Brèves féministes (juin 2012)

mardi 19 juin 2012
par  Rosine

(brèves féministes publiées dans la revue "L’Émancipation syndicale et pédagogique", n°10 de juin 2012)

Parce que c’est aussi une forme de haine…

La flamme tricolore et le goupillon

À l’approche des élections, certaines fractions de l’Église retrouvent des vieux réflexes… et tracent des perspectives. L’évêque de Toulon -Fréjus entend éclairer les fidèles à propos des enjeux des élections : reprenant les déclarations de Benoît XVI, il précise qu’ "il n’est permis à personne de « soutenir par son vote » des programmes ou des lois qui contreviennent gravement à la dignité de la personne humaine créée à l’image de Dieu". Et que dans ce cadre il y a trois "principes non-négociables" :

"- la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle ;" (voilà pour l’avortement)

"- la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille - comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage - et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d’union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable ;" (voilà pour les unions homosexuelles)

"- la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants." (voilà pour l’école laïque)

Certes "L’Église n’a pas à donner des consignes de vote ni à se prononcer en faveur de tel ou tel candidat", mais elle se doit "d’éclairer les consciences sur ce qui porte gravement atteinte aux fondements éthiques et anthropologiques de la vie, de la famille et de l’éducation".

Tout le monde a constaté le rapprochement idéologique de l’UMP et du FN opéré par Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle. Il peut commander une alliance à plus ou moins long terme. Et visiblement, sur la base de la négation des droits des femmes, de l’homophobie et de la guerre contre la laïcité… un tel rapprochement peut recevoir une onction sacrée !

Quentin Dauphiné

Cannes 2012 : et la palme revient à …

un réalisateur homme, évidemment, puisque comme l’a relevé le collectif féministe La Barbe dans une pétition dénonçant une sélection 2012 exclusivement masculine, "les 22 films de la sélection officielle ont été réalisés, heureux hasard, par 22 hommes" ,"À Cannes, les femmes montrent leurs bobines, les hommes leurs films". Jane Campion reste en effet l’unique Palme d’or féminine, décernée en 1993 pour "La Leçon de Piano", en fait… une demi-palme puisque partagée avec un réalisateur homme, Chen Kaige !

À défaut de faire bouger les choses dans “l’usine à rêves” qui est aussi un marché du film florissant, la polémique aura suscité quelques perles révélatrices de ses gardienNEs, permanentEs ou occasionnelLEs. Ainsi ce superbe syllogisme du délégué général : “Je sélectionne des œuvres pour leurs qualités propres. Nous ne serons jamais d’accord pour sélectionner un film qui ne le mérite pas simplement parce qu’il est réalisé par une femme”. (Un : le festival ne sélectionne que des œuvres de qualité. Deux : les œuvres de femmes ne sont pas sélectionnées. Conclusion : les femmes ne font pas d’œuvres de qualité !). Ou cette formule de la “maîtresse de cérémonie“ : “il y a le côté comme ça conte de fée, le festival, la porte s’ouvre et on a une petite princesse qui sort.

Le mot de la fin à Jackie Buet, Directrice du Festival International de Films de Femmes de Créteil : “penser à une riposte par exemple en 2013, il faudrait peut-être faire à Créteil une réponse à Cannes à travers une section intitulée … Refusées à Cannes et pourtant…

Nicole


Brèves

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