Brèves féministes (octobre 2012)

mardi 16 octobre 2012
par  QD, Administrateur

Quelle égalité femmes/hommes dans l’Éducation nationale ?
L’avancement de grade en 2010 pour les enseignant-es :
Plus le corps est féminisé, plus le rapport promu-es/promouvables imposé par l’employeur est arbitrairement défavorable. C’est l’effet de la "discrimination positive" pour les hommes ! Ainsi, pour l’accès à la Hors Classe (HC) des PE : le corps est féminisé à 80,8% il y a 2%de promu dont 61,2% de femmes, pour la HC des certifié-es le corps est féminisé à 61,7 % il y a 4%de promu dont 52,3% de femmes, pour la HC des agrégé-es le corps est féminisé à 50% il y a 7%de promu dont 48,2% de femmes. En revanche, pour le personnel de la filière administrative et de santé sociaux (corps féminisé à 98,1%) : la part des femmes parmi les promu-es reflète le taux féminisation de ces corps.

Les rémunérations :
Plus l’indice de rémunération augmente, plus la proportion de femmes diminue. Dans la tranche indiciaire de 200 à 299, il y a 6,7 femmes pour 1 homme, dans la tranche indiciaire de 500 à 599 (celle de la moyenne des certifié-es), il y a 1,7 femmes pour 1 homme, dans la tranche indiciaire de 700 à 799 (la moyenne des agrégé-es), il y a 1,2 femmes pour 1 homme. Au total, l’indice moyen des femmes est égal à 90,7% de l’indice moyen des hommes.
Les écarts entre les femmes et les hommes s’accentuent avec l’âge. Il n’y a pas de différence par sexe entre les indices moyens des moins de 30 ans. De 30 à 49 ans, 29 points les séparent et à partir de 50 ans c’est 71 points de différence en moyenne. 269 points sont en moyenne acquis au cours d’une carrière masculine pour 199 points au cours d’une carrière féminine.
L’écart sur les mieux rémunéré-es dans la dernière tranche d’âge atteint presque 100 points !

Annick Champeau

Sources : Bilan social 2010-2011 du Ministère de l’Éducation nationale

La femme, cette variation de l’Homme
Avez-vous remarqué ? L’homme, c’est la norme, la base, la matrice. C’est ainsi que dans nos civilités, le M. se décline en Mme, et Mlle ; dans la langue française, c’est un e qu’on ajoute. Vous cherchez les toilettes ? C’est là-bas, à droite : le logo de l’humain, c’est encore l’homme ; la femme s’en distingue par la jupe… Pourquoi n’utiliserait-on pas d’autres symboles ? Et ne parlerait-on pas de la Déclaration universelle des droits humains, comme c’est le cas en espagnol ? Tout Humain a droit à sa majuscule… Pas seulement… l’Homme…

Emploi : emmerdantes, emmerdeuses, emmerderesses itou…
Depuis que les femmes ont commencé à travailler, on ne sait pas où les caser. Chiantes, ces nanas ! Pouvait donc pas rester à sa place, bobonne ? Avec la crise, on entend des discours du type "elles nous volent notre travail"… Mais cela, c’est en Serbie, rassurez-vous, en France, on parle plutôt de "crise identitaire chez les mâles". C’est vrai ça, à quoi sert l’homme avec des femmes wonderwomen, se suffisant à elles-mêmes tout en assumant – las, encore, toujours - leurs vieux rôles, car obligées d’être parfaites ? Tout de même, ça reste problématique, ces revendications égalitaires. Qu’à cela ne tienne, une domination vient en secours à une autre : l’OCDE, et avant elle la Banque Mondiale et la Commission européenne, a mis en avant dans un rapport récent (1) l’investissement rentable que constituent les femmes, et dénonce les inégalités envers elles comme des obstacles à la "réalisation de leur pleine productivité". L’égalité entre les sexes, c’est une nouvelle source de croissance ! Ouf, on était en crise de sens : vive la rentabilisation du "capital humain"

(1) Paris, 23-24 Mai 2012, consultable à www.oecd.org/dataoecd/20/5/50423364.pdf.

Claire Demel