Enseignement supérieur et congrès de la FSU : organiser la lutte

vendredi 15 février 2013
par  QD, Administrateur

Emancipation est intervenue au congrès de la FSU sur la nécessité d’impulser la lutte contre le projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche, et ce à deux reprises. Ci-dessous le texte de l’intervention de notre camarade Emilie Devriendt, et en pièce jointe la motion proposée à ce sujet par Emancipation.

[Présentation de la motion Émancipation pour le retrait du projet de loi Fioraso ]

Comme avec la soit-disant “refondation” de l’École, il n’y avait pas lieu d’attendre une orientation nouvelle pour l’ESR à l’issue des prétendues “concertations” qui ont eu lieu ces derniers mois : dans le projet de loi Fioraso, non seulement la logique de la loi LRU demeure intacte, mais les articles les plus nocifs de cette loi ont été maintenus tels quels – en particulier ceux relatifs à l’“autonomie” budgétaire des universités.

Comme pour l’École, il s’agit avec ce projet de graver dans le marbre les contre-réformes mises en place ou accélérées sous Sarkozy : l’“autonomie” des universités, articulée à la décentralisation, est le moyen mis en œuvre pour démanteler définitivement le service public d’ESR, au passage dans la parfaite continuité de la logique européenne de marchandisation inaugurée par le gouvernement Jospin dès la fin des années 1990.

Sans surprise donc, la ministre Fioraso a confirmé que la loi d’orientation entend définir, au sein d’un “schéma régional de l’ESR”, des universités autonomes (citation) “adaptées à chaque territoire”. Notre motion expose un certain nombre d’aspects de cette régionalisation, destructeurs en matière de recherche publique comme en matière de formations.

Cette régionalisation sert un objectif clair : celui du désengagement financier de l’État, qui cherche à réaliser des économies sur le dos du service public – et pour ce faire, qui entend brader l’ESR public aux intérêts du privé, dont il a fait siennes l’idéologie, et les méthodes managériales (mise en concurrence, évaluation, primes, contrôle avec l’introduction des cours numériques, etc.). Cet objectif est clairement explicité dans le projet de loi avec l’introduction décomplexée / d’une nouvelle mission assignée aux universités : celles-ci devraient désormais contribuer “à la croissance et à la compétitivité de l’économie, et à la réalisation d’une politique de l’emploi prenant en compte les besoins des secteurs économiques et leur évolution prévisible”.

Aujourd’hui, les personnels se mobilisent à la fois contre ce projet Fioraso et contre le projet relatif à la formation des maîtres et des CPE : des AG s’organisent ; des motions ont été votées par de nombreuses sections du Conseil National des Universités (CNU), par des UFR, par des Conseils centraux d’université, pour dire que ces textes sont contraires aux revendications des personnels et étudiantEs, en particulier celles portées par les mouvements de 2007 et de 2009. Parmi ces revendications figurent au premier plan l’abrogation de la loi LRU, et l’abrogation de la “mastérisation” de la formation des maîtres et CPE.

Pour nous, il est urgent que la FSU soutienne les mobilisations et travaille à les amplifier. Elle doit aussi dénoncer la logique qui est à l’œuvre dans l’ensemble des contre-réformes en cours de la maternelle à l’université : nous ne pouvons pas accepter aujourd’hui sous Hollande, ce que nous combattions hier sous Sarkozy.

Pour ce faire, le Congrès a un rôle crucial à jouer : lundi prochain, le projet de loi Fioraso doit être présenté au Conseil National de l’ESR (CNESER) ; mais c’est surtout le jour où l’intersyndicale de l’ESR avec plusieurs associations appelle à une assemblée générale des personnels et étudiantEs à l’université Paris 7.

En votant la motion Émancipation, le Congrès lancera un appel à la mobilisation sans ambiguïté, pour soutenir les luttes des personnels et étudiantEs, et revendiquer le retrait pur et simple du projet Fioraso.


Documents joints

motion Emancipation sur l'enseignement (...)
motion Emancipation sur l'enseignement (...)