Brèves féministes (décembre 2011)
par Rosine
(brèves féministes publiées dans la revue "L’Émancipation syndicale et pédagogique", n°4 de décembre 2011)
Parce que c’est aussi une forme de haine…
Les femmes journalistes, à la maison !
Une journaliste de France 3, chargée par sa rédaction de suivre les événements en Égypte, a été frappée violemment et victime d’une agression sexuelle sur la place Tahrir. Pourquoi était-elle là ? Mais pour exercer son métier, tout simplement !
On ne peut que s’indigner - et comme femme et comme citoyenNe - de voir une organisation internationale de défense de la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF), qui dénonce dans ses rapports les pressions et les violences exercées un peu partout dans le monde contre les journalistes dans l’exercice de leur métier, écrire dans un communiqué : "C’est au moins la troisième fois qu’une femme reporter est agressée sexuellement depuis le début de la révolution égyptienne. Les rédactions doivent en tenir compte et cesser momentanément d’envoyer des femmes journalistes en reportage en Égypte . C’est malheureux d’en arriver là, mais face à la violence de ces agressions, il n’existe pas d’autre solution."
Refrain universel et bien connu de toutes les femmes victimes de violences : mais qu’allaient-elles faire là enfin ? Et d’abord si elles ont été agressées et violées elles l’avaient bien cherché ! Et de les renvoyer à leur culpabilité existentielle avec le verdict habituel : rester à la maison, abandonner les espaces publics aux hommes, circuler vêtues "de manière décente" et "non provocante" (?), tout cela selon des contraintes plus ou moins lourdes selon les pays, les codes moraux ou religieux, les milieux sociaux…
Depuis, devant les réactions provoquéesdans le milieu de la presse et dans l’opinion, RSF dans un nouveau communiqué a cherché à atténuer son propos en renvoyant la responsabilité du choix aux rédactions ’ou plutôt, car RSF le sait très bien, aux " directions de l’information"dont on connaît la propension à flatter l’opinion et la sensibilité aux pressions politiques majoritaires : "les rédactions doivent se poser la question lorqu’elles envoient des équipes sur place et prendre des mesures de protection particulières").
L’intéressée elle-même a répondu dans l’intervalle que si elle était partie ce n’était que pour mieux revenir car ce qu’elle avait vécu “ne changera pas (s)a manière de travailler”.
À suivre donc : les équipes de presse vont-elles se masculiniser avec interdiction des terrains décrétés "sensibles" aux femmes et retour aux journalistes baroudeurs de l’époque héroïque, ou gardes du corps accompagnateurs pour les femmes ?
Nicole Desautels
Droit à l’IVG, le combat continue
Alors que la bataille continue à Paris autour de l’hôpital Tenon (1) avec une manifestation des pro-IVG en défense du centre IVG, face à celle prévue des anti-IVG SOS Tout-Petits, interdite, le 19 novembre dernier, et que la pression ne se relâche pas de ce côté (prière publique des mêmes à Lille ce même jour), la politique gouvernementale de démembrement de centres IVG continue de menacer le droit à l’avortement. Face à cela, le Planning familial, l’Association nationale des centres d’IVG et de contraception (Ancic) et la Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception (Cadac) poursuivent la lutte, réclamant dans un manifeste commun le développement des centres autonomes dans le cadre d’une médecine de proximité (2). Le recul du droit à l’IVG a aussi motivé un appel de la MGEN et de la LMDE (3), inquiètes également du recul du droit à la contraception.
Claire Demel
(1) voir la Chronique de notre dernier numéro.
(2) Le manifeste : http://www.centre-hubertine-auclert...
(3) Pour signer l’appel : http://www.mgenrm.net/sante-droits-...

