Pour une "coordination de lutte internationale"

vendredi 7 septembre 2012

Ci-dessous le texte adopté lors de la Semaine d’Émancipation en juillet 2012, et concernant le syndicalisme international.

La crise du système capitaliste, commencée en 2007 aux États-Unis, se poursuit et touche tour à tour tous les pays du globe.

Dans cette situation, les capitalistes, pour défendre leurs profits et faire payer la crise aux travailleurs/ses, utilisent leurs armes habituelles : licenciements, fermetures d’entreprises, baisse des salaires, liquidation des acquis sociaux et des services publics, flexibilité et précarité, renflouement des banques et des profits à coups de milliards, dumping social… ils peuvent aller jusqu’à déstructurer des sociétés entières comme en Grèce.

Face à cette offensive généralisée, le salariat des différents pays, la jeunesse et parfois l’ensemble de la population s’engagent dans des luttes. Les mobilisations ont été particulièrement puissantes en Grèce, en Espagne contre les plans d’austérité, mais aussi en Tunisie, Égypte, etc… pour les droits démocratiques. La jeunesse et les femmes ont été particulièrement impliquées dans ces luttes. Y compris des combats décisifs, mais qui ont subi de sévères défaites, peuvent connaître de nouveaux développements en s’appuyant sur une remontée générale des mobilisations : il y a de fait une solidarité entre tous les peuples du monde.

Toujours dans l’optique de la recherche effrénée du profit, les entreprises capitalistes accentuent le pillage des matières premières et la destruction de la nature, quelles qu’en soient les conséquences pour les travailleuses et les travailleurs, pour les populations environnantes, et pour l’humanité à venir. Et cela se traduit aussi par de nouvelles et importantes mobilisations, par exemple contre les gaz de schiste, ou contre la destruction de sites -indispensables à la vie des populations locales - au profit de grands aménagements servant les besoins du capitalisme (exemple Cajamarca au Pérou).

Pour contrer ces résistances, les bourgeoisies mettent en œuvre les armes que leur offrent les appareils d’État :

  • répression ouverte, de la mise en cause du doit de manifester jusqu’à l’élimination physique.
  • mesures visant à entraver la liberté syndicale, le droit de manifester ou d’organiser des piquets de grève.
  • mesures visant à contrôler les organisations syndicales et leurs directions (par exemple par le financement des organisations). Quant la situation l’exige, les capitalistes mettent en oeuvre le "dialogue social" comme c’est le cas en France – et dans toute l’Union Européenne par les "pactes sociaux" aujourd’hui - pour intégrer les syndicats à l’Etat (allant jusqu’à vouloir "constitutionnaliser" le dialogue social).

De plus en plus largement, apparaît la nécessité de remettre en cause le système capitaliste lui-même, le fait qu’on ne peut plus obtenir de ce système de « bonnes réformes » et qu’il n’y a pas de solution tant qu’on préservera la propriété capitaliste des moyens de production. De plus en plus clairement se pose la nécessité de répondre à la question : qui possède le pouvoir dans cette société ? Ni la voie électorale ni les insurrections révolutionnaires (Égypte, Tunisie…) n’ont permis pour l’instant de trouver de réponse satisfaisante à cette question.

De ce fait le rôle des organisations syndicales est décisif pour l’ensemble du salariat. Mais en même temps la quasi-totalité des organisations syndicales sont aujourd’hui contrôlées par des bureaucraties qui ne contestent pas le système capitaliste et ont fait allégeance aux différents gouvernements. Néanmoins dans différents pays le combat pour des syndicats (et des tendances) de lutte de classe, privilégiant l’organisation des luttes et leur contrôle par la base, voulant rompre avec le capitalisme, commence à prendre réalité.
Mais ce combat pour un syndicalisme de rupture avec le capitalisme ne peut être mené de manière isolée, pays par pays. D’autant plus que les bureaucraties syndicales ont rejoint des organismes institutionnels qui n’ont aucune nature syndicale et dont la seule fonction est d’organiser le « dialogue social » au niveau supra-national pour co-gérer les régressions sociales : la CES et la CSI représentent des exemples d’une intégration totale aux institutions de la mondialisation capitaliste.

Le capitalisme est structuré à l’échelle internationale (FMI, Banque Mondiale, OMC, Union Européenne et Banque Centrale Européenne…) alors que le syndicalisme de lutte reste émietté.

Face à cette situation, il est nécessaires que des regroupements syndicaux de lutte (tendances syndicales, sections, fédérations ou confédérations…) coordonnent leurs réflexions et leurs actions à l’échelle internationale. C’est une nécessité dans le combat quotidien, c’est aussi une question de principe : pour Émancipation l’internationalisme doit constituer une réalité vivante.

C’est la raison pour laquelle elle a suivi avec intérêt la constitution d’une coordination internationale des luttes initiée par CSP-Conlutas (Brésil) et Solidaires (France). Une première réunion avait eu lieu du congrès de Solidaires au printemps 2011, une seconde réunion a eu lieu à Sao Paulo début mai 2012, qui a adopté un texte qu’Émancipation a décidé de co-signer.

Une nouvelle réunion internationale est prévue à Paris pour mars 2013, qui devrait être précédée par des campagnes internationales et une réunion des principales organisations de cette coordination.
Émancipation suivra attentivement les campagnes qui pourraient être impulsées et participera à la réunion prévue en mars 2013 :

  • elle mandatera des camarades pour y participer, et y faire connaître nos analyses ; elle réunira ses instances à cette fin.
  • pour Émancipation, l’enjeu est la mise en place d’un réseau regroupant les forces (de natures diverses) du syndicalisme de lutte, capables d’élaborations collectives et d’initiatives concrètes.
  • ses militantEs interviendront dans leurs syndicats pour faire connaître ce réseau et proposer qu’ils s’y impliquent.

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