Voyage en Terre Promise... promise pour qui ? (1ère partie)

vendredi 9 novembre 2007
par  QD, Administrateur

(article publié dans la revue "L’Emancipation syndicale et pédagogique", n°8 de mai 2007)

(article téléchargeable en PDF avec le reste de la revue à cet endroit)

ISRAËL ET PALESTINE

Voyage en terre promise...
promise pour qui (1ère partie) ?


Je n’étais pas retourné en Israël ou en Palestine depuis 1994. Qu’est-ce qui a changé ? D’abord et avant tout, il n’y a plus de frontière. L’annexion de larges parties de la Palestine et celle du Golan Syrien ne sont plus rampantes, elles sont effectives. L’espoir a disparu. La quasi-totalité des interlocuteurs/trices que j’ai rencontréEs, seul ou en groupe, n’entrevoient pas d’avenir pacifique.


Côté Palestinien, qu’il s’agisse "d’Arabes Israéliens" ou d’habitantEs des territoires, plus personne ne croit à la viabilité de deux États et beaucoup se prononcent ouvertement pour un seul État (celui de tous ses citoyenNEs).


Une séparation de plus en plus nette
Les mondes israélien et palestinien sont devenus hermétiques et s’ignorent globalement. Les possibilités de rencontre sont rares et difficiles. Les territoires palestiniens ressemblent à une prison à ciel ouvert, où circuler (ne parlons pas de voyager) est un problème permanent. Les colonies sont plus nombreuses avec leurs routes de contournement et certaines sont de véritables villes (Ariel, Maale Adoumim). Il continue d’y avoir de part et d’autres des gens qui recherchent la rencontre, l’égalité et la connaissance de "l’autre". La gauche anticolonialiste est active. Mais globalement la société israélienne est gangrenée par le racisme. La majorité de la population se partage entre un rejet pur et simple des "Arabes" (et elle est gagnée par les thèses du "transfert" des Arabes au-delà du Jourdain) ou leur acceptation à la condition qu’ils soient soumis et acceptent une infériorité "naturelle". On est loin de l’égalité. Certains continueront de trouver choquant qu’on parle d’Apartheid ou de colonialisme. Mais comment trouver d’autres termes pour qualifier une société à deux niveaux ?

Enfin, la société israélienne ne souffre pas de cette guerre. La croissance est forte, la "sécurité" est globalement revenue. Le libéralisme a supprimé les solidarités et a créé comme en Occident des nouveaux pauvres ou des sans abris. Mais le niveau de vie moyen des IsraélienNEs est 20 fois supérieur à celui des "territoires" et il est tentant ou facile de ne pas voir ce qui se passe à quelques kilomètres de chez soi.

Où est la frontière ?
La frontière internationalement reconnue (celle de 1949) ne figure plus sur aucune carte israélienne. Le ministre travailliste qui voulait la réintroduire dans les manuels scolaires a échoué. La carte des "parcs nationaux israéliens" comprend le Mont Hermon (Golan) ou la ville antique de Qumran (Cisjordanie). Les grands axes routiers qui partent de Jérusalem utilisent la vallée du Jourdain (vers le lac de Tibériade ou vers Eilat). Même l’autoroute de Tel-Aviv traverse la Cisjordanie occupée au niveau du village de Latrun, mais il faut un guide français pour le savoir.

Officiellement les villes saintes israéliennes sont Jérusalem, Safed, Tibériade ou … Hébron qui est pourtant une grande ville palestinienne. L’économie ou le tourisme israéliens sont omniprésents dans les territoires (que les Israéliens appellent territoires "disputés" et non "occupés"). Les pistes de ski sont dans le Golan, les meilleurs vins aussi. L’une des plus grandes usines (Ahava) qui fabrique et exporte des produits de beauté est en zone annexée au bord de la Mer Morte. Quant aux colons, qu’ils vivent dans des colonies "légales" ou dites "illégales", ils sont protégés par l’armée et les routes de contournement leur permettent en quelques minutes d’atteindre les grandes villes israéliennes.

Écoutons ce que raconte l’Israélien moyen : "90% des Palestiniens sont bons, mais à cause des 10% qui soutiennent les terroristes, il a fallu prendre des mesures". "Ces villages arabes (il s’agit d’Abou Gosh et d’Ein Karem, très proches de Jérusalem) n’ont jamais pris les armes contre nous, on les a laissés. Pour les autres, il a fallu reculer la frontière". Même remarque sur le Golan : "Les Syriens bombardaient le lac de Tibériade, il a fallu reculer la frontière". La reculer jusqu’où ? Pas de réponse, il n’y a pas vraiment de limite. Tout est prétexte : l’étroitesse du territoire avant la guerre de 67 (12 km au niveau de Netanya) "justifie" les annexions actuelles. Les attentats "justifient" le Mur. Silence sur le fait que le Mur annexe de larges parties du territoire palestinien. Dans les discours, rien ne présage un quelconque retour sur les frontières d’avant 67, surtout à Jérusalem.

Jérusalem
La ville a 700 000 habitants. Globalement 1/3 de Juifs Israéliens à Jérusalem Ouest. 1/3 de Palestiniens à Jérusalem Est et 1/3 de Juifs dans les "nouveaux quartiers" de Jérusalem Est qui sont en fait des colonies : Gilo, Haroma, Psagot, Givat Shaul …

Les religieux sont omniprésents. Jérusalem est la capitale des trois grands monothéismes. Des trois grandes névroses, faudrait-il dire. Dans notre hôtel, il y a 600 pèlerins chrétiens venus du Nigeria. Après leur départ, un nombre équivalent de Juifs religieux leur succède. Les hôtels sont aménagés pour celles et ceux qui respectent les interdits du shabbat.

Dans la vieille ville, les pèlerins chrétiens sont revenus. Au Saint-Sépulcre, chaque Église chrétienne garde précieusement son coin de cathédrale et son pilier. Les Églises copte et éthiopienne ont été reléguées hors de la cathédrale. En 1994, j’avais pu visiter la mosquée Al Aqsa et le Dôme du Rocher. À présent, c’est très difficile, y compris pour les PalestinienNEs qui n’accèdent pas facilement à l’esplanade des mosquées.

Pour arriver au Mur des Lamentations, on est fouillé comme dans un aéroport. Des militaires en arme viennent aussi prier (mais globalement la présence militaire dans la vieille ville est faible). Curieusement, le Mur des Lamentations est le dernier vestige du deuxième temple pourtant construit par un ennemi acharné des Juifs (le roi Hérode). Les religions ont leur mystère. En ville, la présence des Juifs religieux est dominante alors qu’il y a 40 ans, ils étaient confinés dans le quartier de Méa Sharim. Un moment, nous sommes coincés dans un embouteillage monstrueux : des dizaines d’autobus ont amené des milliers de Juifs religieux. On ne saura pas exactement s’il s’agit d’un mariage ou d’une allocution d’un rabbin célèbre. Partout, il y a des yeshivas (écoles religieuses) financées par l’État.

La vieille ville de Jérusalem à l’intérieur de la citadelle est historiquement divisée en 4 quartiers : chrétien, arménien, juif et musulman. Dans le souk, on vend aussi bien des tee-shirts à la gloire de l’armée israélienne que des effigies d’Arafat. Dans le quartier musulman, on aperçoit bien distinctement la villa d’Ariel Sharon, éternel provocateur qui a tenu à montrer "aux Arabes" que tout est permis. Dans le quartier Juif, il y a un musée qui célèbre la mémoire des Juifs de Jérusalem chassés de leur quartier lors de la victoire Jordanienne de 1948. Rien sur l’épuration ethnique à l’envers, 20 ans plus tard, quand les Palestiniens ont été chassés par l’annexion israélienne. Rien bien sûr sur les 750 villages palestiniens disparus. La mémoire est sélective.

Les nouveaux "quartiers" de Jérusalem
À l’Est, sur les collines qui dominent le désert de Judée, les quartiers palestiniens sont entourés par les "nouveaux quartiers". Le territoire de Jérusalem a considérablement augmenté et tout a été urbanisé de Ramallah au nord jusqu’à Bethléem au Sud. Le quartier palestinien périphérique d’Abou Dis jouxte la gigantesque colonie de Maale Adoumim (très étendue et très peuplée : plus de 30000 habitants attirés par des loyers faibles, un cadre de vie agréable et une vue superbe). Aux négociations de Taba, les négociateurs israéliens avaient proposé de faire d’Abou Dis la capitale de l’État palestinien. "C’est comme si Créteil devenait capitale de la France et qu’on essaie de vous persuader que Créteil, c’est Paris" nous avait expliqué Elias Sanbar. Maale Adoumim coupe la Palestine en deux, isolant totalement le sud (Bethléem et Hébron) du centre (Ramallah) et du nord (Naplouse, Jénine). Les Israéliens (même la "gauche") ont exclu de restituer cette ville.

Le guide israélien égrène les noms des nouveaux quartiers. Le lendemain, au même endroit un guide palestinien fait la liste de tous les villages palestiniens qui entouraient Jérusalem et qui ont disparu. La ville nouvelle de Givat Shaul s’appelait Deir Yassine, le village massacré par les terroristes de l’Irgoun en 1948. Le tunnel routier qui passe sous Givat Shaul s’appelle aujourd’hui "tunnel Begin" du nom du chef historique de l’Irgoun. Le Sionisme a effacé les différences idéologiques et tous les grands noms du Sionisme (de l’extrême droite à la "gauche", de Jabotinsky et Begin à Golda Meïr ou Lévy Eshkol) ont leurs rues.

Devant un hôtel de Jérusalem, le guide israélien raconte que c’est là qu’un terroriste palestinien a assassiné un ministre israélien, il y a six ans. Le ministre s’appelait Rehavam Zvi. Il était favorable au "transfert" de tous les Arabes au-delà du Jourdain. L’auteur de l’attentat et le dirigeant de son parti (le FPLP) ont été arrêtés par l’Autorité Palestinienne et emprisonnés à Jéricho avant d’être enlevés par les Israéliens lors d’une attaque meurtrière contre la prison de Jéricho. Là encore, la version de notre guide est sélective.

Dans un restaurant français de Jérusalem Ouest, tout près du tramway en construction (construit par Véolia et Alstom) qui ira à l’Est, une jeune Française un peu paumée chante (mal) pour gagner sa vie. Elle a fait récemment son "alya" (1), elle est "montée" en Israël. Je n’aurai pas le temps de lui demander pourquoi. Elle est passée par les "Éclaireurs Israélites de France".

Jérusalem est un endroit fantastique. Collines et vallées, vues étonnantes sur la vieille ville ou le Mont des Oliviers, nuages qui se vident aux portes du désert de Judée. Mais on est bien loin d’une ville harmonieuse ou de la capitale de deux états. Les PalestinienNEs de Jérusalem ont des papiers et un statut à part. Leurs quartiers sont souvent délabrés et ils se plaignent de payer des impôts et de ne rien avoir en retour en terme de voirie ou d’égouts. Très peu d’entre eux ont pris la nationalité israélienne. Ils votent aux élections municipales (souvent en s’abstenant) mais pas aux nationales. Ils ont un avantage sur les autres Palestiniens : il leur est plus facile de circuler et de franchir les barrages.

Les territoires occupés : enclaves et colonies
On quitte Jérusalem Est en jouant au chat et à la souris avec le Mur et les check-points. Le Mur est tagué partout par des slogans pacifistes. On évite Qalandia. Ruelles défoncées, pleines de trous, trottoirs chaotiques. L’effet est amplifié par le bus qui n’a pas d’amortisseurs. On rentre dans Ramallah sans avoir vu la campagne. La région est surpeuplée. La route longe un camp de réfugiés. Ramallah n’est pas représentative des villes palestiniennes. Aux élections municipales, la liste dite "de troisième voie" de l’ancienne négociatrice Hanane Ashraoui l’a emporté sur les deux grands partis.

Dès notre arrivée devant le centre franco-allemand, des voitures de la police sont là pour nous escorter : la veille, l’armée israélienne est violemment intervenue (comme elle en a l’habitude) à Naplouse et Jénine. Il y a eu plusieurs morts et ils ont peur "pour notre sécurité". Français et Allemands se sont regroupés pour avoir un centre culturel digne de ce nom capable d’agir efficacement. Le diplomate français est totalement conscient de la situation dramatique des Palestiniens. On sent bien qu’il aurait besoin de beaucoup plus de moyens et qu’il désapprouve le fait que l’Union Européenne ait coupé l’aide à la Palestine.

On rencontre la déléguée d’une association de femmes. Cette association fait un travail important : elle aide les femmes à s’organiser ou à se syndiquer, elle lutte contre toutes les violences (violences domestiques, crimes d’honneur) que les femmes subissent et elle aide les femmes à fabriquer et commercialiser des produits d’artisanat.

Un jeune Palestinien parfaitement francophone nous accompagne. Il a un discours inhabituel, très critique contre une partie de la société palestinienne, son culte du martyr ou son militarisme. Il est très hostile aux religions et au Hamas. Même lui, qui milite avec des Israéliens, doit ruser pour les rencontrer. Pendant longtemps, les rencontres étaient possibles dans des restaurants sur la route de Jéricho. Mais ce n’est plus possible.

On rentre dans la Mouqata de Ramallah. Il y a des gravats un peu partout et quelques militaires gardent les lieux. Ça ressemble plus à un terrain vague qu’à un siège de gouvernement. Le tombeau d’Arafat est là. Les Palestiniens n’ont pas obtenu qu’il soit inhumé à la mosquée Al Aqsa. Notre guide palestinien m’affirme sa certitude qu’il a été empoisonné.

Le centre de Ramallah est engorgé par la circulation. Les magasins semblent bien achalandés. Il y a quelques belles maisons. Tout le monde ne souffre pas de la même façon dans cette société.

Nous prenons la route du nord. On passe devant l’université de Bir Zeit. Depuis la route, on voit la côte et Tel-Aviv. Les distances sont petites. Par moments, nous quittons la route défoncée pour emprunter une route de contournement. Ça nous est possible car le bus est immatriculé à Jérusalem. La Palestine est divisée en trois zones : A (sous souveraineté palestinienne, ce qui n’empêche pas les "incursions"), B (sous souveraineté mixte) et C (de fait annexée par Israël). Ces zones sont devenues un véritable casse-tête juridique et certains Palestiniens en viennent à regretter de ne pas être partout occupés de la même façon.

La Cisjordanie occupée
Les colonies contrastent avec leurs belles maisons et leurs pelouses. Elles sont entourées de clôtures et protégées par l’armée. Un membre de notre groupe ira visiter un cousin proche, qui s’est établi dans une de ces colonies. Il fera un récit assez émouvant de cette rencontre et de cet univers. Les colons vivent dans une négation complète du monde qui les entoure, qu’ils soient là pour des raisons économiques ou idéologiques. On voit aussi des "colonies illégales" (comme si les autres étaient légales). Ce sont des caravanes et des bungalows dans lesquels les colons s’installent sans autorisation mais avec la protection immédiate de l’armée. Souvent, la colonie finit par être légalisée.

Le village d’Aboud est moitié chrétien (catholique latin), moitié musulman. Le Père Firas qui nous reçoit est un militant. D’origine jordanienne, il se bat contre l’occupation. Le livre qu’il nous donne nous vaudra quelques ennuis lors de la fouille des bagages en quittant Israël. Il y a quelques années, un colon a été tué près d’Aboud. En représailles, l’armée israélienne a abattu 4000 oliviers dans le village. Le Père Firas en a mis un dans son église. Il nous montre une vidéo sur la résistance de son village, aujourd’hui traversé par le Mur et isolé par l’extension de la colonie d’Ariel (véritable ville dotée d’une université).

Pour rejoindre Bethléem, il faut franchir deux grands check-points et retraverser Jérusalem-Est. Pour nous, c’est simple : notre bus a une file à part dans la queue et un soldat entre dedans en vérifiant les passeports. Pour les Palestiniens, c’est une complication quotidienne. Ils dépendent de l’arbitraire des soldats qui sont souvent des garçons ou des filles très jeunes (3 ans de service militaire pour les garçons et deux ans pour les filles).

Bethléem comportait 92% de Chrétiens avant la Naqba. Ils ne sont plus que 35%. Leur natalité est inférieure à celle des musulmans et beaucoup ont émigré (en Amérique notamment). La ville vivait du tourisme et des travailleurs qui partaient chaque jour travailler à Jérusalem proche de 15 km. Le tourisme a quasiment disparu et les travailleurs immigrés ne peuvent plus aller en Israël et ont été licenciés. La ville est encerclée par les nouvelles colonies devenues des quartiers de Jérusalem (notamment Haroma). Une large partie de la population de Bethléem vit sous le seuil de pauvreté. Nous sommes accueillis par des familles qui nous hébergent. Échange de cadeaux. Dans les familles chrétiennes (catholiques ou orthodoxes), les symboles religieux sont omniprésents dans les maisons. Il y a une grande préoccupation pour l’éducation des enfants, mais cette éducation est payante et se fait à l’école religieuse. Dans la famille musulmane, il y a des portraits d’Arafat. Plusieurs de nos interlocuteurs nous expliquent qu’ils ne sont pas allés à Jérusalem depuis des années. Même pour nous, le franchissement du check-point en retournant à Jérusalem est sévère avec passage à pied et changement de véhicule.

Arabes ou Palestiniens d’Israël ?
Comment faut-il nommer les "Non-Juifs" de l’État Juif qui sont souvent des sous-citoyens ? Ecoutons-les : ils ne sont pas assez israéliens pour les Israéliens, pas assez arabes pour les Arabes, pas assez palestiniens pour les Palestiniens. Peut-être du coup sont-ils porteurs de "modernité".

La population "arabe" d’Israël (environ un million trois cent mille personnes ayant la nationalité israélienne, soit 20% de la population) est composite : la majorité est musulmane avec une petite minorité chrétienne. Il y a aussi (à part) les Druzes et les Bédouins. Les Israéliens ont partiellement réussi à diviser cette population. Les Druzes font obligatoirement l’armée et une haine ancestrale les oppose aux Palestiniens. Pourtant même chez eux, il y a des résistances : des jeunes sont devenus refuzniks, et les Druzes du Golan refusent l’annexion et veulent rester syriens. Les Bédouins de Galilée ont une histoire qui rappelle celle des Harkis. Beaucoup d’hommes sont volontaires dans l’armée israélienne et ils ont eu de nombreuses victimes dans les guerres successives. Il y a aussi des anciens soldats de l’ALS (Armée du Liban Sud, qui a servi d’auxiliaire à l’armée israélienne) ou des "collaborateurs" qui ne peuvent plus rentrer chez eux dans les "territoires" et qui vivent dans les villes arabes d’Israël. Ces villes sont Nazareth (qui a toujours eu un maire communiste), Akko (Saint-Jean d’Accre), Jaffa (banlieue de Tel-Aviv) et Haïfa où plus de 10% de la population est "arabe". Le reste de la population arabe vit principalement dans les villages de Galilée (50% de la population). Il n’y a quasiment pas de quartiers mixtes ou de villages mixtes. Juifs et Arabes vivent côte à côte mais séparément sauf dans des petits villages comme Peki’in où Druzes, Palestiniens, Bédouins et Juifs cohabitent. Les systèmes d’éducation sont séparés. Quand on voyage dans le Nord, les villages arabes sont faciles à reconnaître : ils sont plus pauvres et moins bien équipés.

Pierre STAMBUL
13 mars 2007

(1) C’est ainsi que les sionistes désignent la "montée en Israël", l’immigration des Juifs qui "retournent" au pays.