Notre librairie (mars 2019)

samedi 30 mars 2019

Autobiographie d’une révolutionnaire brésilienne

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Patricia Galvao (1910-1962), plus connue sous le pseudonyme de Pagu, fut la première femme incarcérée pour motifs politiques dans l’histoire du Brésil. Jeune fille fondamentalement insatisfaite issue de la petite bourgeoisie, tôt habitée par des velléités d’émancipation à l’égard des carcans sociaux, dessinatrice et poétesse, elle s’engage dès 1930, en toute illégalité, dans le combat communiste. Elle milite comme elle peut, en intellectuelle tenue pour suspecte par les cadres du Parti communiste, lance avec Oswald de Andrade un éphémère journal d’extrême-gauche, prend la tête d’un rassemblement du Secours Rouge. À l’issue de quatre années passées en prison, elle rédige ce texte où elle fait le bilan, critique et sans concession, de ses trente années d’existence. Au-delà du contexte brésilien, ces mémoires d’une révolutionnaire conjuguent, dans une écriture intime et poignante, sans tabou ni pudeur, une réflexion sur les possibilités de transformation sociale et un autoportrait viscéralement féministe.

Matérialisme zones érogènes – Autobiographie précoce , Patricia Galvao, traduction Antoine Chareyre, éditions Le Temps des Cerises, février 2019, 208 p. 13 €.


Du “troussage de domestique” à la “liberté d’importuner”

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Dans cet essai documenté et novateur, Valérie Rey-Robert analyse et définit les violences sexuelles, s’attaque à toutes nos idées reçues et bat en brèche l’argumentaire déresponsabilisant les violeurs. Elle insiste sur les particularités spécifiques du concept de “culture du viol” en France où chaque fois que la question des violences sexuelles est posée dans le débat public, les mêmes réticences s’expriment. CertainEs s’élèvent pour dénoncer l’horrible moralisme réactionnaire qui voudrait condamner la liberté sexuelle si chèrement acquise, nuire à l’identité amoureuse nationale en important le puritanisme au pays des libertés. L’auteure démythifie le patrimoine littéraire et artistique. Elle montre qu’il est possible de déconstruire les stéréotypes de genres et la domination masculine pour éduquer les hommes à ne pas violer.

Une culture du viol à la française , Valérie Rey-Robert, éditions Libertalia, février 2019, 300 p., 18 €.



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À bord de l’Aquarius

Le 6 décembre dernier, l’Aquarius annonçait mettre fin à ses activités, faute de trouver un pays qui lui accorderait un nouveau pavillon, indispensable pour naviguer et effectuer les sauvetages en mer. L’album de Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso est d’autant plus précieux. Pour le réaliser, ils ont tous les deux, embarqué à son bord pour une mission fin 2017. Cette BD documentaire très didactique raconte la vie sur le bateau, l’organisation des sauvetages et la coordination entre les différentes structures qui interviennent. Une grande place est faite aux témoignages des migrantEs, en particuliers leur parcours en Libye et les atrocités qu’ils/elles y ont vécues.

À bord de l’Aquarius , Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso, éditions Futuropolis, janvier 2019, 128 p., 19 €.



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Extractivisme

De quoi s’agit-il exactement ? Le terme désigne l’exploitation industrielle de la nature. Mais l’extractivisme ne renvoie pas qu’à l’extraction à outrance des ressources naturelles non renouvelables – minerais et hydrocarbures –, il concerne aussi les grands projets hydroélectriques, l’agriculture industrielle, les monocultures forestières, la pêche intensive... Il s’intensifie partout et a des effets destructeurs pour les peuples et la biodiversité. Anna Bednik s’attaque ici aux logiques, aux légitimations, et aux conséquences de l’extractivisme qui transforme de vastes territoires en “zones de sacrifices”. Son livre parle également de toutes les résistances collectives et locales générées pour s’y opposer.

Extractivisme , Anna Bednik, éditions Le passager clandestin, février 2019, 496 p. 10 €.