Droit d’asile et droit au séjour pour toutes les femmes victimes de violences

vendredi 21 septembre 2012
par  Rosine

La Campagne "Droit d’asile et droit aux séjour pour les femmes victimes de violences" est née face à la situation de trop nombreuses femmes étrangères victimes de violences soit en Europe soit dans leur pays d’origine et qui se retrouvent sans papiers, soit parce qu’on leur refuse le droit d’asile, soit parce qu’elles ont quitté un mari violent. Courant septembre, cette pétition va être proposée à signatures en ligne et un blog centralisera la campagne. D’ici-là on peut contacter le responsable par mail à campaign_right_to_stay@riseup.net ou cgt.addsea@gmail.com.

Elles ont fui des mariages forcés, l’excision pour leurs filles, des menaces de crimes d’honneur, la traite des êtres humains ou autres violences, dans des pays ou des régions où règnent des lois discriminatoires et misogynes, voir un véritable apartheid sexiste, ou des régions où aucune protection réelle n’est accordée aux femmes victimes de violences. Et pourtant, elles sont nombreuses, à n’avoir pas obtenu le droit d’asile en Europe et à vivre, sans papiers, sous la menace d’une expulsion.

Elles sont venues en Europe en croyant à des promesses d’amour, conjointe mariée de citoyens européens, pour découvrir rapidement les coups, la séquestration au domicile, parfois le viol conjugal et autres violences conjugales, physiques ou psychologiques. Fuyant les violences avant d’avoir obtenu une carte de séjour de longue durée, elles sont nombreuses aussi, à se retrouver sans papiers, sans droits, et sous la menace d’une expulsion, parfois dans un pays où on ne veut plus d’elle considérant que leur statut de femme divorcée ou séparée apporterait la "honte" sur leurs familles.

Pour obtenir le droit d’asile pour les premières ou le droit au séjour pour les secondes, les restrictions sur le droit d’asile, les réglementations de plus en plus dures contre l’immigration et la démagogie raciste et xénophobe à l’encontre des personnes immigrées, les obligent à multiplier les "preuves" des violences subies ou des menaces, comme si des documents administratifs mentionnaient des menaces de mariages forcés ou de crimes d’honneur, comme si les femmes étrangères mariées à des citoyens européens avaient subi les violences devant témoins...

Victimes à la fois des violences et de l’oppression sexistes et des législations xénophobes anti-immigrés des États européens, ces femmes sont soumises à une double violence inacceptable pour toute personne ayant un minimum d’humanité.

Aussi nous demandons tant aux différents chefs d’État, gouvernements et autres législateurs des pays européens qu’aux instances de l’Union Européenne, d’accorder un titre de séjour à toutes les femmes victimes de violences, que ces violences aient été subies dans le pays d’origine ou après leur arrivée en Europe.

Premiers signataires : Deeyah (chanteuse), Pascal Descamps (délégué syndical CGT à l’ADDSEA du Doubs), Comité International de Solidarité Ouvrière – Iran, campagne internationale contre les crimes d’honneur (ICAHK), Émancipation tendance intersyndicale…