Organisons partout la résistance sociale !

Face à ce pouvoir qui agresse, aucun dialogue social n’est possible !
mercredi 9 septembre 2009
par  Raymond Jousmet


Cet été, il n’y a pas eu la moindre vacance gouvernementale. En juillet et août, les Darcos/Châtel/Pécresse/Woerth… ont répondu aux millions de manifestantEs des 29 janvier et du 19 mars et aux étudiantEs, aux personnels des universités mobilisés pendant des mois : “décrets sur la mastérisation, loi sur « la mobilité » dans la fonction publique, retraite à 67 ans, travail le dimanche, fatalisme vis-à-vis des plans sociaux comme des milliers de suppressions de postes dans les services publics, répression partout, contre les militantEs, les désobéisseurEs, les jeunes, les sans papiers…”
La réponse est claire c’est le passage en force, pour aller jusqu’au bout de la logique de Sarkozy et faire payer aux travailleurs "la crise" du capitalisme.
Par contre il y a indéniablement vacance syndicale… et depuis bien avant les vacances…

Les occasions manquées, ça suffit !


Au cours de l’année écoulée, d’importantes mobilisations se sont développées, en particulier dans les lycées (en décembre) et à l’université, durant plus de 6 mois, à la Guadeloupe et à la Martinique et à l’occasion des journées interprofessionnelles du 29/1 et du 19/3. A travers les AG et les coordinations, au cours des mobilisations ont été mises en avant des revendications majeures : retrait de la réforme des lycées et de la formation des enseignantEs, abrogation de la LRU et des décrets qui en découlent…
Mais, pour l’essentiel, ces mobilisations se sont heurtées à des obstacles qu’il va nous falloir lever : refus des directions syndicales de reprendre à leur compte les revendications définies en AG et coordinations, poursuite de leur pseudo "dialogue social" avec Sarkozy, espacement de journées d’action par de longues semaines, ce qui a fini par venir à bout de la puissante mobilisation interprofessionnelle.

Dès la rentrée, résistons partout et rendons coup pour coup !

L’été a permis de mesurer combien la colère des travailleurEs est à la mesure des attaques du pouvoir ; et aussi de la politique d’accompagnement des directions syndicales.
La coordination des entreprises en lutte contre les restructurations a été décidée.
Il faut, partout où nous le pouvons, renforcer ces choix d’autonomie et de coordination des luttes. C’est touTEs ensemble, par la mobilisation interprofessionnelle, dans les entreprises, les services publics, les villes, qu’on peut en finir avec les licenciements, la précarité, les salaires indécents (300 d’augmentation pour touTes), les attaques contre les retraites (départ à taux plein à 60 ans, après 37,5 annuités)...
C’est par l’action dès la rentrée de toute la fonction publique, en lien avec l’interprofessionnel, qu’on peut espérer faire annuler les suppressions de postes, combattre la précarité et abroger la loi "mobilité", qui rend les fonctionnaires licenciables.
Dans l’Education nationale, Châtel tente bien, avec la grippe, de faire oublier qu’il est l’exécuteur des basses œuvres de Darcos. Mais dans tous les secteurs, on peut mesurer l’ampleur de la casse opérée par les contre réformes et l’urgence de reprendre les luttes pour bloquer leur mise en oeuvre et arracher leur retrait, en lien avec les luttes des autres services publics et notamment la poste le 22 septembre. Dans l’enseignement supérieur, la recherche, et la formation des maîtres, les personnels ont déjà annoncé leur détermination à continuer la mobilisation. Dans les lycées généraux et professionnels rien n’est réglé avec la réforme Darcos les bacs pro en 3 ans et le rapport Descoings qui est sur le fond aussi inacceptable que le rapport Apparu. Dans les collèges non plus, avec la mise en place du socle commun, le nouveau Brevet et les programmes incohérents. Dans le premier degré, l’Ecole publique est touchée au cœur, avec la casse des RASED et des maternelles, les EPEP, les nouveaux programmes et horaires, l’aide individualisée, les stages pendant les vacances…

Partout ce sont les mêmes méthodes pour mettre à bas le service public et les luttes des différents secteurs, de la maternelle à l’université, doivent, contrairement à ce qui s’est passé l’an dernier, converger en s’appuyant sur les plus mobilisés. Il ne faut oublier aucun des leviers utilisés par le pouvoir. Ni la précarité, avec l’exigence du réemploi de tous les non-titulaires et de leur titularisation sans conditions, du retrait de la mastérisation et de l’agence nationale du remplacement. Ni les atteintes à la laïcité et le soutien gouvernemental à l’enseignement clérical (accords Kouchner/Vatican, loi Carle sur l’obligation de financement du privé…).

Contre l’attentisme syndical : l’autonomie et le contrôle démocratique des luttes


L’agression du pouvoir est suffisamment engagée et cohérente pour menacer l’existence même du service public et des statuts des personnels. Le laisser aller plus avant serait irresponsable et ferait régresser de plusieurs dizaines d’années nos conditions de formation, de travail, de vie. Il y amoins d’efforts à accomplir et de risque à résister maintenant, qu’à devoir subir sur le long terme la contre révolution réactionnaire de Sarkozy. On peut ne pas gagner, mais en n’essayant même pas, on a perdu d’avance.
Une des conditions du succès c’est que l’ensemble des organisations syndicales jouent leur rôle de défense inconditionnelle et indépendante des intérêts des travailleurEs
_- en cessant de cautionner la politique gouvernementale dans un illusoire "dialogue social" et en quittant les réunions de pseudo concertation
_- en faisant le choix de l’unité intersyndicale qui ne soit pas fondée sur le moins disant revendicatif, le plus mou qui impose les revendications et les luttes les plus minimales possibles et l’ensemble des syndicats qui lui emboîtent le pas, "pour ne pas rompre l’unité"
_- en impulsant des luttes à la hauteur des enjeux, dans une dynamique de développement du rapport de force, ce qui suppose d’en finir avec les journées d’action sans lendemain.
_ En cette rentrée, les directions syndicales se bornent à soutenir de loin la grève contre la privatisation de la poste le 22 septembre et à nous renvoyer à une journée d’action bidon, le 7 octobre, un mercredi, dans le cadre d’une initiative de la confédération syndicale internationale, qui n’a de syndical que le nom. Elles se verraient bien repartir pour les rituelles grèves saute mouton, tous les mois et demi… Avec en plus cette année les élections régionales, qui risquent de renforcer l’attentisme et l’opportunisme syndical.
Plutôt que d’attendre les directions syndicales qui prennent leur temps pour organiser encore une année d’échec, forçons-les à rejoindre les luttes que nous prendrons en main, avec des appels à la grève et à se coordonner en’AG d’établissement, de ville, départementales…
Tenons-nous prêtEs à soutenir toutes les mobilisations qui surviendraient à la rentrée, en prenant en compte toutes les formes de résistances (désobéissance, grèves du zèle, souvent mises en place pour pallier l’absence de propositions syndicales crédibles) et en contribuant à les insérer dans le cadre collectif.
Réapproprions-nous les syndicats en nous syndiquant massivement, pour en faire des outils qui soient au service des luttes et de la résistance, en y défendant les principes ci-dessus, ainsi qu’une (ré)unification du syndicalisme fondée sur une véritable démocratie interne qui respecte en particulier le droit de tendance.
Construisons et renforçons des collectifs, réseaux et coordinations de luttes intersyndicaux, associant des non-syndiquéEs (comme les Cordinations nationales des Universités, de la Formation des EnseignantEs, les collectifs de non titulaires, réseau syndicaliste RP ou l’inter LP 44…)
Émancipation Tendance Intersyndicale, 16 juillet 2009 (Rians) -
Contact : er.emancipation@free.fr


Documents joints

édito septembre 09
édito septembre 09