Appel pour une école émancipatrice

samedi 13 avril 2019

Nous publions ci-dessous l’appel issu de la coordination nationale des établissements en lutte contre les réformes Blanquer et Parcoursup qui s’est réunie le dimanche 17 mars à Saint-Denis.

La coordination nationale des établissements en lutte contre les réformes Blanquer et Parcoursup s’est tenue à la Bourse du Travail de Saint-Denis en présence de 70 enseignant·e·s venant de 19 départements et 40 établissements ou collectifs nationaux, ainsi que de membres de “Touche pas à ma ZEP”, de “Touche pas à mon lycée pro” et des “Stylos rouges” de l’académie de Créteil. Elle avait pour fonction de coordonner les initiatives prises par les établissements fédérés dans l’inter-collectif “La chaîne des bahuts” et de les articuler aux luttes qui se construisent dans les autres secteurs de l’Éducation (premier degré, collèges, précaires…) pour amplifier et renforcer la riposte contre les attaques du Ministère. Elle s’est inscrite dans la perspective de la journée de grève interprofessionnelle du mardi 19 mars, alors que des actions complémentaires (20/20, démissions de profs principaux, boycott des bacs blancs, etc.) se multiplient depuis des semaines et que la jonction avec le 1er degré et/ou les collèges est déjà réalisée en Loire-Atlantique, en Ille-et-Vilaine ou en Ile-de-France là où se sont tenues des AG de ville (Chelles, Colombes, Montreuil-Bagnolet…).

La coordination nationale des établissements en lutte contre les réformes Blanquer et Parcoursup

  • apporte un soutien inconditionnel aux collègues qui ont mis 20 sur 20 à leurs élèves (ou entrepris des actions similaires concernant la notation), appellent à les défendre contre les pressions qu’ils subissent et à les rejoindre massivement le plus tôt possible dans ces actions.
  • soutient les collègues qui décident de faire grève à l’occasion de l’oral du brevet, des TPE et des évaluations en cours d’année, montrant notre détermination à poursuivre la mobilisation par la grève et sa reconduction, jusqu’à satisfaction de nos revendications, y compris pendant les examens du baccalauréat et du brevet.
  • appelle à organiser des rencontres régulières entre les parents d’élèves et les collègues, si possible sur un rythme national (tous les jeudis soir), notamment à travers par exemple des Nuits des établissements et écoles, des occupations, des réunions d’information, des “apéros” tous les jeudis soir dans les établissements, afin de les informer, les impliquer et les mobiliser.
  • invite les acteurs de l’Éducation nationale, personnels, parents, élèves, étudiants, à se réunir en “assemblées pour une école de l’émancipation” dans les écoles, les collèges, les lycées et les établissements d’enseignement supérieur, pour formuler nos exigences en faveur d’une école émancipatrice face à l’école de Blanquer. Ils appellent à mettre en œuvre ce processus dès le lundi 18 mars afin de porter les premières exigences au niveau national le mardi 2 avril devant le ministère de l’Éducation nationale.

La coordination nationale élargit ses revendications et appelle à s’en emparer, à en débattre, à les amender et à les compléter dans le cadre des assemblées pour une école de l’émancipation :

1. abrogation des réformes Blanquer : Lycée général et technologique, Lycée professionnel, Bac 2021, orientation post-Bac (loi ORE et Parcoursup) ;

2. retrait du projet de loi dit “pour une École de la confiance” ;

3. défense du caractère national du service public d’éducation, régi par des règles appliquées identiquement sur tout le territoire, en opposition à l’autonomie des établissements (par exemple concernant les horaires et les dédoublements alloués dans le secondaire à chaque discipline) ;

4. arrêt immédiat de toutes les formes de répression, sanction et intimidation visant les personnels du premier et du second degré et les élèves mobilisé·e·s ;

5. une augmentation immédiate des rémunérations afin notamment de rattraper toutes les pertes de salaire ; l’indexation des salaires au minimum sur l’inflation et la suppression du jour de carence ;

6. titularisation de tou.te.s les non-titulaires et précaires (enseignant·e·s, AED, AESH, etc.) ;

7. retrait des projets de casse de la Fonction publique, à brève échéance, et des retraites ;

8. annulation de toutes les suppressions de postes et de classes, et la baisse des effectifs par classe ;

9. retrait du projet de décret imposant une deuxième heure supplémentaire dans le second degré ;

10. développement du service public de l’orientation, à l’opposé de la politique gouvernementale qui organise la liquidation des CIO et de l’ONISEP et renforce le tri social à tous les niveaux ;

11. défense d’une éducation publique et réellement gratuite, à l’opposé des orientations du gouvernement qui visent à développer le marché privé de l’éducation et son financement sur fonds publics ;

12. une carte élargie de l’Éducation Prioritaire allant de la maternelle au Bac ;

13. retrait de tous les dispositifs d’évaluation organisant la concurrence, la hiérarchisation ou la sélection, que ce soit celle des élèves, des enseignant·e·s ou des établissements ;

14. abandon des programmes rejetés par le CSE et le refus de la mise au pas pédagogique des enseignant·e·s, de la maternelle à l’université ;

15. abandon du SNU, fantasme militariste financé sur le budget de l’Éducation, qui va priver les lycéen·ne·s de plusieurs semaines de cours.


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