Les syndicalismes dans l’horizon révolutionnaire

lundi 17 décembre 2012
par  QD, Administrateur

LES SYNDICALISMES DANS L’HORIZON RÉVOLUTIONNAIRE

Ce volume 12 de Dissidences opérait, dans son appel à communication, un double déplacement pour interroger le fait syndical dans son rapport à la question révolutionnaire. Le pluriel, d’emblée, engageait à nos yeux l’ensemble du spectre syndical. Il autorise d’autant plus le registre comparatif qu’il ne comporte – délibérément - aucune mention géographique ; il implique également l’examen de syndicats réputés à droite, ou réformistes donc non révolutionnaires puisqu’il s’agissait là de conjurer l’une des apories classificatoires du clivage réformiste / révolutionnaire, catégorie pérenne du discours du mouvement ouvrier, souvent reprise telle quelle par l’historiographie. Questionner les syndicats dans l’horizon révolutionnaire ouvre doublement l’espace de l’enquête. La révolution se donne là soit comme but – l’analyse peut alors renouer avec le syndicalisme révolutionnaire - ou comme possible avec lequel doit composer l’action syndicale ; l’horizon révolutionnaire enfin implique l’ensemble de la société, et non la seule sphère syndicale réduite à la classe ouvrière, fut-elle travaillée par son rapport au politique.

En filigrane alors, et dans la logique même de notre revue attentive aux mouvements révolutionnaires des XIXe et XXe siècle, nous attendions des propositions de communication qu’elles brossent, prises en gerbe, une sorte d’instantané du champ des études sur le syndicalisme réfractées par l’attention portée à la question révolutionnaire, ce au moment où dans le champ du syndicalisme européen ressurgissent des formes d’action empruntant au répertoire du syndicalisme révolutionnaire ou au luddisme quand, dans le même temps, l’orientation réformiste des grandes centrales ne cessent de s’affirmer.

Il y avait là, semble-t-il, un chiasme propre à inscrire la lecture de ce volume dans les interrogations du présent, sans pour autant entendre dans ces contributions les leçons de l’histoire, mais bien plutôt un retour : soit l’appréciation du poids de l’époque dans la saisie historique du fait syndical. Un retour également sur le fait révolutionnaire pris comme horizon et non comme donnée, rejoignant là nos préoccupations sur la saisie contemporaine de l’extrême gauche, un retour aussi sur la bigarrure des syndicalismes pour mieux en apprécier la richesse historique.

LES SYNDICALISMES DANS L’HORIZON RÉVOLUTIONNAIRE (XIXE – XXE SIÈCLES), Dissidences n°12, 210 p., éditions Le bord de l’eau, 20 €.

D. Hamelin