Un mois dans le monde

mardi 6 septembre 2011

Norvège

Anders Behring Breivik a exécuté avec préméditation environ 80 personnes, essentiellement des jeunes du parti du travail. Ce crime a été rendu possible par un discours dominant, celui de l’extrême droite scandinave. Le « parti du progrès » norvégien a obtenu 22,9% des voix aux élections de 2009. Il a axé toute sa campagne sur une solide haine des étrangers en général et des musulmans en particulier. Le délire de Breivik sur la société multiculturelle perçue comme le péril suprême de la Norvège vient du discours du « parti du progrès » dont Breivik a été membre. Dans tous les pays européens, ces discours racistes et antimusulmans ont permis aux partis populistes d’imposer un changement de la législation sur l’immigration et la nationalité.

Chili

La coalition socialiste - démocrate chrétienne qui a été au pouvoir pendant près de 20 ans ne s’est jamais attaquée aux privatisations et à la déréglementation imposées par Pinochet. Ainsi, au Chili, l’Education est privée et coûte très cher. Depuis trois mois, les étudiantEs chilienNEs manifestent régulièrement, en liaison avec le mouvement ouvrier, pour obtenir la gratuité de l’université. La police les charge avec la brutalité dont elle faisait preuve sous Pinochet. Et le président Pinera qui est un milliardaire explique tranquillement que l’Education est une marchandise comme une autre.

Somalie

Un peu d’arithmétique : pour sauver 15 millions de victimes de la famine en Afrique de l’Est, il suffirait fondamentalement d’empêcher la vente des terres à divers pays et de faire des travaux hydrauliques (retenues d’eau, canaux, puits) d’un prix dérisoire. Devant l’urgence, il faudrait 500 millions d’euros. La communauté internationale n’arrive pas à les trouver. La France a royalement donné 30 millions d’euros. Avec sa fortune personnelle, Madame Betancourt pourrait payer totalement près de 40 famines africaines et elle possède 600 fois ce que la France a donné. Toujours en Somalie, dans un pays ravagé, la piraterie est devenue un des rares moyens d’existence. Les armateurs chiffrent à 5 milliards de dollars le coût de cette piraterie. Là, les armées occidentales sont décidées à intervenir, quel que soit le coût.

Grande-Bretagne

Dans cette Europe où les capitalistes détruisent patiemment toutes les formes de solidarité ou de redistribution et où les principales victimes de cette politique délibérée d’exclusion sont les immigréEs et leurs descendantEs, les émeutes qui viennent de se dérouler vont devenir monnaie courante dans différents pays. La répression et le délire sécuritaire de la part du gouvernement britannique sont aussi annonciateurs d’une criminalisation généralisée des pauvres. La justice de classe britannique a entendu sans même lui donner une amende le milliardaire Rupert Murdoch, coupable d’avoir fait écouter des milliers de personnes. Elle a condamné à de lourdes peines de prison ferme des internautes qui appelaient à manifester après les émeutes de Tottenham. Et elle ne poursuit pas les policiers responsables du crime gratuit qui a mis le feu aux poudres.

Italie

Berlusconi a très nettement perdu trois référendums fondamentaux : sur son impunité, sur la privatisation de l’eau, sur le nucléaire. Il a perdu les municipalités de Milan et Naples malgré l’appui de la mafia. Mais il est toujours en place. Et la bourgeoisie italienne n’a pas de solution de rechange pour faire payer au peuple italien la dette de l’Etat et des banques.

Europe

Sur tout le continent, c’est la même logique qui essaie de s’imposer : « je spécule, tu paies ». Les banques qui ont reçu des milliards et les marchés financiers dictent leur loi. Cette politique est d’une violence extrême. Des locataires et des propriétaires jetés en masse dans la rue, des entreprises qui licencient, des systèmes de santé ou d’éducation démantelés, des privatisations massives. La riposte n’a pas encore franchi un pas obligatoire : s’approprier les moyens de production que le capitalisme liquide, résister aux expulsions en restant, reconstruire un syndicalisme international de lutte.

JMJ

L’Eglise espagnole qui a massivement collaboré avec le franquisme utilise toute son énergie contre les lois votées ces derniers temps en Espagne : divorce, avortement, mariage homosexuel. Dans un pays où un jeune sur deux est sans travail et sans avenir, elle fait débarquer le pape et des croyantEs venus prêcher la soumission. Cette fois-ci, les laïques ont riposté et ont manifesté, y compris en rappelant la passé nazi du pape.

Israël-Palestine

Les organisateurs de la flottille internationale venue briser le blocus de Gaza n’avaient pas imaginé que le Premier ministre grec Papandréou qui suit les ordres du FMI, obéirait servilement à Nétanyahou en bloquant cette flottille en Grèce. Le seul bateau (français) qui a pu arriver au large de Gaza a été arraisonné dans les eaux internationales, ses passagerEs arrêtéEs et expulséEs. Le 8 juillet, des centaines de militantEs avaient prévu d’arriver en Palestine. Le gouvernement israélien a donné des listes de passagers et les grandes compagnies aériennes européennes ont empêché l’embarquement de voyageurs/ses muniEs de billets avec l’appui des gouvernements occidentaux. Une centaine de militantEs arrivéEs à l’aéroport Ben Gourion ont connu centre de rétention et expulsion. Alors Israël tout puissant ? Dans l’establishment, des dirigeants comme Barak craignent un renforcement de l’isolement du pays et du boycott. La société Agrexco qui assure l’exportation des produits agricoles israéliens en Europe est en faillite et ne trouve pas de repreneur. Le vote par la Knesset d’une loi criminalisant toute forme de boycott des produits des colonies est un vote de peur. La candidature palestinienne à l’ONU doit être vue comme un élément du rapport de force. Une nette majorité de pays votera pour cette admission et les Etats-Unis pourraient payer cher le veto qu’ils s’apprêtent à déposer.

C’est dans ce contexte qu’est apparu le « mouvement des tentes » en Israël inspiré des « indignés » de divers pays. Cette révolte des classes moyennes fait apparaître un paradoxe. Le sionisme a créé un Etat juif. L’occupation, le colonialisme et l’apartheid étaient censés assurer la prospérité des Israéliens juifs. Mais l’ultralibéralisme a détruit les droits fondamentaux : logement, santé, éducation dans un pays qui consacre plus de 50% du budget à l’armée. Pour l’instant ces indignés n’ont pas rompu avec le sionisme, mais une radicalisation est possible : on a vu apparaître des drapeaux rouges et des tentes palestiniennes. La réponse de Nétanyahou est sans surprise : il annonce des constructions de logements à bas prix à Jérusalem et dans les territoires occupés. Et il relance les bombardements sur Gaza.

Pierre Stambul


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