Brèves féministes (novembre 2011)

jeudi 10 novembre 2011
par  Rosine

(brèves féministes publiées dans la revue "L’Émancipation syndicale et pédagogique", n°3 de novembre 2011)

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Menaces idéologiques rétrogrades sur les centres IVG, le retour

Cela ne se déroule pas dans l’Amérique “profonde” avec l’intervention des chrétiens évangélistes, ou des activistes Pro-life, mais aujourd’hui, à Paris, dans le XXe arrondissement, devant l’Hôpital Tenon. Déjà, depuis 15 mois, il avait fallu se mobiliser pour la réouverture du centre IVG, voué à disparaître pour cause de restructuration des services de santé, et d’âpreté budgétaire. Cette bataille gagnée, voilà que des petits groupes religieux s’installent à la porte de l’hôpital, brandissant leur croix en signe d’hostilité.

Le 17 septembre dernier, c’est un groupe intégriste SOS-tout-petits qui manifestait avec des chants religieux et des prières de rue, sous la protection de la police, bafouant ainsi la laïcité, à moins que celle-ci ne soit désormais comprise de manière variable… selon les populations et les religions concernées !

Leur retour étant annoncé le samedi 15 octobre, cette fois, le collectif unitaire (regroupant associations, féministes, syndicats, et partis de gauche) réussit à renverser le rapport de forces, avec un rassemblement massif, tonique, et joyeux. Face aux groupes rétrogrades qui s’en prennent à nos droits, nous avons affirmé ainsi notre refus de tout ordre moral, qui voudrait peser sur nos choix.

Michèle Potdevin

Mademoiselle, la case abusive

En pleine campagne d’ Osez le féminisme et des Chiennes de Garde pour la suppression de la civilité "Mademoiselle" des formulaires administratifs, des camarades du secteur Femmes de la FSU se sont émues en découvrant les listes officielles de candidatEs aux élections professionnelles d’apprendre que le ministère avait “imposé” en juillet aux syndicats du Ministère de l’Éducation Nationale (MEN), qui avaient tous obtempéré, de préciser devant les noms des femmes la “civilité” madame ou mademoiselle, ce qui était juridiquement parfaitement abusif. Les candidats masculins restant tous indistinctement monsieur.

Rappelons qu’en France, cette distinction qui relève de l’usage (sexiste) n’a pas de fondement juridique et n’est codifiée par aucun texte : “ Aucune réglementation - fût-ce pour l’établissement des documents officiels (...) - n’impose un choix entre les deux ”, René Pleven 1972. En 1983, Yvette Roudy, dans une réponse au Sénat, précisait : “ il s’ensuit pratiquement que personne - organisme ou individu - ne peut imposer à une femme la mention madame ou mademoiselle. Il incombe aux intéressées de choisir la désignation qu’elles préfèrent ”.

Dans les académies où des listes avaient déposées sur la base de la civilité choisie - en toute légalité - par les candidates (1), les Rectorats ont imposé abusivement, sous la menace de refus d’enregistrement, la modification des civilités sur la base des données officielles enregistrées dans les bases de données du rectorat.

Alors que les droits des citoyenNEs sont partout remis en cause par des politiques réactionnaires qui voudraient les faire disparaître, le respect des droits des femmes doit être défendu avec autant d’opiniâtreté que les autres. Ce n’est pas une bataille “secondaire” de petites bourgeoises. Les femmes doivent exiger, avec l’appui de toutes les instances syndicales, la mise en conformité juridique des textes et des pratiques dans les différents organismes publics et donc la suppression par le MEN de cette distinction juridique abusive les concernant.

Nicole Desautels

(1) La circulaire organisant les élections ( BO spécial 25/08/11) rendait obligatoire l’indication de la civilité Mme/Melle sur les listes de candidatEs, mais pas sur les fiches de candidatures.