Brèves féministes (décembre 2012)

dimanche 23 décembre 2012
par  QD, Administrateur

“Testing” à l’université
Soit un panel de 127 enseignantEs-chercheurEs (biologistes, chimistes, physicienNes) en poste dans une université américaine, chargéEs d’examiner des dossiers de candidature à un poste de gestionnaire de laboratoire. Est soumis à chacunE un même dossier, mais tantôt envoyé par une certaine Jane, tantôt par un certain John. Le profil s’inscrit dans la norme : bon niveau de candidature, adapté au poste, rien de plus. Résultat ? “Jane” se trouve systématiquement moins bien évaluée que “John”, lequel se voit aussi proposer un salaire annuel supérieur. Ni l’âge, ni le statut, ni le domaine de recherche ni le sexe des personnes en charge de l’évaluation ne font varier les résultats. Stéréotype sexiste s’il en est, et qui n’est pas propre au domaine scientifique (qu’on songe aux “arguments” servis lors des campagnes électorales…), les femmes sont perçues comme moins “compétentes” que les hommes dans nombre de domaines d’activité. Sexisme non intentionnel, précise cette étude (1), mais discrimination quand même qui, même s’il ne s’agit pas de l’unique facteur à prendre en compte (par exemple l’orientation scolaire relève souvent de ce type de préjugés), est à rapporter à la proportion hommes/femmes des effectifs des organismes de recherche, favorable à ces derniers, tout comme l’accès aux statuts ou grades universitaires les plus élevés. On ne redira jamais assez l’urgence de combattre dès l’école ces stéréotypes.

É.D.

(1) C.A. Moss-Racusin et al., Science faculty’s subtle gender biases favor male students , PNAS, 17/09/2012 (cité dans http://blog.science-infuse.fr/post/Le-machisme-implicite-des-chercheurs).

Les entreprises invitées à lutter contre les stéréotypes sexistes !!!
Savoureux article que celui du Monde du 10 octobre 2012 annonçant le 8ème Women’s forum, consacré à la croissance et devant se dérouler rien moins qu’à Deauville du 10 au 12 octobre ! Partant du postulat que les entreprises ont "intérêt à accroître la diversité pour améliorer leurs performances", Le Monde constate que, si les lois sur les quotas de femmes dans les Conseils d’Administration ont permis aux femmes de progresser en leur sein, dans l’opinion publique plus de 55% des personnes sondées "accorderaient davantage leur confiance à un homme plutôt qu’à une femme, même si l’homme leur est inconnu alors que la femme a déjà fait ses preuves". Et Le Monde d’expliquer ce choix par des "associations automatiques inconscientes", autrement dit des stéréotypes. Lesquels ? – Ceux d’une femme mère et épouse et d’un homme fort, bourré de charisme et de domination, qui ont toujours la vie dure !!! Et quelles perspectives pour en venir à bout : faire des femmes les championnes du capitalisme ! On voit ce qu’il reste à faire aux entreprises qui rêvent de croissance !
A ce stade, rien ne dit si dans les entreprises ces représentations inconscientes font leurs preuves. Mais on apprend plus loin que les entreprises du CAC 40, grâce aux lois, comptent maintenant 23,4% de femmes dans leurs Conseils d’Administration et …seulement 6% dans leurs Comités Exécutifs ! Pour expliquer cet état de fait, on précise, à la fin de l’article, que les femmes sont "moins ambitieuses", qu’elles ne rêvent ni de promotion ni de carrière ; et que celles qui ont atteint "le sommet" y trouvent l’air "difficilement respirable"… Stéréotypes sexistes ou réalité ?

Eliane Paul-Di Vincenzo


Brèves

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