Brèves féministes (septembre 2012)

vendredi 28 septembre 2012
par  Rosine

(brèves féministes publiées dans la revue "L’Émancipation syndicale et pédagogique", n°1 de septembre 2012)

Parce que c’est aussi une forme de haine…

La violence au quotidien

Les femmes subissent dans leur vie privée la violence sans possibilité de se mettre à l’abri parce qu’elles intègrent ce qu’elles vivent comme un aléa lié à "leur nature".

Il est du domaine de l’évidence qu’elles doivent accepter ce harcèlement comme faisant partie de leurs vécus. La publicité, l’image véhiculée des femmes sont autant de moteurs responsables de l’oppression subie contre laquelle elles ont du mal à lutter car les schémas sont difficiles à déconstruire : quand, dans les médias, leurs corps sont objets de convoitise, n’existent pas comme liés à leur identité mais juste comme supports publicitaires, ces dernières ont affaire à des présupposés contre lesquelles elles n’ont aucun pouvoir dissuasif.
Comment être présentes en tant que personnes pleines et entières quand le sexisme quotidien est aussi important ? Elles sont renvoyées à leurs rôles de binômes, mères potentielles, objets de séduction et considérées comme des viragos à chaque fois qu’elles dénoncent les "stigmates" dont on les affuble.

Quand une femme parle du harcèlement qu’elle subit auprès de son entourage, on considère qu’elle est dans le domaine de l’exagération, d’une vision faussée, d’une réalité orientée par ses idées politiques et dénuée d’objectivité.

En discutant avec des femmes traumatisées par un vécu qu’elles ne peuvent pas dénoncer parce que non reconnu, se pose la question de comment faire avancer les idées et libérer leurs paroles pour que de victimes subissant une violence, elles deviennent des témoins et des sujets à part entière.

La psychothérapie, méthode de soins utilisée en période de crise, montre ses limites quand la patiente se heurte à des idées préconçues qui ont encore pignon sur rue, à savoir sa docilité liée à un tempérament soit-disant féminin et l’agressivité liée, elle, à un tempérament masculin.

Un changement d’attitude sera efficace quand les femmes qui ont subi du harcèlement en parleront entre elles et élaboreront ensemble des moyens de lutte conséquents à l’aune de la souffrance qu’elles ont subie et subiront encore si elles n’y mettent pas le holà.

Isabelle

Florilège homophobe (à suivre)

Tout en n’étant pas dupes sur l’idéologie et le rôle social de l’institution du mariage, il faut bien constater que le "mariage homosexuel", qu’il vaudrait mieux nommer le droit au mariage pour toutEs, concentre la hargne des forces réactionnaires et de leurs franges les plus obscurantistes. Après l’organe officiel du Vatican sur Internet (zenit.org) qui donnait la parole à l’association "Alliance vita" pour prôner l’élection de Sarkozy : "Mais comment pourrions-nous nous « laver les mains » des perspectives ouvertes par le programme de François Hollande : euthanasie (tout en dissimulant ce terme) et mariage homosexuel assorti du droit d’adopter des enfants et pour les femmes d’accéder à la procréation artificielle ?"… c’est le vicaire général du diocèse de Paris qui précise (interview à Paris Notre-Dame, 12 juillet) : "pourquoi pas la polygamie ? L’inceste ? L’adoption d’un enfant par un frère et une sœur ? Pourquoi pas, en effet, « puisqu’ils s’aiment », pour reprendre l’argumentation des partisans du « mariage homosexuel » ?".

Alors se pose une question : pourquoi le gouvernement s’acharne-t-il à ménager ces adversaires déclarés, et à leur faire des concessions (cf. postes dans l’enseignement) ?

Quentin Dauphiné