Brèves féministes (décembre 2018)

dimanche 6 janvier 2019
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Comment est-ce possible ?

Dans Le Monde du 24/10/18, rubrique justice, on peut lire que le parquet de Versailles demande l’abandon des poursuites pour viol sur mineure, visant deux pompiers, avec un renvoi pour simple “atteinte sexuelle” et ce sur une adolescente de 14 ans.

Et ce au motif que le “défaut de consentement de l’adolescente parait insuffisamment caractérisé”.La mineure, “dont la fragilité psychologique est attestée”a eu entre 2008 et 2010 des rapports sexuels avec environ vingt pompiers, sept sont poursuivis.

14 ans, 20 pompiers... “une fragilité psychologique”, et pour cause... mais, l’impunité est prescrite par la “Justice” : elle a “consenti”. Il faudra être attentif à la décision du juge.

On est en 2018, en France. Que dire, que faire ? Comment être solidaire de cette adolescente ? Elle est notre fille, elle est notre petite sœur.

Emmanuelle

Le sexisme s’arrêterait-il à la porte des entreprises ?

Pour Macron, la lutte contre le sexisme s’arrête quand le profit capitaliste est en cause : il s’agit bien d’un gouvernement bourgeois et réactionnaire. Prenons un cas concret : en juin s’est tenue la conférence internationale de l’OIT (Organisation Internationale du Travail). Cet organisme a produit dans le passé des conventions normatives (comprendre contraignantes) qui ont pu constituer des points d’appui pour les syndicats dans de nombreux États. Après d’âpres négociations, la conférence a adopté le principe d’une convention normative, avec un compromis : au lieu d’une convention spécifique sur les violences sexistes et sexuelles, on aura une convention sur “violence et harcèlement au travail”, avec un volet spécifique sur les violences fondées sur le genre (le patronat déplorant que les “violences contre les employeur·e·s”, autrement dit la grève, ne soient pas abordées…). Le patronat et certains gouvernements ont constamment agi pour éviter toute référence aux harcèlements et violences fondées sur le genre… et au début le gouvernement français. Les confédérations syndicales ont dû envoyer un courrier unitaire au premier ministre expliquant : “Le Compromis à l’OIT a conduit à ce que soit mise à l’ordre du jour une norme contre les violences et le harcèlement, avec un volet spécifique sur les Violences fondées sur le genre. Dans le projet de réponse, vos services refusent systématiquement toute approche spécifique des violences fondées sur le genre […] Refuser de traiter la question des violences fondées sur le genre dans la norme OIT conduirait à empêcher que des politiques de prévention et de sanction appropriées soient mises en place”. Finalement, le texte sera proposé à l’adoption à la prochaine conférence de l’OIT en juin 2019 : il doit recueillir 66 ?% des voix, chaque pays disposant de quatre voix (patronat 1, syndicats 1, gouvernement 2). Le gouvernement français a dû finalement s’y rallier, mais personne ne s’y trompe : dans le monde comme en Europe, le “féminisme” ne doit pas gêner la domination de classe.

Quentin


Brèves

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