Brèves féministes (janvier 2012)

jeudi 12 janvier 2012
par  Rosine

(brèves féministes publiées dans la revue "L’Émancipation syndicale et pédagogique", n°5 de janvier 2012)

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Violences, encore… toujours ?

Les multiples manifestations du mois de novembre contre les violences faites aux femmes prennent une tournure particulière cette année. Le meurtre de Marie Trintignant avait éveillé les consciences, mettant à jour qu’en France, 1 femme meurt en moyenne tous les 2 jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint. Il aura fallu « l’affaire DSK » pour que la prise de conscience médiatique ait lieu en ce qui concerne le viol, et génère de fortes réactions féministes, telle la constitution d’une « AG féministe », à l’initiative de la Marche mondiale des femmes, qui se réunit tous les 15 jours depuis le 5 septembre dernier pour décider des actions à mener contre l’impunité de DSK et de ses semblables (http://ag-feministe.tk/). L’indignation est là, profonde, pour que le silence ne soit plus jamais la règle, et c’est aussi pourquoi se tient à Paris ce 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, un rassemblement contre le viol. Dénoncer, c’est le premier pas que les pouvoirs publics ont la responsabilité d’épauler, comme au Pérou, où, en ce 25 novembre, le crime de "féminicide" est instauré pour les meurtres de femmes commis par un partenaire ou ex-partenaire, circonstance aggravante d’un homicide. Des lois qui ont le mérite de rendre visibles ces violences, leur gravité, et de les condamner en fixant les limites du droit, comme le vote favorable, ce 22 novembre, pour l’alignement vers le haut des délais de prescription applicables en cas de propos homophobes, sexistes ou handiphobes (mais non les injures transphobes) sur ceux en vigueur pour les propos racistes. Les violences sont multiples, meurtre, viol, injure, et c’est pourquoi des associations qui manifestaient le 5 novembre dernier réclamaient encore une loi-cadre contre les violences faites aux femmes, à l’instar de l’Espagne, qui touche à tous les aspects des violences, pour une réponse cohérente, car en la matière, la loi du 9 juillet 2010 est insuffisante. Mais des lois pour agir, pas juste pour compléter l’arsenal répressif, et avec, et surtout, des moyens. Des centres de ressources, des logements. Des observatoires, comme dans le 93, où l’Observatoire des violences envers les femmes du conseil général, unique en France, fête ses dix ans, et où l’application de la loi de juillet 2010 est effective, avec des ordonnances de protection des victimes, contrairement à d’autres départements. Pour que les femmes vivent dans un Etat de droit, pour mettre fin aux violences, combattre l’impunité ne peut aller de pair qu’avec un changement des mentalités qui passe par des campagnes d’information et de sensibilisation pérennes pour le grand public et une éducation non sexiste à l’école, ce qui, au passage, reviendrait moins cher à l’Etat que la prise en charge desdites violences.

Claire Demel

Internet et ses stéréotypes sexistes !

Quel beau site que celui de la Poste (www.laposte.net) ! Tout en bas de la page d’accueil, un beau bandeau présente différents « services » proposés par laposte.net. On peut y trouver une rubrique « femmes » qui se décline en : horoscope, mode, people, cuisine, décoration, beauté, maman. On voit là les rôles - ou centre d’intérêt – dévolus aux femmes par la Poste …

Philippe Levet