Brèves féministes (octobre 2010)
par Rosine
(brèves féministes publiées dans la revue "L’Émancipation syndicale et pédagogique", n°2 d’octobre 2010)
Parce que c’est aussi une forme de haine…
Chronique des sexismes ordinaires
Novembre : femmes et féministes dans la rue
Avant la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre, le 6 sera aussi une occasion de se battre pour les droits des femmes. À l’initiative de plusieurs associations (A.N.C.I.C., C.A.D.A.C., Planning Familial), une mobilisation nationale et salutaire à Paris vient répondre aux attaques de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) et de la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST) Bachelot sur les centres IVG : regroupement des services, fermetures, tarification à l’activité dans une optique de rentabilité où les actes peu rentables (tels l’IVG) sont voués à disparaître. Une liberté fondamentale est en jeu ! Le collectif Rage de nuit propose le soir même d’en défendre une autre : celle de circuler de jour comme de nuit pour les femmes, sans être inquiétées. Une marche de nuit contre les violences patriarcales, pour ne plus se faire marcher dessus le jour et la nuit…
- Plus d’informations sur mobilisationavortementnov2010.over-blog.com
- Contact collectif Rage de nuit : anita.bomba@no-log.org
Liquidation des retraites, sexisme en promotion
Il y a de quoi s’étonner des atermoiements des UMP face à l’iniquité envers les femmes de leur réforme destructrice. Quoi ! Alors que tout leur est marchand et comptable, d’assassinats des acquis sociaux en épuisement des travailleurEs, tout à coup on se préoccuperait de la faiblesse d’une pension en moyenne de 40% inférieure à celle des hommes, et majoritairement sous le seuil de pauvreté ? Qu’on se rassure : si quelques réflexions animent le Sénat, c’est seulement sur l’accès à la retraite à taux plein à 65 ans de la minorité des mères de trois enfants ou plus… À se demander s’il ne s’agirait pas d’une mesure incitative nataliste. Car tant pis pour toutes les autres, bien plus nombreuses que leurs homologues masculins, qui devront peiner jusqu’à 67 ans, après avoir subi carrières discontinues, temps partiel ou tout simplement inégalités salariales. Pour les quarantenaires, à carrière, diplôme et expérience équivalents, les hommes gagnent 17 % de plus (Revue de l’OFCE, juillet 2010), et la pension dépend aussi du niveau de rémunération dans la carrière... Vos atermoiements sont donc légers, parlementaires UMP. Regardez donc plutôt en face la discrimination qui frappe les femmes au travail et que vous renforcez par vos “réformes”.
Ouvrons les portes !
Premier succès du collectif I“Ouvrons les portes !” suite à sa saisine de la Halde pour demander l’ouverture des internats aux filles (L’Émancipation syndicale et pédagogique n°5, janvier 2010) : depuis cette rentrée, les étudiantes disposent de 21 lits sur 135 à l’internat du lycée Henri IV de Paris. Ce n’est pas encore l’égalité, mais déjà la fin d’une tradition sexiste perpétuée malgré mai 68 - quatre autres internats de grands lycées parisiens doivent se convertir à la mixité en 2011. Et le partage d’un vrai avantage pour les études, avec la fin des longs transports, l’accès à de multiples services jusqu’à tard dans la soirée, et un coût de logement moindre. Une avancée qui rappelle que si la mixité n’efface pas l’ensemble des discriminations sexistes par sa seule existence, elle reste le premier pas pour leur abolition, en travaillant à garantir à chacunE une place dans l’espace commun.
Claire Demel

