Oser lutter, oser vaincre !

Édito de la revue n°2, octobre 2011
samedi 8 octobre 2011

Nul ne le conteste dans le monde syndical, et la propagande ministérielle habituelle ne trompe personne : ce 27 septembre, la grève de l’éducation a été une réussite.
Pourtant de nombreuses conditions étaient réunies pour en faire un échec. Par exemple le fait d’attendre la fin septembre alors que la grève à la rentrée était d’actualité ; ou encore séparer la grève de l’éducation de la journée d’action interprofessionnelle finalement annoncée pour le 11 octobre. Sans oublier l’orchestration d’une pseudo-convergence enseignement public/écoles privées par ceux-là même qui dénigrent à longueur de temps l’école publique…moyennant un lobbying impulsé par le Secrétariat général de l’enseignement catholique.

L’enseignement privé a d’ailleurs au passage bénéficié de nouveaux gestes gouvernementaux lors de la publication des annonces budgétaires concernant l’éducation. Enfin, le fait de chercher à instrumentaliser la grève du 27 dans un contexte d’élections professionnelles - y compris par certaines directions syndicales “de lutte” - ne favorisait pas une dynamique de lutte.

Cette grève importante, malheureusement pour l’instant sans prolongement national, a pris donc une tournure inattendue pour beaucoup. Elle manifeste une disponibilité pour la lutte, pour peu que le dispositif d’action apporte des perspectives. Elle est à relier aux nombreuses mobilisations éparses ayant eu lieu dès la rentrée dans les écoles, les collèges et lycées, dans les services de vies scolaires… qu’elles soient le fait des parents et/ou des personnels. Y compris des manifestations lycéennes sporadiques ont commencé.

Un tel constat pose avec encore plus d’acuité les urgences revendicatives : combattre les régressions en cours, de la maternelle à l’université. La victoire symbolique du “désobéisseur” Bastien Cazals face aux sanctions décidées à son égard, la contestation croissante contre “Base-Élèves”, en constituent des exemples. Ce combat s’articule avec un autre, qui lui est étroitement lié : agir contre les suppressions de postes qui viennent d’être annoncées, et alors que la discussion budgétaire va s’ouvrir. Car elles programment leur lot habituel de précarité et de licenciements de non-titulaires, de suppressions de dispositifs d’aide, de démantèlement de l’éducation prioritaire…

Or, aujourd’hui, l’intersyndicale nationale, celle qui a mené les salarié-e-s à l’échec au printemps 2009 et à l’automne 2010, nous propose un 11 octobre qui ne convient ni sur la forme ni sur le fond. Sur la forme : une poussière d’actions dispersées et aux modalités variées selon les endroits, alors que c’est la grève interprofessionnelle, la centralisation des luttes contre cette politique, qui est d’actualité. Sur le fond : une absence d’accord (aucun texte commun n’est sorti de leur dernière réunion) face à la politique de Sarkozy, certains proposant ouvertement de l’accompagner de manière plus ou moins sociale.

Il revient donc au mouvement ouvrier de fournir ses propres réponses à la crise du capitalisme, en rupture avec celles des classes dominantes. Pour cela nous savons que l’auto-organisation des luttes est indispensable, tout comme leur centralisation car il ne s’agit pas de s’en remettre à une hypothétique alternance ou de se focaliser sur les élections professionnelles. Rassembler dans la grève les salarié-e-s, notamment ceux et celles des services publics au moment où le gouvernement va tenter de faire passer un budget destructeur… telle est la tâche de l’heure.

Quentin Dauphiné, 1er octobre 2011


Documents joints

édito revue n°2 octobre 2011
édito revue n°2 octobre 2011