Un mois dans le monde

samedi 11 février 2012

Nigeria

Boko Haram qui a commis plusieurs attaques meurtrières contre la minorité chrétienne vivant dans le nord du Nigeria, est un groupe salafiste. Son succès vient essentiellement de la situation économique désastreuse d’un pays menacé de partition. La principale richesse du pays, le pétrole, est produite dans le delta du Niger (au Sud) où les multinationales ont provoqué une catastrophe écologique majeure alors que la population survit dans la misère.
Le 18 décembre, Christine Lagarde, en visite au Nigeria, a sommé le président Goodluck Jonathan de prendre des mesures d’austérité. Celui-ci a obtempéré. Il a supprimé les subventions au prix du pétrole dont le prix a doublé à la pompe. Les syndicats ont aussitôt déclenché une grève générale très suivie au nord comme au sud. L’armée a tiré sur les manifestants (plus de 20 morts). Le président a dû revenir sur une partie de l’augmentation des prix.

Hongrie

Il est connu qu’en période de crise, des dirigeants politiques « classiques » peuvent choisir le fascisme. La France a connu cela avec Pierre Laval. La dérive raciste et autoritaire de la Hongrie de Viktor Orban était prévisible. Elle a été largement facilitée par le gouvernement « socialiste » qui l’avait précédé en appliquant scrupuleusement les recettes du FMI : austérité, licenciements, privatisations. Orban est allié à un véritable parti fasciste, le Jobbik, qui est allé cherché ses références dans la Hongrie des années 1940 : sa haine est déversée quotidiennement contre les Roms et les Juifs.

Tunisie

Les Salafistes égyptiens disposent d’un parti qui a fait un carton aux élections et qui est subventionné par les pays du Golfe. En Tunisie, le courant salafiste n’a pas de parti et certains de ses militants sont probablement infiltrés dans le parti Ennhada. À l’occasion de la visite d’Ismaël Haniyeh, dirigeant du Hamas et Premier ministre à Gaza, les Salafistes ont manifesté à l’aéroport de Tunis avec des slogans clairement antisémites. Le parti Ennhada et Haniyeh ont condamné cette manifestation.

États-Unis

Les « primaires » dans le parti républicain sont absolument affligeantes. Le « choix » se fait entre un patron mormon milliardaire, un intégriste puritain obscurantiste (Gingrich) compromis dans un « scandale sexuel » et Santorum qui a bâti sa notoriété sur ses campagnes pour la peine de mort et contre l’avortement. En embuscade, il y a le Tea Party. Face à eux, Obama qui a accompagné la dérive droitière de la société américaine apparaît comme un « modéré » !

Génocides

Le Parlement français est-il bien placé pour exiger une reconnaissance du génocide arménien quand lui-même a voté en 2005 le « rôle positif de la colonisation française » ? On aurait préféré que le Parlement français réhabilite les « fusillés de 1917 ». Et qu’il admette enfin que le colonialisme français a commis des crimes contre l’humanité à Madagascar, au Cameroun, en Algérie …

Côté turc, l’évolution idéologique est pitoyable. La « justice » a décidé que l’assassin de Hrant Dink (un journaliste arménien d’Istanbul) avait agi seul, ce qui innocente son groupe d’extrême-droite. Les autorités sont incontestablement dans le négationnisme en ce qui concerne toute la période où on passe d’un empire ottoman multinational à une Turquie « moderne » ultranationaliste. Le négationnisme turc concerne toutes les minorités persécutées : arménienne, grecque mais surtout kurde.

Israël/Palestine

Le tribunal Russell réuni au Cap a conclu qu’incontestablement, l’Etat d’Israël pratique une politique d’apartheid vis-à-vis de la Palestine. C’est un jugement qui va considérablement renforcer partout dans le monde le BDS (boycott, désinvestissement, sanctions). Après la faillite d’Agrexco, ce sont les compagnies israéliennes Méhadrin et Keter qu’il faut abattre. En France, les militantEs qui sont poursuiviEs pour leurs actions de boycott sont désormais toutes relaxéEs (Perpignan, Pontoise, Mulhouse …).

La complicité de la France de Sarkozy avec l’Etat d’Israël ne se dément pas. En pleine période d’austérité, la France va acheter, pour 318 millions d’euros, des drones israéliens qui serviront à "surveiller" les banlieues.

En Israël, la confrontation entre "laïques" et "religieux" s’est réveillée. Les religieux qui représentent 20% de la population et vivent des subsides publics exigent dorénavant la ségrégation dans les autobus. Ce sont les mouvements féministes qui les affrontent, phénomène intéressant quand on sait que plusieurs militantes anticolonialistes israéliennes se sont radicalisées à partir de leur engagement pour les droits des femmes.

La classe politique israélienne est toujours aussi médiocre. Après l’emprisonnement de l’ancien président Katsav pour viol, ce sont l’ancien premier ministre Olmert et le général Yoav Galant (pressenti pour devenir général en chef) qui sont poursuivis pour corruption.
L’armée israélienne a arrêté et emprisonné le président du Parlement palestinien (membre du Hamas) et un autre député. Il y a désormais 25 membres du Parlement palestinien qui sont emprisonnés. Le gouvernement envisage de retirer à 70000 Palestiniens de Jérusalem Est leur statut de "résident" afin que les Israéliens deviennent majoritaires dans la partie annexée de la ville. Dans le Néguev, entre deux destructions de villages bédouins, la mosquée de Beersheva a été transformée en musée du judaïsme.

Depuis sa prison, Marwan Barghouti a déclaré que le "processus de paix" était définitivement mort et il a désapprouvé les négociations menées à Amman qui ne mènent nulle part. En Israël, l’ancien président de la Knesset, Avraham Burg, qui a rompu avec le sionisme, envisage désormais un Etat unique.

Pierre Stambul


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