Brèves féministes (octobre 2007)

jeudi 11 octobre 2007
par  QD, Administrateur

(brèves féministes publiées dans la revue "L’Émancipation syndicale et pédagogique", n°2 d’octobre 2007)

(article téléchargeable en PDF avec le reste de la revue à cet endroit)

Parce que c’est aussi une forme de haine...

Chronique du sexisme ordinaire

Si ce n’est toi c’est donc ton frère ! (ou ta sœur…)
Lundi 17 septembre, l’instance officielle chargée d’organiser les élections au Canada a autorisé le vote sans identification visuelle du/de la votantE, permettant par la même le vote de femmes intégralement voilées par le niqab couvrant totalement le corps et ne laissant qu’une étroite fente pour les yeux. La "garantie" de leur identité est fournie par deux pièces d’identité ou par un garant.
Par cette initiative le Canada vient de céder aux courants les plus rétrogrades qui enferment le corps de la femme et fait la part belle aux communautarismes. Les réactions ne se sont pas faites attendre : ainsi, pour protester contre cette loi, un homme a été autorisé à voter avec une citrouille sur la tête pour les élections partielles du Québec à la Chambre des Communes le lundi 17 septembre.
Cette histoire n’est pas récente : en mars 2007, la loi électorale n’exigeait plus l’identification visuelle. Face aux protestations, le vote à visage couvert était interdit. Mais le directeur général des élections canadiennes a invoqué une lacune de la loi (droit constitutionnel dit de la liberté de religion s’opposant au droit constitutionnel de l’égalité) et a ainsi depuis autorisé le vote à visage couvert, demandant aux parlementaires de réviser la loi.

Philippe Levet


L’avortement toujours censuré
Lors du dernier festival de cinéma à Cannes, la palme d’or est revenue à un film roumain de Cristian Mungiu, Quatre mois, trois semaines et deux jours , dont le sujet est l’avortement clandestin d’une jeune fille sous le régime de Ceauscescu. Ce film a également reçu le prix de l’Education nationale, attribué par un jury présidé par Bernadette Lafont et composé de 6 enseignantEs et 2 étudiantEs.
Normalement, muni de ce prix, un film se voit édité en D.V.D avec un livret d’accompagnement pédagogique et diffusé auprès des lycées et des Centres régionaux de documentation pédagogique.
Or, dès la mi-mai, l’association anti-avortement "Choisir la vie" a déclaré que "c’était la culture de mort qui était récompensée à Cannes", que ce film était "une véritable propagande pro-avortement et un danger pour les enfants scolarisés et qu’elle émettait une opposition ferme à voir diffuser un tel film dans les établissements scolaires français ;"
Suite à cela, le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, s’est opposé à l’édition du D.V.D pédagogique, qualifiant ce film de "trop dur". Devant le tollé provoqué par sa décision, il s’est ensuite rallié à la décision de la Commission nationale de classification des œuvres cinématographiques. Celle-ci a finalement accordé au film un visa tous publics assorti d’un avertissement. L’édition du D.V.D se fera donc.
Selon la Société des réalisateurs de films (S.R.F), la réaction première de Xavier Darcos serait due aux pressions exercées par les associations anti-avortement.
Quoi qu’il en soit, même si le ministre est revenu sur sa position, son attitude permet à ces associations de s’en prévaloir. C’est d’autant plus grave que, même si le nombre d’avortements diminue en France, pour les jeunes filles entre 15 et 17 ans, il est en augmentation.
On est loin d’un ministre au service de la démocratie, de la laïcité, de l’art et de la santé publique.

Anne-Marie Pécastaings


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