Un mois dans le monde

mardi 11 octobre 2011

États-Unis

À quoi servent les commémorations ? À comprendre et à analyser pour que l’inacceptable ne se reproduise plus. Qu’a fait Obama pour le 10e anniversaire du 11 septembre ? Il a invité Bush et ce dernier a tranquillement justifié les invasions américaines de l’Afghanistan et de l’Irak qui ont détruit ces pays et provoqué des centaines de milliers de morts. Dans la foulée, Obama a annihilé les effets de son discours du Caire en annonçant son veto face à la candidature palestinienne à l’ONU. Veto d’autant moins « justifiable » que Mahmoud Abbas a régulièrement accepté tous les oukases américains qui le poussaient un peu plus vers la capitulation. Obama est persuadé que sa réélection (qui est son seul but) passe par la reprise du programme des républicains. Son silence face à l’exécution de Troy Davis (alors qu’il pouvait l’empêcher) est un scandale absolu. Sur le terrain social aussi, il a abandonné ses vagues velléités de réforme. Il y a désormais officiellement 46 millions de pauvres aux Etats-Unis (beaucoup plus en réalité) soit 15% de la population.

Espagne

À quoi sert la social-démocratie ? À faire accepter les mesures inacceptables que la bourgeoisie a du mal à imposer. Dans un pays où plus d’un jeune sur deux est au chômage et où des familles se font régulièrement expulser de leurs logements, le parti « socialiste ouvrier » espagnol est sûr de perdre les prochaines élections face à la droite cléricale néo-franquiste. Et que fait-il face à cette perspective ? Il vote avec cette droite l’inscription dans la constitution de la fameuse « règle d’or », l’interdiction des déficits et donc l’impossibilité pour tout gouvernement non révolutionnaire d’échapper à la dictature des marchés et du FMI.

Frontex

Même ruinée, la Grèce fait toujours le sale boulot pour lequel l’Europe l’a mandatée. Dans le cadre de Frontex, l’agence européenne chargée de la surveillance des frontières, des milliers de migrantEs sont enferméEs en Grèce dans des centres surpeuplés et dans des conditions particulièrement inhumaines et dégradantes. Le dernier rapport de Human Rights Watch est accablant. La Grèce et l’Union Européenne se renvoient la responsabilité de cette situation.

Syrie

La révolte populaire commencée il y a plusieurs mois subit une répression féroce. Malgré plusieurs milliers de mortEs, l’opposition se structure et s’unifie. Elle a rejeté les propositions d’aide indécentes de Bernard-Henri Lévy. Pour l’instant, il manque à cette opposition un soutien international clair. Il y a plusieurs explications à ces hésitations : la peur d’un chaos comme l’Irak l’a connu ou des considérations géostratégiques avec le rôle que le régime syrien joue au Liban. Les choses deviennent de plus en plus claires. Les multinationales soutiennent clairement le régime meurtrier de Bachar El Assad. En Palestine, il y a eu des manifestations avec le slogan « pas en notre nom » concernant le régime syrien. Et l’armée syrienne a bombardé à l’arme lourde le camp de réfugiéEs palestinienNEs de Lattaquié.

Libye

Ça pourrait s’appeler « prend l’oseille et tire-toi ». L’intervention impérialiste a abattu le régime sanguinaire de Kadhafi dont les partisans ne contrôlent plus, à l’heure où ces lignes sont écrites, que quelques villes. Amnesty International dénonce des crimes de guerre commis par les deux camps. Immédiatement le CNT (Conseil national de transition) a confirmé les accords pour enfermer les immigrés africains et les empêcher de partir vers l’Europe et il a permis à Total de reprendre au plus vite l’exploitation du pétrole. Sarkozy et Cameron se sont montrés à Tripoli (avec BHL dans leurs bagages) sans même masquer qu’il serait « normal » que leurs pays profitent de la reconstruction de la Libye. Un petit gag que nos camarades du mensuel CQFD n’ont pas loupé : parmi les djihadistes que Kadhafi avait livrés à la CIA, il y avait un certain Abdelhakim Belhaj, vétéran de toutes les guerres contre les infidèles. Il dirige aujourd’hui l’armée qui a pris Tripoli. Pour la population libyenne et en particulier pour les femmes, tout reste à faire car le CNT, c’est un conglomérat de tendances intégristes, patriarcales et tribales, le dénominateur commun étant la soumission à l’Occident.

Égypte

L’armée voudrait normaliser le pays pour ne prendre aucun risque quand auront lieu les prochaines élections. Quand l’armée israélienne a affirmé, sans preuve et contre toute vraisemblance, que les auteurs de l’attentat d’Eilat étaient venus de Gaza via l’Égypte, elle n’a pas hésité à pénétrer en Égypte et à tuer 5 militaires. Face à l’absence de véritable protestation, le peuple égyptien a pallié les carences du gouvernement. Des manifestantEs ont pris d’assaut l’ambassade israélienne du Caire, forçant l’ambassadeur à s’enfuir. La cause palestinienne est immensément populaire en Egypte et, faute de paix, les accords signés il y a plus de 30 ans par Begin et Sadate pourraient être remis en cause.

Israël/Palestine

Les Bédouins du Néguev, qui sont théoriquement citoyens israéliens, vivent une véritable situation d’apartheid. Une centaine de milliers d’entre eux vivent dans 36 villages non reconnus régulièrement détruits. Le rapport Goldberg de la Knesset propose d’acquérir la moitié de la terre bédouine et d’envoyer ses habitants dans des bidonvilles.
Succès de la campagne internationale BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions), la compagnie Agrexco chargée d’exporter les produits agricoles vers l’Europe, via le port de Sète, a définitivement fait faillite.
Face à la candidature palestinienne à l’ONU, le gouvernement israélien a armé les colons et ceux-ci se sont livrés à un certain nombre d’exactions. Il y a des fractures dans l’establishment sioniste sur la stratégie à suivre face à l’initiative de Mahmoud Abbas.
Que faut-il penser de cette candidature ? Ce n’est pas la « mère de toutes les batailles ». Rien ne remplacera la nécessaire fin de l’impunité de l’occupant et le boycott. Ce n’est pas par hasard qu’Israël, même avec un gouvernement de type OAS, est soutenue diplomatiquement à bout de bras par les dirigeants occidentaux et le secrétaire de l’ONU. Cette candidature, comme la flottille, comme l’opération « bienvenue en Palestine », comme toutes les luttes en Palestine ou les manifestations de solidarité, doit être vue comme un élément d’un rapport de force qui pourrait changer. En Palestine, il n’y a pas unanimité. CertainsE rappellent le précédent des accords d’Oslo. D’autres craignent la disparition de l’OLP ou une fragmentation de la Palestine qui sacrifierait le droit au retour des refugiés ou la situation des PalestinienNes d’Israël.

Pierre Stambul


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