Brèves féministes (mai 2019)

mercredi 5 juin 2019
par  Rosine

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Privée du droit d’avorter, elle doit subir une césarienne à… 11 ans

En Argentine, dans la province très conservatrice de Tucuman, il y a quelques semaines, Lucia a accouché par césarienne. Elle avait été violée par le compagnon de sa grand-mère et était tombée enceinte. Lorsqu’elle s’était présentée àl’hôpital se plaignant de mots de ventre, la grossesse datait déjàde 19 semaines. Immédiatement, la fillette et sa mère formulent une demande d’avortement, demande qu’elles reformulent àhuit reprises.

Dans le cas de Lucia, la législation argentine (très restrictive) permet l’interruption de grossesse et cela depuis 1921 (cas de viol ou de péril pour la santé de la femme enceinte) mais dans les faits, c’est une toute autre affaire.

Les médecins, comme c’est très souvent le cas, invoquent l’objection de conscience, et le service de santé de la province demande au personnel hospitalier de “sauver les deux vies†(slogan de militant·e·s antichoix). Les autorités laissent trainer le dossier de Lucia, jusqu’àce que l’avancement de sa grossesse ne permette plus un avortement. Finalement, l’état de santé de la fillette s’aggrave, une intervention est décidée. Un accouchement par les voies basses était impossible vu son âge, c’est une césarienne qui est alors pratiquée.

Le cas de Lucia n’est malheureusement pas un cas isolé : en janvier, un cas similaire avait déjàsoulevé l’indignation dans le pays. Une fillette de 12 ans, dans une autre province du nord-ouest, elle aussi violée, avait été soumise àune césarienne.

Dans le pays du pape François, le poids de l’Église catholique est encore immense mais la volonté de celles et ceux qui militent pour le droit àl’avortement va croissant. En 2018, le projet de loi d’un libre accès àl’IVG avait été adopté par la Chambre des député·e·s mais rejeté par le Sénat. Le 8 Mars 2019 a rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes vêtues de vert et de violet dans les rues de Buenos Aires et dans les autres grandes villes du pays. Les tragiques histoires de Lucia et d’autres comme elles, relancent un combat qui ne s’arrêtera pas.

Joë lle

L’espace public arraché par des centaines de milliers d’Algériennes

Depuis le 22 février, en Algérie les femmes sont aux premiers rangs des manifestations. Elles veulent la chute du régime. L’urgence, c’est l’égalité des droits, l’égalité salariale. Les femmes sont plus fortement touchées par le chômage. Sur les 11 millions de travailleurs et travailleuses, on ne trouve que 1,9 million de femmes. Chez les 15/24 ans, le taux de chômage est de 24,6 ?% pour les hommes et de 51,3 ?% pour les femmes. 65,6 ?% des diplômés et diplômées universitaires sont des femmes, mais le taux de chômage des femmes diplômées s’élève à55 ?%. “On est là, dit l’une d’elle, pour changer aujourd’hui cet environnement toxique dans lequel nous vivons†. Autre revendication : l’abrogation du Code de la famille qui maintient les femmes dans un statut de “mineure àvie†. Les femmes ont lutté pour l’indépendance de l’Algérie et elles ne veulent plus attendre. (Brut, extraits d’une vidéo)

Hélène


Brèves

2 mars 2018 - Appel à l’action et à la grève pour les droits des femmes le 8 mars

Les luttes féministes ont permis de conquérir des droits et de progresser vers l’égalité entre les (...)