Je ne veux voir qu’une seule tête...

mardi 21 mai 2019

Après les rappels àl’ordre comme pour Sophie Carrouge àDijon(1), après les tentatives de mettre àla retraite d’office Pascal Verrier (2) les sanctions tombent contre les syndicalistes s’opposant un peu trop àleur hiérarchie. Dans la droite ligne du projet d’article 1 de la loi “Pour une école de la confiance†pourtant censuré par le Conseil d’État, des militant·e·s syndicalistes sont sanctionné·e·s entre autres àBobigny (93) et Sombernon (21).

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Rappel : “l’étude d’impact†du projet de loi établit que la loi pourra être invoquée “dans le cadre d’affaires disciplinaires concernant des personnels de l’Éducation nationale s’étant rendus coupables de faits portant atteinte àla réputation du service public. Il en ira par exemple ainsi lorsque des personnels de la communauté éducative chercheront àdénigrer auprès du public [...] l’institution scolaire†.

Pour les rectorats de Créteil et de Dijon c’est sans doute dénigrer l’institution que de s’opposer avec véhémence aux projets gouvernementaux de démolition de l’école ainsi que de remettre en cause les décisions et les modes de gestion managériale pratiqués par les chef.fe.s d’établissement. Aussi ont-ils décidé de sanctionner les activités syndicales d’enseigant·e·s des collèges République de Bobigny et de Somberon en leur imposant pour les uns et les unes des “déplacements dans l’intérêt du service†(sic) et même pour deux d’entre eux un conseil de discipline.

Ils et elles ne sont sans doute pas les seul·e·s. Faisons circuler les informations pour recenser tous les actes de répression syndicale ou pour délit d’opinion.

Il n’y a pas, dans la loi, d’obligation de réserve pour les enseignant·e·s. Un·e enseignant·e a toujours le droit de dire ce qu’il/elle pense et de s’opposer aux projets gouvernementaux et aux décisions de la hiérarchie nuisant aux conditions de travail des personnels et des élèves. Ne nous laissons pas intimider !

Vous trouverez ci-dessous les communiqués résumant ces affaires gravissimes. Ne les laissons pas faire !

Annick Champeau

Non àla répression àl’égard de militant·e·s syndicaux·ales au collège République (Bobigny)

Le rectorat de Créteil a lancé des procédures de mutation forcée et de sanctions disciplinaires àl’égard d’enseignant·e·s syndiqué·e·s au collège République àBobigny.

Le collège République de Bobigny est un collège d’éducation prioritaire, comprenant une section d’enseignement général et professionnel adaptée (SEGPA), un dispositif ULIS (unité localisée pour l’inclusion scolaire) dont les élèves appartiennent àplus de 76 ?% àdes catégories socio-professionnelles défavorisées. Le collège a vu son nombre d’élèves augmenter de 12 ?% depuis 2012 sans que cette hausse du nombre d’élèves n’engage une augmentation du nombre d’heures allouées au collège. Face àcette situation inique, les personnels ont choisi, comme dans beaucoup d’autres établissements, de se mobiliser, àde nombreuses reprises ces dernières années, pour exiger la création des moyens nécessaires pour un service public d’éducation plus égalitaire.

Jeudi 29 mars, l’annonce de sanctions est tombée comme un couperet. Sur quatre enseignant·e·s du collège, deux sont menacé·e·s d’une mutation dans l’intérêt du service, une décision arbitraire de la hiérarchie, et deux sont informé·e·s de l’ouverture d’une procédure disciplinaire. Les quatre personnels sont des représentant·e·s de deux organisations de défense des personnels. Ils et elles sont connu·e·s de l’administration comme des représentant·e·s syndicaux·ales régulièrement élu·e·s au conseil d’administration du collège.

Les organisations syndicales SUD, CGT, SNES-FSU, SNEP-FSU, FO dénoncent la répression sans précédent qui s’abat sur des enseignant·e·s militant·e·s syndicaux·ales qu’elles considèrent comme d’une ampleur inédite àl’échelle d’un EPLE.

Ces attaques contre ces délégué·e·s syndicaux·ales sont perpétrées dans un contexte d’ensemble marqué par le tout-répressif : projet de loi dit de “l’école de la confiance†qui, avec son article 1, cherche àentraver la liberté d’expression et interdire toute résistance ; loi dite “anti-casseurs†remettant en cause le droit démocratique de manifester.

Ces attaques interviennent justement au moment où les personnels sont mobilisés et appellent àla grève la semaine prochaine dans le but d’obtenir le retrait de ce projet de loi ainsi que l’abrogation des réformes Blanquer du baccalauréat, des lycées et de Parcoursup ainsi que de la loi Blanquer.

Les organisations syndicales SUD, CGT, SNES-FSU, SNEP-FSU, FO revendiquent l’arrêt immédiat des procédures disciplinaires et de mutation forcée engagées par la hiérarchie àl’encontre des quatre collègues du collège République.

2 avril 2019

Pour plus d’infos :

* -la page twitter du comité de soutien

* -la page facebook

* -la cagnotte en ligne pour soutenir la mobilisation

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Urgence au collège de Sombernon

Le 26 juin 2018, 25 enseignant·e·s sur 32 ont signé et envoyé un courrier àMme la Directrice académique pour signaler les difficultés rencontrées au collège de Sombernon depuis septembre 2017, date de l’arrivée du nouveau Principal du collège.

Dans ce courrier, ils/elles soulignaient de nombreux problèmes dans leurs relations avec le chef d’établissement et dénonçaient la dégradation de l’ambiance de travail, en mettant en avant leur inquiétude et leur souffrance.

Ces enseignant·e·s demandent donc une médiation au rectorat, et obtiennent une audience pour le mercredi 11 juillet, en présence de Madame la directrice de la DASEN, Monsieur le Principal et quatre professeur·e·s élu·e·s au CA.

La médiation demandée et promise durant cette audience n’aura jamais lieu. À la place, une commission d’enquête missionnée par Madame la Rectrice auditionne au collège, les lundi 26 novembre et jeudi 20 décembre 2018, une vingtaine de personnes. Le 26 novembre un document de 34 témoignages accablants sur les méthodes de management du Principal est remis aux enquêteurs.

Après plusieurs mois pendant lesquels la situation n’a cessé de se dégrader, le 5 avril 2019 , les enseignant·e·s apprennent que deux de leurs collègues, messieurs Desanti et Genet, professeurs au collège depuis de nombreuses années, font l’objet de procédures administratives : mutation pour l’un et avertissement ou blâme pour l’autre.

Le 12 avril 2019, une restitution de l’enquête administrative est faite aux personnels du collège par une délégation du rectorat : aucun des 34 témoignages des enseignant·e·s n’a été pris en compte, leur souffrance n’a pas été entendue, et pire, deux d’entre eux, désignés comme boucs-émissaires, sont sanctionnés.

Devant une telle injustice, les enseignant·e·s, toujours guidé·e·s par le souci du bon fonctionnement du collège et par l’intérêt des élèves, demandent l’arrêt des procédures engagées contre leurs deux collègues, ainsi qu’une véritable prise en compte de la gravité de la situation.

Signez la pétition pour aider les collègues de Sombernon (21) menacés de blâme et de mutations pour avoir demandé àêtre reçus au sujet de leur principal.

(1) voir L’émancipation 05 de janvier 2019.

(2) voir L’émancipation 03 de novembre 2018.


Brèves

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26 juin 2017 - Mardi 27 juin - Rassemblement et meeting unitaire - 12 h - Paris - Invalides

Pas de code du travail sur ordonnance !
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