Bientôt le centenaire de la revue "l’Ecole Emancipée"

mercredi 11 août 2010
par  QD, Administrateur

... avec en cadeau le scan de la première revue de ce nom !

L’ECOLE EMANCIPEE VA SOUFFLER SES 100 BOUGIES !

La centenaire a encore des forces renouvelées.

Depuis un siècle, elle combat inlassablement le capitalisme, la bureaucratie et le cléricalisme.
Internationaliste, féministe , l’Ecole Emancipée s’est engagée au côté des travailleurs pour leur émancipation .
Il y a un siècle exactement, une poignée d’instituteurs et d’institutrices syndicalistes préparait la sortie d’un bulletin syndical et pédagogique : l’Ecole Emancipée.
Cette revue existe encore de nos jours.
Elle a connu beaucoup de vicissitudes et subi la répression la plus féroce durant les périodes noires de l’histoire mais jamais n’a faibli ni failli.
Depuis 2002, elle a repris le nom de l’Emancipation, premier bulletin des syndicats d’instituteurs alors qu’une autre revue animée par des syndicalistes FSU a gardé le « label » : Ecole Emancipée.

Il n’y a ni local syndical, ni permanent.
Les hussards noirs de la République subissent le triple joug, celui de l’administration, celui des potentats locaux et de la hiérarchie catholique qui après la séparation des églises et de l’Etat n’avait pas désarmé loin de là.
Souvent les instituteurs adjoints logés sur place doivent demander une autorisation de sortie le soir au directeur.
L’Eglise, encore toute puissante continue à dénoncer l’école du diable et à poursuivre de sa haine l’école « sans dieu ».
Les Maires réactionnaires n’hésitent pas à demander le déplacement de tel enseignant.
Il n’est pas facile d’être instituteur et surtout de s’engager dans une réflexion et une action corporative et pédagogique.
En 1907, plusieurs centaines d’instituteurs syndicalistes ayant constitué la fédération nationale des syndicats des instituteurs annoncent publiquement leur rattachement à la CGT.
Les « républicains » au pouvoir ont tout de suite réagi : il n’était pas question que des fonctionnaires puissent rejoindre les bourses du travail.
Marius Nègre, secrétaire général de la fédération est révoqué par décision du Préfet de la Seine, malgré l’avis contraire émis par le Conseil départemental.
Georges Clémenceau qui est à la tête du gouvernement veut faire céder les instits et n’a cure des structures dites paritaires.
Les préfets doivent se montrer fermes...
Les syndicats ne désarment pas, ils décident de rémunérer Marius Nègre grâce à leurs cotisations et de lancer un appel à la profession.
Le Congrès d’Angers, tenu en 1910 décide de constituer une coopérative d’édition et de lancer dès la rentrée une revue pédagogique hebdomadaire.

Quelle témérité ! : sortir une revue corporative avec moins de 2000 adhérents, sans moyen.
Pour financer les premiers numéros, les dirigeants n’hésitent pas à vider leur caisse d’épargne personnelle...
« Instruisons-nous et armons-nous. Ce sera le but de cette revue. Ce sera aussi sa devise.... »
Il s’agit de se perfectionner dans sa profession, « c’est le premier devoir de l’ouvrier probe et consciencieux, du fonctionnaire soucieux de bien remplir les obligations qu’il a contractées, du citoyen désireux de contribuer de son mieux à la prospérité publique. »

Les instituteurs syndicalistes prennent position clairement sur la question du contenu de l’enseignemement :
Les objectifs visés sont clairs
« Montrer la chose avant le mot ; remonter du fait à la cause, aller de l’exemple à la règle, du simple au composé ; procéder par analyse et non par synthèse. Au point de vue enseignant, alléger les programmes, supprimer l’accessoire, les détails que l’enfant apprend de lui-même et sans effort, n’enseigner que ce qui est essentiel... »

En ce mois d’août 1910, les premiers articles de l’Ecole Emancipée sont écrits, l’équipe de militants et de militantes totalement bénévoles préparent la sortie pour la rentrée scolaire d’une revue sera dès son premier numéro un vecteur de formation professionnelle et un outil au service de l’action syndicale, sociale, éducative et laïque.
L’Ecole Emancipée, fidèle aux principes de lutte de classe et d’internationalisme sera suspendue par la censure militaire au cours de la guerre 1914-1918.
Elle mènera le combat pour la reprise des relations internationales, pour la cessation des hostilités et une paix juste immédiate.....
Si elle salue et soutient la révolution russe, elle s’opposera très tôt au stalinisme qui est pour elle la négation du socialisme....

Jean-François Chalot


Documents joints

la première revue Ecole Emancipée
la première revue Ecole Emancipée