Brèves féministes (avril 2019)

lundi 29 avril 2019
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Hôpital public et droit à l’avortement

Bailleul (Sarthe) : un hôpital y existe encore, lui-même résultant de la fusion de deux hôpitaux, austérité oblige. Mais si on peut s’y faire soigner, il est devenu impossible pour les femmes d’avoir accès à l’IVG : elles sont priées d’aller le faire au Mans ou à Angers, éloignés de plus de 50 km de l’hôpital en question. Pourquoi cette situation ? Un communiqué du 14 août de la Libre Pensée de la Sarthe précise : “Sur cinq gynécologues-obstétriciens exerçant au sein de cet hôpital public, trois font valoir leur clause de conscience et refusent de pratiquer des IVG. Parmi les deux autres, l’un est parti à la retraite sans être remplacé pour le moment”. Et précise logiquement : “Derrière ces agissements se cachent bien souvent des militants anti-avortement appuyés par des institutions religieuses, plus particulièrement l’Église catholique”. Il faut remarquer que normalement un hôpital public disposant d’un service d’obstétrique ne peut refuser de pratiquer l’IVG. Interpellée, la ministre de la Santé a jusqu’à maintenant refusé de fournir le personnel nécessaire pour permettre la pratique d’IVG dans l’hôpital de Bailleul. Comme quoi un gouvernement peut toujours se prétendre féministe et organiser une “université du féminisme”… mais au final ne pas oublier les fondamentaux réactionnaires : l’alliance entre l’austérité et le cléricalisme !

Quentin

Menace de “faire la grève des IVG” de la part du Syngof

Le 13 mars dernier, Jean Marty, actuellement membre du conseil d’administration, ancien président du Syngof (Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France), faisait parvenir à ses 1600 adhérent·e·s un mail qui les enjoignait à se tenir prêt·e·s à arrêter la pratique des IVG.

Le but de cette menace était de se faire entendre : le Syngof a en effet proposé un amendement auprojet de loi Santéactuellement en discussion à l’Assemblée nationale au sujet de la couverture assurantielle des gynécologues qu’il juge trop faible, arguant du fait qu’il s’agit d’une profession “à risque”.

Dans les 24 heures qui ont suivi cette annonce de prise en otage du corps des femmes, plus de 1700 courriers ont été envoyés au président du conseil de l’Ordre des médecins qui s’est exprimé ainsi que la Ministre de la santé en dénonçant ce procédé. Conséquence immédiate, “rétropédalage” de la part du Syngof qui communique et parle alors de “fausse polémique”. Il a le toupet d’ajouter que “les gynécologues du Syngof soutiennent sans réserve le droit à l’IVG” comme si on n’avait pas encore toutes et tous en mémoire les propos ignobles de Bertrand de Rochambeau actuel président de ce syndicat en septembre dernier quand il osait qualifier l’IVG d’homicide.

Cette nouvelle affaire du Syngof nous montre combien, même en France, les droits des femmes pèsent peu au regard des préoccupations corporatives de “ces messieurs”. Partout dans le monde, nous devons continuer à nous battre pour que chacune puisse disposer librement de son corps.

Joëlle


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