Brèves féministes (octobre 2011)

mardi 11 octobre 2011
par  Rosine

(brèves féministes publiées dans la revue "L’Émancipation syndicale et pédagogique", n°2 d’octobre 2011)

Parce que c’est aussi une forme de haine…

La Guadeloupe bien décidée à rester en tête du nombre d’IVG chez les mineures !

En effet, d’après une enquête menée par les jeunes du journal Rebelle (lancé à l’initiative de militantEs et de sympathisantEs de Combat Ouvrier ), trouver une pharmacie qui délivre gratuitement la pilule du lendemain aux mineures est un vrai défi !
Les pharmacies prétendent qu’elles ne sont pas "obligées de le faire" ou encore que "c’est souvent comme ça dans les DOM".
Par ailleurs, d’autres jeunes témoignent de leur difficulté à l’obtenir dans leur lycée ou leur collège… Le poids de la religion catholique, des archaïsmes sociaux et l’autoritarisme-pour ne pas dire le sexisme- de certains chefs d’établissements n’y sont pas pour rien ! Ce n’est donc pas demain que la Guadeloupe abandonnera son triste record concernant les avortements des mineures.

Rien n’est anodin en matière de sexisme !

CertainEs pourraient trouver dérisoire la campagne lancée par Osez le féminisme et Les Chiennes de Garde (1), mais l’appellation civile des femmes est particulièrement discriminatoire et stigmatisante. Les appeler "mademoiselle" lorsqu’elles ne sont pas mariées revient à les mettre à l’index : comment, elles ne sont ni mères ni épouses ? Elles n’ont donc aucune légitimité sociale ! Pourtant, il ne viendrait à personne l’idée d’appliquer la même mesure aux hommes : voilà des lustres que "damoiseau" a disparu de notre vocabulaire…
Ces réminiscences des siècles réactionnaires où les femmes n’existaient qu’à travers leurs maris ont disparu de nombreux pays, dont le Danemark, les États-Unis, l’Allemagne et le Canada…
Malgré de nombreux textes allant dans le même sens, la France n’a toujours pas franchi le pas. À quand, donc, notre (r)évolution mentale ?

Eliane Paul-Di Vincenzo

(1) vous pouvez participer à leur campagne sur le site : www.madameoumadame.fr

Le combat des femmes : arracher nos droits et les vivre

Du 26 au 30 septembre 2011, en région lyonnaise, une semaine de rencontres autour du thème Femmes en Révolution . Le mardi 27 septembre (1), à la tribune, quatre militantes : une Syrienne, une Marocaine, une Égyptienne, une Algérienne. Chacune fait un bref tableau des mobilisations sociales, des acteurs, de leur rôle…

Dans la salle deux intervenantes leur reprochent "de ne pas avoir assez parlé des femmes" ; de ne pas avoir des "revendications" assez "spécifiques aux femmes". Réponse de la militante marocaine : "Vous nous demandez pourquoi les femmes ne revendiquent pas le droit de baiser ou non, de fumer ou non. Il faut le faire, le prendre. Il faut arracher ces droits et les vivre". Et de préciser un peu plus tard : "Les femmes sont très présentes dans la rue, dans les manifs, dans les AG, dans tous les combats grands et petits". Et d’expliquer les combats menés par les femmes dans des régions reculées : "On vient leur proposer des microcrédits : « vous avez une poule, on vous accorde un crédit pour en acheter une autre. Vous doublerez ainsi votre capital »… Et bien sûr au bout de quelques temps, impossible de rembourser, la femme perd ses poules… et son bout de terrain. Les femmes se sont alors organisées contre ces arnaques. Le résultat de ce combat, c’est la découverte par ces femmes du système d’exploitation et l’importante progression de leur conscience sur des questions économiques et politiques…"

Hélène Bertrand

(1) débat sur " Les mobilisations sociales contre la mondialisation libérale " http://femmes-
en-revolution.blogspot.com/