Un mois dans le monde

mardi 29 janvier 2019

Espagne

L’avenir politique de la social-démocratie dans ce pays est en suspens.

D’un côté l’Andalousie où le PSOE a presque toujours gouverné la province depuis la fin du franquisme. Un PSOE affairiste et clientéliste qui a été sévèrement sanctionné en passant en trois ans de 35 % à moins de 28 % des voix. Ce qui est gravissime, c’est l’apparition pour la première fois d’un parti ouvertement raciste et xénophobe, le parti “Vox” qui arrive à 11 % des voix.

Au niveau du pays, le PSOE qui gouverne alors qu’il est clairement minoritaire aux Cortes (le Parlement), tente la “solution portugaise” pour survivre avec un coup de barre à gauche ostensible : il propose une augmentation du salaire minimum de 23 ?%. Pour faire voter son budget, il a déjà le soutien de Podemos. Il lui faut aussi celui des indépendantistes basques et catalans. Ces derniers exigent la libération de leurs dirigeants. Pour l’instant le Premier ministre Sanchez n’a fait qu’un geste symbolique en “rendant nul” le procès de Lluis Companys. Ce premier dirigeant de la Généralité de Catalogne avait été livré par Pétain à Franco et fusillé en 1940.

Grande-Bretagne

Le référendum sur le Brexit a rendu la situation politique inextricable. Theresa May n’a pas de majorité parlementaire pour faire entériner le compromis qu’elle a négocié avec les dirigeant·e·s de l’Union Européenne. Ceux-ci veulent éviter toute nouvelle sortie de l’Union et n’entendent pas lui faciliter la tâche. La crise politique peut déboucher sur de nouvelles élections générales où le parti travailliste serait favori… sauf si l’appareil de ce parti met toute son énergie pour barrer la route à Jeremy Corbyn jugé “trop à gauche”.

Cet appareil est à la manœuvre pour réclamer un nouveau référendum sur le Brexit. On retrouve comme porte-parole d’une telle issue l’ineffable Tony Blair qui espère ainsi faire son retour et surtout débarrasser le parti travailliste de Corbyn.

Europe de l’Est

L’arrivée au pouvoir des populistes xénophobes dans la plupart des anciens “pays de l’Est” ne signifie pas la fin de l’histoire.

En Hongrie, les manifestations se succèdent, toutes tendances confondues, contre la dernière loi votée au Parlement, qui autorise les patrons à pouvoir exiger de leurs salarié·e·s jusqu’à 400 heures supplémentaires par an.

En Tchéquie, en Slovaquie et en Pologne, les partis populistes au pouvoir ont subi un net échec aux élections municipales dans les grandes villes. Les élus appartiennent au “parti pirate”, sont écologistes ou plus généralement “indépendants”. La “gauche” social-démocrate ne profite pas de cette désaffection.

Russie-Ukraine

En bon soudard, Poutine a fait savoir qu’il était maître du jeu à l’Est. Après l’annexion de la Crimée, la Mer d’Azov est devenu un lac russe. La marine russe a capturé le 27 novembre deux vedettes et un remorqueur ukrainiens. La “justice” de Poutine va juger les marins ukrainiens emprisonnés. En établissant des liens, y compris militaires, de plus en plus en plus étroits avec l’OTAN, le gouvernement ukrainien a donné le prétexte à ce nouvel acte annexionniste.

34361

Le journal britannique Le Guardian a publié la liste des 34 361 hommes, femmes et enfants identifié·e·s qui sont mort·e·s en ayant essayé d’atteindre les côtes de l’Europe. Le maire de Palerme, Leoluca Orlando parle d’un nouveau génocide à l’image de celui que les Nazis ont perpétré. Il est bien un des rares à penser cela parmi les politicien·nes européen·ne·s. La peur “du grand remplacement” est devenu le thème privilégié pour gagner des voix aux élections.

Rojava

On devrait être super content à l’annonce que Trump va retirer ses troupes de Syrie. Seulement, il y a forcément une magouille derrière cette annonce et elle est vite apparue : ce retrait est un feu vert à Erdogan pour que son armée occupe le Rojava et y liquide tout le pouvoir autonome qui s’y est installé. Poutine qui a sauvé le régime d’Assad est prêt à concéder à Erdogan le droit d’intervenir.Si la situation n’était pas si tragique, on pourrait croire à un gag : Assad dit qu’il va secourir les Kurdes menacé·e·s. Comme si son armée d’assassins existait indépendamment de ses protecteurs russes et iraniens.

Georges Ibrahim Abdallah

La perpétuité incompressible n’existe théoriquement pas en France. Pourtant Georges Ibrahim Abdallah est en prison depuis 34 ans. Marxiste libanais membre des FARL (Forces Armées Libanaises), il a été condamné pour une action de son groupe, l’exécution d’un attaché militaire américain et d’un agent du Mossad en 1982, en pleine attaque israélienne contre son pays, attaque qui a fait des dizaines de milliers de mort·e·s. Georges Ibrahim Abdallah est libérable depuis plus de 15 ans. Même l’ancien patron de la DST, Yves Bonnet, parle d’une vengeance d’État à son égard et reconnaît le fait d’avoir fabriqué les preuves pour le faire condamner. En fait Georges Ibrahim Abdallah est maintenu en prison parce que les gouvernements israélien et états-unien l’exigent et que les différents gouvernements français obéissent.

Un fait nouveau est intervenu : le président du Liban, Michel Aoun, demande officiellement la libération de Georges Ibrahim Abdallah et son expulsion vers son pays. L’ambassadeur libanais a longuement visité Georges dans la prison de Lannemezan. Georges Ibrahim Abdallah nous dit : “ne quémandez pas ma liberté”. On ne quémandera pas, Georges, mais on fera campagne pour que tu sortes avec plus d’espoir. L’injustice n’a que trop duré.

Israël

Qui a dit “je suis contente d’être fasciste” ? Oui, je sais, mes quizz sont trop prévisibles : c’est Miri Regev, ministre israélienne de la Culture, autrefois porte-parole de l’armée. Elle s’était déjà distinguée en venant au festival de Cannes avec une robe représentant la vieille ville de Jérusalem (annexée). Récemment, elle a inauguré une colonie dite “sauvage” à Havat Amona. Elle a quitté une réception parce que le nom de Mahmoud Darwish avait été cité. Elle exige de tous et toutes les artistes israélien·ne·s l’allégeance sous peine d’être exclu·e·s de tout financement. Ses extravagances ne dérangent pas les nouveaux alliés d’Israël : elle est allée dans les Émirats Arabes Unis remettre une médaille à un judoka israélien.

Un autre allié d’Israël continue d’avoir un comportement honteux : c’est la France. La CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme) est un organisme indépendant. Cette année, les deux associations primées par la CNCDH sont Al-Haq et B’Tselem, associations respectivement palestinienne et israélienne qui combattent l’occupation et la colonisation. D’habitude, les prix sont remis par le gouvernement français. Cette année la ministre Belloubet a eu un (malencontreux ?) empêchement.

Dans le nord du désert du Néguev, le nettoyage ethnique contre les Bédouin·e·s (qui ont pourtant la nationalité israélienne) a pris un tour nouveau. Le cheikh al-Turi qui anime la résistance des villageois·e·s expulsé·e·s de leurs terres ancestrales a été condamné à dix mois de prison.

Pierre Stambul


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