Un mois dans le monde

mercredi 14 décembre 2011

Les banquiers au pouvoir

Il y a consensus chez les dirigeants de la planète pour « socialiser » les pertes colossales des banques. En 2008, les 800 milliards offerts aux banques avaient permis à celles-ci de recommencer à jouer au monopoly et aux traders de gagner à nouveau des sommes indécentes.

Les dirigeants capitalistes ont aggravé leur pillage. Ils jettent à la rue des centaines de milliers de sans emplois qui ne peuvent plus payer les traites. Ils baissent de façon drastique les salaires, déréglementent le travail, ne reconnaissent plus les conventions collectives et détruisent la protection sociale. Les droits à l’éducation, au logement, à la santé sont niés. L’éducation et la santé sont privatisées, le logement abandonné.
Du coup, les politiciens les plus serviles ne suffisent plus. Exit Berlusconi qui aura résisté à tous les scandales mais pas au diktat des marchés. Exit Papandréou qui sera allé jusqu’à dépecer son pays et le vendre. Et qui aura vite abandonné son idée de référendum, des fois que les Grecs confirmeraient dans les urnes ce qu’ils disent tous les jours dans la rue.
Qui les remplace ? L’Europe de Merkel et Sarkozy a décidé de confier le pouvoir aux banquiers. L’Italie avait déjà obtenu que Mario Draghi accède à la tête de la BCE. Qu’ont de commun Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos ? Réponse : Goldman Sachs, la banque américaine qui a participé à toutes les spéculations contre les dettes souveraines et qui a été renflouée par Obama. Draghi a été vice-président de Goldman Sachs (Europe), Monti a été « conseiller international » de cette banque depuis 2005 et Papadémos a participé au trucage des comptes grecs.

La CES a félicité Merkel et Sarkozy pour leurs « pressions ». En Italie, le parti démocrate et la CGIL soutiennent le gouvernement Monti. En Grèce, les « socialistes » ont fait entrer au gouvernement le LAOS, parti d’extrême droite nostalgique des colonels, très impliqué dans la lutte contre les immigrés. Le centre de rétention situé sur l’Evros à la frontière turque est un des pires d’Europe. Les révoltes et les assassinats s’y multiplient.

Brésil

Lula avait promis de lutter contre la pauvreté. Il n’est jamais allé au-delà de quelques allocations soulageant un peu la misère. Plus de 50% de la population brésilienne est noire ou métisse avec une inégalité accrue dans le pays selon la couleur de la peau. Les grandes villes brésiliennes restent entourées de favelas. À défaut de faire la guerre à la pauvreté, l’armée brésilienne a une longue expérience héritée des différentes dictatures pour faire la guerre à son peuple. Elle a investi les favelas de Rocinha et Vidigal et elle les occupe toujours. Prétexte ? La lutte contre les gangs et la drogue. En fait, le pays a investi des sommes énormes pour la coupe du monde de football et les jeux olympiques. L’argent existe pour la répression et le sport de compétition. Pas pour les pauvres.

99% contre 1%

Le mouvement parti de Wall Street a débuté en septembre et a essaimé dans plus de 100 américaines jusqu’à Honolulu et sur les campus universitaires. Il s’inspire du printemps arabe et des indignés espagnols. Il pose la question de l’inégalité structurelle en système capitaliste. 99% de la population souffre de la cupidité des 1% restants. Les banques ont été sauvées avec l’argent public et elles font expulser les pauvres de leur maison. Ce mouvement renoue avec des formes de révolte qui avaient marqué les années 60. La police est intervenue avec violence pour évacuer par la force les manifestantEs. L’utilisation de lacrymos au poivre a fait scandale et a stimulé de nouveaux rassemblements.

Espagne

Le « triomphe » électoral des héritiers du franquisme doit être tempéré. Il y a eu 30% d’abstention, 9% de vote nul et une forte poussée d’Izquierda Unida (essentiellement l’ex PC) et des indépendantistes basques ou catalans. C’est surtout le PSOE qui, à force de faire le sale boulot de l’Europe libérale, a perdu sa base électorale. Avec le parti populaire, la situation va encore s’aggraver : chômage massif, expulsion de centaines de milliers de personnes de leurs logements, exode massif pour une jeunesse sans avenir.

Iran

On a eu la grande peur des « armes de destruction massive » de Saddam. C’était bidon, mais ça a fait des centaines de milliers de morts. On a maintenant une autre fable meurtrière : le danger nucléaire du grand méchant loup iranien. Qu’est-ce qui distingue Israël et l’Iran ? L’Iran aurait, peut-être dixit l’AIEA (dont le dirigeant Yukiya Amano obéit à Obama) la velléité de faire la bombe. Or, ils ont signé le traité de non-prolifération, donc ce n’est pas bien. Israël, c’est certain, possède 200 têtes nucléaires, mais n’a pas signé le traité, donc n’est pas en faute. On croit rêver. Tous les gouvernements israéliens depuis des années ont promis une attaque « préventive » contre l’Iran. L’opinion israélienne approuve ce projet dément. Les Etats-Unis qui s’y opposaient, ont changé d’avis, Obama est prêt à tout et il a obtenu de l’Arabie Saoudite l’ouverture de son espace aérien en cas d’attaque israélienne. Attention folie !! Une telle attaque qui n’est plus du domaine de la supputation mettrait le monde à feu et à sang. Il faut arrêter les docteurs Folamour.

Égypte

Les illusions sur l’armée égyptienne considérée par certainEs manifestantEs comme un recours contre Moubarak lors des premières manifestations sont tombées. Il est clair à présent que Moubarak ou Tantaoui, c’est le même régime pourri, corrompu et brutal (des dizaines de mortEs sur la place Tahrir avec des armes d’origine française et américaine, des tortures dans les prisons). La chute du régime militaire est à présent clairement exigée.

Palestine

Le succès diplomatique remporté avec l’admission de la Palestine à l’UNESCO était un piège. La diplomatie française qui a voté cette admission s’en est servi pour bloquer la candidature à l’ONU et Obama n’a pas eu ainsi à utiliser son droit de veto.
Celles ou ceux qui voulaient détourner l’attention sur l’urgence de sanctionner Israël doivent donc en revenir aux réalités. Le tribunal Russel sur la Palestine siégeant au Cap en Afrique du Sud, a conclu qu’incontestablement les pratiques israéliennes envers le peuple palestinien violent l’interdiction internationale de l’apartheid. Le droit international prône le boycott contre les pays pratiquant l’apartheid. La campagne internationale BDS doit donc se renforcer.

Pour l’instant, faute de sanctions, le gouvernement israélien poursuit sa fuite en avant criminelle : la voiture du consul français à Gaza a été mitraillée. Sa femme enceinte a perdu son bébé. Aucune protestation de Sarkozy, faut dire que ce consul avait le tort d’être d’origine palestinienne. Salah Hamouri, le franco-palestinien qui devait être libéré le 28 novembre, reste en prison. La France ne l’a jamais soutenu. Gaza est à nouveau bombardé et menacé de coupures d’eau et d’électricité. Cette punition collective vise à empêcher un accord de gouvernement entre Fatah et Hamas.

Dans le Néguev israélien, le projet d’installer 500000 nouveaux colons israéliens expliquent les nouvelles destructions de villages bédouins. Celui d’Al Araqib près de Beersheva a subi sa 36e destruction. Mais les habitants ont promis de revenir.

Pierre Stambul


Brèves

7 juillet - RELAXE POUR ELIE DOMOTA !

Message de soutien d’Émancipation à Élie Domota
Le syndicaliste guadeloupéen Élie Domota, (...)

14 février - Réunion publique - Jeudi 23 février à 19h - Alep : un tournant ?

Résistances populaires en Syrie et manœuvres internationales
Réunion publique avec :
Ziad (...)