Étendons et protégeons nos luttes

Contre la brutalité du système Macron et du RN dont il fait le lit
mercredi 19 juin 2019

En deux ans Macron aura pu donner plus qu’un aperçu complet de ses qualités politiques et humaines. Avec sa Cour qui allie incompétence et servilité, il aura œuvré àla défense tout honte bue du système capitaliste, dont il est le pantin, de sa caste, dont il est le larbin et du lobby médiatico-patronal qui a construit son “élection†, dont il est l’otage (ISF, cadeaux et protections pour les proches…).

Malgré l’inconcevable attentisme du mouvement syndical face àl’ampleur de l’agression (pourtant annoncée par un candidat que certain·e·s n’ont pas hésité àsoutenir), et son incapacité – sans même parler de celle de la “gauche†politique –àstopper Macron, des résistances se sont organisées, les cheminot·e·s, les postier·e·s, les Gilets jaunes, les lycéen·ne·s, l’éducation, la santé…

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À ces mobilisations, Macron a répondu en général par le mépris, aux fonctionnaires par l’attaque frontale de la Fonction publique, aux personnels d’éducation, aux élèves et aux parents par les bobards de Blanquer, aux Gilets jaunes par des aumônes au regard de ce qu’il a déjàsoutiré aux travailleurs/euses et aux comptes sociaux et par “son†grand débat : “on peut tout changer, mais surtout pas de politique†, et, considérant qu’il a répondu et qu’il est temps d’arrêter la partie il a diligenté avec ses sbires une répression àun niveau rarement atteint.

Cet apôtre du libéralisme, qui se présente notamment dans la campagne pour les européennes comme le champion de la lutte contre les régimes autoritaires et fascisants, ménage en fait tout ce que la Terre peut porter de tyrans et de fachos, privilégie le tête-à-tête avec le RN, histoire de réitérer le duel des présidentielles, joue sur les mêmes réflexes d’identification réactionnaires, d’opposition des classes, des communautés, des confessions et surtout utilise les mêmes méthodes liberticides et violentes que ce qu’il prétend combattre.

Et on peut dire que ce président, leplus mal élu de la Ve République et le plus haï, ne survit qu’au prix d’une répression sauvage du peuple. De la jeunesse brutalisée lors des blocages et manifs de décembre, d’autant plus que les personnels ne l’ont pas massivement soutenue, humiliée comme les lycéen·ne·s de Mantes la Jolie (cf ci-dessous), qui se sont organisé·e·s et appellent àla convergence des luttes. Des Gilets jaunes qui payent un tribut énorme aux bléssé·e·s, interpellé·e·s, poursuivi·e·s et, àprésent que l’éducation est mobilisée, de ses personnels qui luttent et en premier des syndicalistes.

D’abord nous protéger, individuellement et collectivement pour pouvoir continuer la lutte

Ce pouvoir tient donc par la répression extrême contre toute opposition. Mais aussi par le soutien important des possédant·e·s (et de leurs médias) àl’ensemble de sa politique, indissociablement lié àleur silence sur cette violence intolérable, quand ils ne la justifient pas, alors qu’elle est dénoncée par de nombreuses instances françaises, le parlement européen et l’ONU.

Pour espérer stopper ce déchaînement de violence contre les mouvements sociaux, il faut àla fois se protéger, individuellement et collectivement et aussi battre en brèche l’apparence de professionnalisme et de solidité que Macron et ses affidé·e·s veulent se donner.

La résistance àla répression doit s’organiser :

  • dans les établissements, en se mettant àplusieurs pour engager les actions, répondre aux convocations…
  • dans les manifs en unifiant au maximum les rendez-vous, pour rendre les cortèges de lutte plus forts et en diffusant, avant même le départ de la manif les numéros des collectifs contre la répression et les violences policières ainsi que les numéros des avocat·e·s militant·e·s joignables le jour de la manif. Sur actujuridique.com, on peut se procurer le guide actualisé “Face àla police, face àla justice†. Les syndicats, les membres des AG devraient également se doter d’un numéro dédié ou une adresse mail pour la solidarité avec les victimes de violences policières.

Tout cela demande une prise en charge collective de plus en plus lourde et coà»teuse : il convient de consacrer une partie de l’investissement militant de chacun·e àces aspects qui vont de plus en plus faire partie du quotidien des luttes.

Enfoncer un coin dans le dispositif Macron, peut aussi contribuer àvenir àbout de la violence d’État

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Il y a bien un autre moyen plus offensif de combattre la répression, c’est d’infliger un premier échec àce pouvoir, permettant aux mobilisations en cours de s’engouffrer dans la brèche et donnant le signal de la généralisation des luttes aux très nombreux secteurs désireux d’en finir avec ce que leur impose Macron. La modification profonde du rapport de force ainsi générée est de nature àacculer le pouvoir àengager enfin de véritables négociations et donc àmettre la répression en sourdine.

L’éducation nous fournit un exemple, d’un tel cas de figure : la mobilisation contre les réformes Blanquer et sa loi continue às’étendre, de façon disparate, si l’on retient la modalité de la grève reconductible, la plus fréquemment citée dans les différents compte-rendus de la liste nationale intercollectifs se développant dans certaines régions et certains secteurs, régressant dans d’autres.

Mais toutes modalités confondues, il y a des multitudes d’actions d’écoles, d’établissements, de villes, de départements : grèves reconductibles, écoles mortes et actions avec de parents de plus en plus mobilié·e·s au fur et àmesure qu’ils elles sont informé·e·s, actions d’information et médiatiques, soutien des gilets jaunes et convergence avec leur lutte pour la justice sociale, les services publics et contre Macron… Pour l’instant les lycéen·ne·s, dont la mobilisation de décembre avait été cassée par une répression honteuse ne sont pas dans la lutte mais ça peut évoluer rapidement avec les chausse-trapes de Parcoursup, la mobilisation des victimes de la répression àMantes-la-Jolie et du lycée Arago et en cas de grève des examens.

Les cortèges impressionnants et combatifs des manifestations Fonction publique du 9, essentiellement éducation et santé, les rassemblements au sénat des 14, 15 et 16 mai et l’important cortège éducation en lutte inter-degré (1/4 de la manif) en tête de la manif nationale FSU, SUD, CGT, àParis le 18 mai.

Pour tenter de désamorcer l’opposition frontale au bon élève de la macronie le premier ministrable Blanquer, en évitant àce dernier de devoir lui-même reculer devant la mobilisation, Macron utilise le Sénat et les “républicains†, ses alliés au moins dans son idée fixe de casser l’école, pour se débarrasser des EPSF. Ce premier recul du pouvoir signifié au Sénat par Blanquer est indéniable et sera certainement respecté.

Mais ce succès sur une des revendications importantes du mouvement et pour le moins relativisé par le retour de l’obsession Sarkoziste de pénaliser les allocations des parents pour l’absentéisme de leur enfants et surtout par la mise en place dans le premier, comme dans le second degré de super hiérarques aux pouvoirs exorbitants sur les recrutements, les horaires, et leur annualisation. Voilàde quoi donner d’emblée un sens àl’article 1 sur l’exemplarité et la réserve !

Ce premier recul qui se veut discret il faut le faire connaître, non pas comme le font certaines directions syndicales pour justifier le fait qu’elle se précipitent pour “négocier†un statut de maîtres-directeurs visant àles transformer en fonctionnaires d’autorité mieux payés que les professeur·e·s d’école et leur imposant en contrepartie le retour au calme dans les écoles et la bonne application des réformes contestées. Mais il faut le faire connaître pour montrer que la superbe de Blanquer et derrière de Macron se lézarde comme le constatent plusieurs médias qui sont loin d’être acquis au mouvement, et il ne faudrait plus beaucoup pousser pour que ça se transforme en déroute, surtout en cas d’échec aux élections du 26 mai.

Le rapport de force est de plus en plus favorable àla mobilisation. Mais pour que celle-ci soit àla hauteur des attentes et des sacrifices déjàengagés, il faut encore faire mieux et plus vite. Il ne reste plus qu’un mois d’actions fortes possibles, 15 jours dans les lycées sauf si le bac est visé. Énormément d’écoles et d’établissements sont déjàmobilisés. Mais il en reste beaucoup qui ne le sont pas. Il faut rapidement en contacter le maximum en y passant en tant que grèviste, ou en les contactant par tous les moyens.

Pour convaincre les collègues de rejoindre le mouvement

Expliquons que lorsqu’un pouvoir est fragilisé il faut se mettre tou·te·s ensemble pour le faire vraiment céder. Ce qui pose la question des convergences, au sein de la Fonction publique, comme déjàdessinées (surtout éducation et santé) le 9 mai, comme possible le 28 lors de l’action des fédérations pour les augmentations de pouvoir d’achat et comme le 4 juin, avec les cheminot·e·s. Et bien sà»r aussi la question de la convergence avec les Gilets jaunes, déjàbien réalisée dans de nombreux départements et les 1er et 11 mai au niveau national.

Rappelons ce que seront, si on ne stoppe pas Blanquer et Macron, les conditions de salaire, de travail (effectifs, horaires, annualisation forcée, liberté pédagogique, autoritarisme et répression de plus en plus érigés et nouveau management…), les services publics (santé, transports…, les retraites et la société en général, avec l’éducation sabotée et les tensions entretenues. Et que vaut un mois de lutte intense et coà»teuse en regard de toute une vie de galère… Sans même insister sur la dignité professionnelle… Il est plus facile de continuer la lutte maintenant, que de la reprendre lorsque l’ensemble des mesures s’appliqueront… 0n n’est pas sà»r de gagner, mais si on n’essaie pas on a déjàperdu.

Les formes de luttes sont d’ores et déjàtrès diverses, et toutes àdévelopper : refus divers d’appliquer les réformes, grève reconductible, temps forts de grève pour marquer les étapes de la loi Blanquer qui restent encore jusqu’àla promulgation. Si la Commission mixte paritaire Assemblée/Sénat, qui sera mise en place après les élections européennes, ne parvient pas àune rédaction commune, il y aura une deuxième lecture àl’Assemblée, ce qui compromettrait la mise en oeuvre de la loi àla rentrée et donnerait du temps àla mobilisation. Le gouvernement va donc pousser sa majorité béni-oui-oui LREM àl’Assemblée à“céder†sur la plupart des amendements du Sénat, ce que Blanquer a déjàlaissé entendre.

Au point où nous en sommes, la question de la grève des examens se pose enfin vraiment.Pour y parvenir de façon décisive pour le rapport de force, et pour que l’administration ne puisse pas contourner ce blocage par des personnels non grévistes, il faut le plus large accord possible au niveaux des syndicats, des établissements et des régions. Pour ce faire il faut déjàque les syndiqué·e·s du SNES et les intersyndicales locales répondent àla consultation nationale du SNES, pour qu’il y ait un véritable appel du SNES àla grève les 17 et 27 juin. Il faut aussi se mettre d’accord sur le moment le plus opportun, premier jour de surveillance ou toutes les surveillances, corrections, oraux. De même pour le bac pro et le brevet. Et pour la convergence avec le premier degré aussi, d’ores et déjàl’intersyndicale éduc parisienne envisage une action de grève entre le 3 et le 17 juin, en fonction de la date de la commission mixte Sénat/Assemblée, mais c’est une semaine entière de grève qu’il faut préparer comme le prévoit l’AG premier degré de Paris.

Enfin pour construire toutes ces actions il faut mettre toute les forces disponibles en œuvre de la manière la plus efficace et cohérente.

Il faut améliorer rapidement le fonctionnement entre tous les niveaux des AG des établissements et écoles au niveau régional, en passant par le niveau de ville et départemental, en veillant àce que chacun de ces niveaux soit inter-degré.

Et si, malgré tout cela, on ne gagne pas avant les vacances, on va entrer dans une phase de résistance, avec certes l’avantage que de nombreux/euses personnels, établissements et écoles, AG se seront formé·e·s àla lutte. Mais c’est une autre histoire…

Olivier Vinay, le 24 mai 2019


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