Désobéissance civile et citoyenne contre la loi Carle !

jeudi 15 octobre 2009

50 ans après la loi Debré, les cléricaux en veulent encore plus, en démantelant l’école publique !

Aujourd’hui, entrons en résistance et préparons la contre offensive !

L’Assemblée nationale, aux ordres du libéralisme et de la hiérarchie catholique a voté la proposition de loi CARLE :
- qui pour la première fois reconnaît et institue la parité entre l’école publique laïque et l’entreprise privée d’enseignement ;
- qui va permettre aux municipalités réactionnaires de financer à guichet ouvert l’école privée, qu’elle se situe sur leur territoire ou sur celui d’à côté. C’est de fait, objectivement, la fin de l’obligation pour la commune d’entretenir son ou ses écoles publiques. La désertification de certains secteurs va se poursuivre : des élus préférant subventionner une école privée proche préfèreront voir fermer leur école publique plutôt que de continuer à l’entretenir ;
- qui va contraindre toutes les municipalités à verser un forfait de scolarité pour tout enfant ressortissant fréquentant une école privée hors commune de résidence.

Que l’on ne prétende pas que cette obligation serait encadrée : tout refus de financement est soumis à un droit de veto du préfet !

Les écoles privées recevaient déjà 530 millions d’euros des collectivités locales, cette somme va doubler et des villes commencent à recevoir des factures émanant d’écoles catholiques ou protestantes.

La loi Carle est un premier pas décisif vers le chèque éducation.

Christian Vanneste député UMP l’a, lui, clairement, proposé lors du débat : "L’excellente idée d’un chèque éducation pourrait rendre réelle une liberté aujourd’hui virtuelle".Quant aux bénéficiaires de cette manne, ils déclarent par la voix des responsables de l’enseignement catholique que cette loi est "un bon compromis politique à l’instant T". En clair, cette victoire historique de l’enseignement privé n’est qu’un acompte.

Le "Collectif de défense et de promotion de l’école publique de proximité", auquel adhèrent plusieurs associations dont ’Émancipation, n’a eu cesse cessé d’alerter les militants laïques et d’interpeller les parlementaires pour qu’ils ne votent pas cette loi scélérate.

Les sénateurs PS avaient osé voter en décembre 2008 cette proposition de loi, les députés socialistes ont eux combattu avec les autres députés de gauche ce texte... ce retournement positif est le fruit de l’action menée par le collectif. Beaucoup d’autres entrent dans la danse, ainsi la position claire du CNAL qui exige un rejet du texte, mais aussi le dépôt d’un recours au conseil constitutionnel si la loi était votée : "Le CNAL combattra la loi CARLE. En outre, Le CNAL est satisfait du recours en Conseil Constitutionnel engagé par les députés ayant voté contre cette loi, comme il le leur avait demandé. Il appelle les élus locaux concernés par la loi CARLE à ne pas payer et les citoyens comme les maires à multiplier les contentieux".

Voici là une déclaration d’intention énergique qui ne peut que réconforter les laïques dans leur envie de battre le pavé et de combattre cette politique de destruction de l’école publique menée par le gouvernement Sarkozy.

Que le recours soit déposé ou nom, il faut que les laïques s’apprêtent résolument avec les municipalités laïques à combattre la loi Carle et à refuser de l’appliquer.

La FSU, le SNES et le SNUIPP qui ont été en retrait par rapport à l’UNSA Éducation par exemple, doivent se ressaisir et engager le combat.

50 ans après la grande manifestation laïque de Vincennes, il est nécessaire et indispensable que le flambeau transmis par nos aînés ne soit pas éteint.

Jean-François Chalot


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édito n°2
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