Adieu Cousettes - Paroles de Lejaby

samedi 15 septembre 2012
par  QD, Administrateur

DE L’ATELIER D’ECRITURE AU LIVRE

« Adieu Cousettes
Paroles de Lejaby »
témoignages des employées de la société de lingerie Lejaby
à Bellegarde-sur-Valserine
juillet 2012
72 pages

ELLES NE SONT PAS DES KLEENEX !

L’Association Familiale Laïque du Bassin Bellegardien a participé activement à la sortie de ce livre de témoignages. L’idée est à la fois originale et à la fois dans le droit fil de la tradition d’éducation populaire.

Ce sont les ouvrières de Lejaby qui ont écrit elles-mêmes leur histoire sociale douloureuse dans le cadre de la tenue d’ateliers d’écriture animés par l’écrivaine Sylvie CALLET.

Ce livre très joliment agrémenté de photographies et très bien maquettén’est pas vendu.

Celles et ceux qui veulent disposer de ce document et apporter leur soutien afin d’aider l’association à mener ses actions en direction des familles Bellegardiennes peuvent le faire en adressant leurs dons à AFLBB 8 rue Joliot Curie 02100 Bellegarde.

Au début il s’agissait de marquer ma solidarité avec ces ouvrières de la lingerie Lejaby sacrifiées dans le cadre d’une délocalisation.

Dès la première ligne, j’ai été conquis, intéressé et passionné.

Les auteures et l’auteur,puisqu’un seul homme a participé à cette œuvre collective, expliquent, chacune à sa manière leur itinéraire, leurs attentes, le travail effectué....

On passe de l’embauche, à la formation sur le tas, puis à la production...Jusqu’à la chute de 2010, c’est à dire l’exécution.... des premiers plans de « licenciements.

Le lecteur sent l’amour du travail bien fait et la joie de ces filles d’être ensemble dans le cadre de la sortie de lingeries féminines de qualité et renommées pendant longtemps.

La tristesse et la colère sont bien présentes ici, et pour cause :« J’aimerais leur dire, à la société Lejaby : j’ai passé 36 ans de ma vie dans leur usine et tout d’un coup plus rien. Se retrouver à 53 ans à rechercher du travail, cela n’est pas facile »

Comme l’écrit l’une d’entre elles avec humour : il y avait des hauts et des bas....De l’espérance, de l’attachement à l’entreprise, à cette marque créée en 1930 et de l’espoir car« pendant 33 ans on a entendu dire que Lejaby allait fermer, on n’y croyait plus. » Le jour tant redouté est arrivé, elles ont résisté, combattu mais le couperet est là, impitoyable.

« Je voudrais dire aux dirigeants ainsi qu’à tous les patrons de boîtes que c’est une honte d’envoyer le travail à l’étranger.

Descendons dans la rue, arrêtons de nous faire balader, ne nous laissons plus manipuler par leurs belles paroles, surtout ne pas les laisser parler, le travail en France doit le rester, donnons- leur le Smic pendant une année pour voir s’ils peuvent vivre normalement car nous, nous survivons. »

Quel talent d’écriture, quelle belle présentation et quelle aventure sociale et humaine de ces femmes qui nous racontent aussi leur métier avec émotion !

N’hésitez pas à vous procurer ce livre, il ne vous quittera pas !

Jean-François Chalot