Brèves féministes (janvier 2013)

dimanche 20 janvier 2013
par  QD, Administrateur

2012. Les femmes, toujours en première ligne

27 novembre 2012. Dacca. Jour national de deuil. 110 ouvrierEs, principalement des femmes, sont mortEs dans l’incendie d’une usine de textile qui travaillait pour des sociétés comme Carrefour ou Ikea. Accident ? Non. Au Bangladesh, depuis 2005, plus de 600 ouvrierEs ont perdu la vie suite à des effondrements, des incendies d’usine. Si l’industrie textile est cruciale pour le pays, les conditions de travail sont déplorables. Résultat direct de la production à bas coûts dans des délais intenables qui poussent à la sous-traitance en cascade dans des conditions dont on se fout. Les femmes trinquent.
27 novembre 2012. La veille, l’ONU vote enfin sa première résolution pour l’arrêt total des mutilations génitales féminines, dont l’excision, qualifiées de "nuisibles" et de "menace sérieuse" pour la santé des femmes, sur les plans psychologique et sexuel. En 2010, 70 millions de femmes ont subi l’ablation du clitoris ; 6000 filles sont excisées chaque jour. Ainsi au Sénégal, 32% des femmes sont mutilées. Sans doute, la résolution ne résoudra pas tout, mais c’est un vrai pas et pour les associations militantes, un point d’appui. En 2013, il reste encore beaucoup à faire pour que les femmes soient libérées des oppressions spécifiques qui font d’elles, dans une société où la domination masculine s’exerce au quotidien, à la maison mais aussi dans la rue et au travail, des exploitées parmi les exploitéEs. Merci l’ONU et… joyeuses fêtes ?

Claire Demel

Des jouets "dégenrés"… aux jouets désaliénés

Dans nos colonnes, nous ne cultivons aucune illusion sur l’aliénation publicitaire, ni sur la récupération de revendications et thématiques anti-sexistes par les grands groupes capitalistes… qui par ailleurs se gargarisent de "développement durable", de rayons "bio" dans leurs magasins, de "diversité" dans leur recrutement, etc. Mais ces récupérations mêmes sont le signe de la progression de revendications portées par les organisations de défense des droits des femmes en ce qui concerne la lutte contre les stéréotypes sexistes véhiculés par l’ensemble des structures sociales. Ainsi Super U opte pour une démarche "ni provocante, ni militante" (sic) dans son catalogue en vue de Noël : il présente des garçons jouant à la poupée, des filles jouant à la voiture. "Opération publicitaire" titrent certains sites, oubliant un peu vite la surabondance de publicités jouant sur les stéréotypes sexistes et dominateurs typiques de l’univers mental liés au capitalisme. Cela étant, les grandes entreprises capitalistes sont incapables de lutter réellement contre les oppressions sexistes et homophobes, car elles ne pourront que subsister tant que le capitalisme sera en place. Alors l’initiative de Super U tranche de manière heureuse avec les catalogues traditionnels de jouets, mais rien ne vaut le fait d’aller au bout de la démarche, par exemple en se procurant l’ouvrage Contre les jouets sexistes (http://publisexisme.samizdat.net/)... plutôt que de sombrer dans la consommation ostentatoire et la marchandisation généralisée dont Noël est devenue porteuse.

Quentin Dauphiné