Brèves féministes (mars 2012)

jeudi 8 mars 2012
par  Rosine

(brèves féministes publiées dans la revue "L’Émancipation syndicale et pédagogique", n°7 de mars 2012)

Parce que c’est aussi une forme de haine…

Pôle emploi proxénète ?

À quand des stages obligatoires de “formation qualifiante” aux emplois “féminins” dans le porno., animatrices de chat érotiques, téléphone rose et autres massages ? Dans un communiqué* la Coordination française de la Marche Mondiale des Femmes nous apprend que Pôle Emploi, service public de l’État, a diffusé récemment sur son site internet une offre de “Strip-teaseuse Topless” dans l’Hérault adressée également par courrier aux chômeuses du département. Pôle Emploi relaie par ailleurs des offres de “travail” de tous ces secteurs, très largement, voire exclusivement, proposées à des femmes…

Est-ce la mission du service public de proposer de tels emplois ?” et “à l’heure de l’offre raisonnable d’emploi, le Service public de l’emploi, et donc l’État, va-t-il obliger les femmes à commercialiser leur corps et leur sexe sous peine d’être radiées !!!” s’interroge la Marche Mondiale des Femmes qui appelle à exiger de Pôle Emploi le retrait de ces offres. De quoi s’inquiéter en effet après l’annonce du président candidat de l’imposition, après "quelques mois" de chômage, de suivi d’une "formation qualifiante" assortie de l’obligation d’accepter "la première offre d’emploi correspondant au métier" pour lequel on a été formé.

* MMF http://www.mmf-France.fr

information transmise par Michèle Potdevin

Consentement mutuel ?

S’il se trouve autour de vous plusieurs couples récemment mariés, ou sur le point de convoler, il y a fort à parier que dans plusieurs d’entre eux, le projet de noces émane soit des deux partenaires, soit de l’élément féminin du couple. Je connais pas mal de noces qui se sont décidées sur une envie impérieuse de la mariée seule, aucune sur celle du marié seul. J’en connais même plusieurs qui se sont conclues en dépit d’une aversion profonde du marié pour ce genre de cérémonie. “Pauvres hommes”, qui se feraient passer “la bague au doigt”, quand ce n’est pas “la corde au cou ” ? Qui se font “harceler” par leur tendre moitié en manque de robe de princesse et de voile virginal. Qui, en plus, en bons gentlemen qui se respectent, se doivent de proposer eux-mêmes d’organiser un événement auquel ils n’aspirent pas forcément, ou pas plus que ça, pour “faire plaisir” à leur douce mie.

C’est quand même drôle de constater comment, en parallèle, ces messieurs évitent soigneusement de se poser les bonnes questions. Pourquoi les femmes tiennent-elles plus souvent à se marier que les hommes ? Pourquoi est-ce pour beaucoup d’entre elles un événement aussi important, un horizon incontournable ? Serait-ce inscrit dans leurs gènes ? Existerait-t-il un repli du cerveau féminin dédié à ce besoin ? On peut oser une explication moins biologiquement déterminée. Pendant des siècles ce ne sont pas les femmes qui ont pris le mariage pour horizon incontournable. Ce sont les hommes qui l’ont imposé aux femmes. Le mariage était la seule perspective d’accomplissement personnel et social. Choisir son mari c’était en même temps choisir un tuteur (la femme mariée française était considérée comme mineure), un gestionnaire économique et financier (les femmes françaises n’ont pu disposer librement de leur salaire qu’en 1907), un mandataire (le droit de vote en France a été accordé aux femmes en 1944), etc. Tout cela est bien révolu, me direz-vous. Certes, mais il y a encore trois générations c’était la réalité pour 50% de la population française. Comment espérer que des mentalités qui ont valu pendant des siècles ne laissent pas un héritage plusieurs décennies après ? Comment espérer que du jour au lendemain les femmes fassent fi de tout ce qu’on a inculqué à leurs aïeules, de tous les stéréotypes engendrés par la littérature, de toutes les représentations qui ont encore cours aujourd’hui ?

Un peu de patience, messieurs ! Peut-être les femmes penseront-elles moins au mariage quand vous penserez davantage au repassage.

A.V