nous imposer des systèmes (tels que ce compteur Linky évolutif) qui ne cessent d’augmenter le brouillard électromagnétique, contrevenant ainsi au principe de sobriété énoncé dans la loi du 9 février 2015, dite loi Abeille. La protection des enfants de moins de trois ans, exigée par cette loi, est totalement sacrifiée à des raisons économiques fort éloignées de l’intérêt du plus grand nombre.

Ces champs électromagnétiques artificiels diminuent le nombre de globules rouges dans le sang qui transportent l’oxygène aux organes, ce qui provoque peu à peu un affaiblissement du système immunitaire engendrant céphalées, nausées, fatigues chroniques puis maladies…

Ces champs EOM ouvrent la BHE, la barrière hémato-encéphalique qui protège le cerveau des agents pathogènes, des toxines et des hormones circulant dans le sang. Via le sang, des substances toxiques pénètrent dans le cerveau, modifient les influx nerveux et engendrent des pathologies neurodégénératives. Pour les personnes âgées ou fragiles : insomnies, Parkinson, Alzheimer, baisse du Quotient intellectuel.. Chez l’enfant : autismes, leucémies…

Risques matériels

La circulation d’un CPL dans les câbles électriques de l’habitation n’est pas sans conséquence sur les appareils électriques anciens ou mal isolés. La norme française indique une valeur de Compatibilité Électromagnétique (CEM) de 3 V/m : cela veut dire qu’un appareil électrique ne doit pas être perturbé dans son fonctionnement par un champ EM de valeur inférieure ou égale à 3 V/m, mais a contrario, un dispositif tel qu’un compteur Linky ne doit pas générer un champ EM supérieur à 3 V/m. Dans la réalité, de nombreux appareils électriques sont perturbés bien avant cette valeur.

Des incendies spontanés de compteurs, des détériorations et des pannes d’appareils électroniques incompatibles avec ses fréquences CPL, des disjonctions plus fréquentes ont été constatées après la pose de compteurs communicants.

Vie privée

Les buts de cette installation, avoués par la direction d’Enedis, sont purement financiers : devenir un opérateur de Big Data. Le compteur Linky permet de collecter et analyser les données personnelles de 35 millions d’abonnés. “Nous sommes désormais un opérateur de BIG DATA qui va bientôt gérer 35 millions de capteurs connectés” (déclaration de Philippe Monloubou, directeur d’Enedis). Les données relatives aux consommations électriques représenteraient le plus grand marché européen. Sans ces données, le projet Linky “ne servira pas à grand chose” dit Fabien Choné, directeur de Direct Énergie.

Les linky génèrent de nouvelles données enregistrées par la Courbe de Charge (CdC) du compteur. L’analyse de cette Courbe de Charge peut permettre de reconnaître l’utilisation précise de chaque appareil électroménager : type de lampe, cafetière, etc... En effet, tout appareil branché sur le réseau a une signature électronique qu’enregistre cette courbe de charge.

Dans le livre Cyberfragiles , paru en avril 2015 aux éditions Tallandier, de Blaise Mao et Thomas Saintourens, p. 104, l’affirmation de Philippe Wolf, chef de projet à l’institut IRT/SystemX de Saclay permet de se faire une idée : “Le compteur Linky, on a réussi à en prendre le contrôle en seulement trois heures”. Autre article sur le piratage des Linky et ses fragilités : http://www.techniquesingenieur.fr/actualite/articles/les-compteurs-linky-a-la-merci-des-pirates-32574/#pub.

Gabegie financière

Le système Linky coûtera 5 à 8 milliards d’euros que paieront nécessairement les abonnés (au travers de la taxe d’acheminement TURPE qui est en forte augmentation).

Le Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Electricité représente environ 25 % de nos factures d’électricité et 90 % des recettes d’Enedis.

Le médiateur de l’Énergie reconnaît qu’une surfacturation aura lieu notamment du fait d’une moins grande tolérance de ces nouveaux compteurs qui disjonctent au moindre dépassement. Les tarifs variables amenés par le compteur Linky vont augmenter la confusion dans les prix horaires et la lisibilité des factures.

Les économies du Linky : coupures à distance de logements vides ou de foyers précaires, compression de personnel (moins de techniciens sur le terrain et plus aucun releveur) ne compenseront pas les dépenses : consommation électrique des compteurs (l’équivalent d’environ 500 000 foyers par an), ainsi que celles des concentrateurs et des serveurs stockant les données des usagers sans compter le renouvellement des compteurs tous les 15 ans et tous les 10 ans pour les concentrateurs.

Les économies d’énergies domestiques se font grâce aux “éco-gestes”, pas du tout grâce au compteur Linky.

En conclusion

Fort de son monopole pour l’acheminement de l’électricité dans les foyers (quel que soit le fournisseur choisi par l’usager) Enedis, filiale d’EDF, se lance dans une expérience commerciale sans précédent où l’usager devient cobaye. Le tout sans consultation ou débat public et au mépris de toute notion du service public attendu d’une entreprise publique qu’est EDF (le décret n°2004- 325 du 8 avril 2004 art1 stipule que l’électricité est un produit de première nécessité). Cela est révélateur d’une crise gravissime de notre démocratie ainsi que d’une légitimité de plus en plus contestable de la plupart de nos élus nationaux.

Il faut s’attendre à de graves perturbations sociétales encadrées, il faut le souhaiter, par des élus de terrain qui pourraient permettre le rétablissement de la souveraineté populaire dans ce pays.

Collectif Stop Linky de Millau


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