Brèves féministes (septembre 2011)

mardi 6 septembre 2011

(brèves féministes publiées dans la revue "L’Émancipation syndicale et pédagogique", n°1 de septembre 2011)

Parce que c’est aussi une forme de haine…

À la plage

Même les féministes vont à la plage. Terrain miné pourtant ! Vous avez beau scruter autour de vous, pas un poil ne dépasse des corps féminins à la ronde. Les jambes sont lisses, les aisselles impeccables et cette zone que les instituts nomment pudiquement "maillot", strictement imberbe. Les hommes peuvent choisir d’être coquets avec leur pilosité. Droit dénié aux femmes, pour lesquelles cela relève encore, manifestement, du choix militant. Aller à la plage, ça se prépare. Ce n’est pas que tous les corps exposés prétendent au mannequinat… mais tout s’assume sauf les poils. Le pire ? C’est que ces messieurs prennent de bien mauvaises habitudes et oublient tous les efforts qu’il y a derrière ces épidermes parfaits. "Eh dis donc, elle a du poil sous les bras", s’écria donc peu gracieusement une voix masculine derrière moi tandis que je me recoiffais avant d’entrer dans l’eau. Je fus tentée de lui répondre "ben vous aussi ?!". Finalement, je suis juste allée nager. Quand on est dans l’eau, les lézards dorés allongés sur le sable vous fichent la paix.

A. V.


Violences conjugales : augmentation exponentielle

En deux ans, 663000 femmes ont été victimes de violences physiques ou sexuelles dans leur ménage en France. Une victime sur 10 seulement a appelé un numéro vert ou fait appel à une association. Et pourtant les appels de détresse ont augmenté de 50% entre 2009 et 2010. Les cas de violences commises par des femmes sont très rares. Par contre les violences subies par les femmes augmentent de façon exponentielle : violences psychologiques, harcèlements, violences sexuelles, viols conjugaux.
La police et la gendarmerie inspirent très peu de confiance aux victimes dans le dépôt des plaintes. Les violences touchent toutes les couches de la population. Elles sont à relier au machisme structurel à l’œuvre dans toute la société.

Pierre Stambul

Enfin, un manuel d’ "histoire mixte" !

Une initiative éditoriale qui arrive à point au moment où les responsables de l’enseignement catholique engagent la croisade et multiplient les pressions contre les nouveaux manuels de SVT de première qui font référence à la théorie des genres. "Pas d’histoire sans elles !" Cet outil qui propose une réponse pédagogique, scientifique - et militante - utilisable avec des classes dès cette rentrée, est de surcroît l’aboutissement d’un travail d’équipe. Prenant au mot le programme d’histoire de seconde qui “place clairement au cœur des problématiques les femmes et les hommes qui constituent les sociétés et y agissent. Le libre choix laissé entre plusieurs études doit permettre en particulier de montrer la place des femmes dans l’histoire des sociétés” (BOEN spécial du 29 avril 2010), les quatre universitaires coordonnatrices du projet ont en effet réuni une équipe d’auteurEs enseignantEs du secondaire et du supérieur, chercheurEs spécialiséEs, IA-IPR, qui ont accepté, comme elles, de travailler bénévolement au seul bénéfice de l’association Mnémosyne pour le développement de l’histoire des femmes et du genre. Leur souhait est "que la réception de cet ouvrage par nos collègues permette la poursuite de cette aventure intellectuelle, démocratique et pédagogique : compléments sur internet, mises à jour... en attendant des manuels-élèves de plus en plus mixtes !". La balle est désormais sur le terrain où, étudiantEs et enseignantEs, nous devons touTEs prendre le relais.

N.D.

  • La place des femmes dans l’histoire. Une histoire mixte.

Geneviève Dermenjian, Irène Jami, Annie Rouquier, Françoise Thébaud
Octobre 2010. 416 p. Belin Mnémosyne. Disponible sur commande à l’EDMP.