La lutte contre la précarité en première ligne du combat contre le libéralisme

mercredi 15 septembre 2010

Nous publions ce dossier dans le n°1 de la Revue, comme outil pour les luttes de rentrée.

À destination des précaires d’abord, pour qui "rentrée" signifie "attente, chômage, affectation tardive dans les pires conditions, soumission à l’arbitraire, retard de paiement”…

Rappelons que ce mépris ne saurait être fatal : depuis qu’existent les statuts, les gouvernements ont maintenu une variable d’ajustement, les non titulaires… qui se sont régulièrement mobiliséEs, souvent avec succès, pour la garantie de réemploi et la titularisation (cf. les articles consacrés aux plans de résorption et aux luttes actuelles).

Mais ce dossier concerne aussi les titulaires attachéEs à la défense de leur statut et de leurs conditions de travail. Et aussi les directions syndicales qui, à défaut de se donner les moyens d’exiger la titularisation immédiate et sans conditions de concours ni de nationalité de touTEs les non titulaires et la fin du recrutement hors statut, quémandent d’illusoires plans de résorption et assistent impuissantes au remplacement progressif des titulaires par des précaires et à la privatisation !

Ainsi dans l’éducation, le ministère, tout à ses suppressions de postes, annonce, laconique "5 000 contractuels licenciés à la rentrée". Non compris dans ce chiffre, les contrats aidés qui ne sont pas licenciés, mais "non reconduits". Ni les stagiaires ajournéEs, ni les étudiantEs piégéEs par la casse de la formation professionnelle, acculéEs à vendre leur force de travail dans les établissements comme précaires à vie… Les responsables syndicaux n’ont pas réagi à cette annonce de licenciements, tentant plus tard de "prendre Sarkozy au mot" suite à ses promesses télévisées face à un contractuel.
Cette concession au "dialogue social" a pour résultat une généralisation du "CDI" (qui n’apporte aucune garantie des statuts et permet de les torpiller) et une "gestion améliorée des non titulaires" (en fait une obligation pour le gouvernement qui remplace les titulaires par un volant croissant de précaires). Plus les Commissions paritaires sont dessaisies, plus les commissions consultatives de non titulaires "gèrent" de personnels (souvent en formation disciplinaire, pour renforcer la souplesse de cette gestion).

Pour la lutte des retraites aussi il faut intégrer la question de la précarité : les non titulaires cotisent à l’IRCANTEC, une caisse des collectivités territoriales et hospitalières, sans en percevoir toujours les pensions. Cet axe intercatégoriel rejoint celui de la précarité dans la culture.

Dès la rentrée il faut veiller à associer les précaires aux mobilisations en les invitant aux AG sur leurs anciens lieux de travail et en les aidant à organiser des collectifs intersyndicaux de précaires.
Dossier coordonné par Olivier Vinay (Seine-Saint-Denis)

Au sommaire

60 ans de plans de titularisation/précarisation p. 9

La Culture laboratoire de la précarité p. 12

La Rochelle, une lutte dans un centre de loisirs p. 14

Guadeloupe, la longue lutte des contrats aidés p.16

Le Contrat unique d’insertion , nouvelle régression p.18


Documents joints

dossier précarité
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