Un mois dans le monde

mardi 19 février 2013
par  Catherine

Mali
L’armée française est intervenue (sans mandat de l’ONU) au Mali et ses troupes combattent au sol.
Toutes les interventions militaires occidentales (Afghanistan, Irak, Libye) ont été des catastrophes. Chaque fois le prétexte a été le même : défendre les femmes et la démocratie, lutter contre la barbarie. Chaque fois, les victimes civiles ont été innombrables et les sociétés ont été désintégrées. Le chaos au Mali est en partie la conséquence du chaos en Libye ou de l’instrumentalisation de djihadistes faite par l’armée algérienne pendant la guerre civile dans ce pays.
La Françafrique est toujours à l’œuvre. Le dictateur Ali Bongo a été reçu à l’Elysée. Les armées putschistes du Togo et du Tchad accourent au Mali. L’armée française qui a formé autrefois les génocidaires du Rwanda expérimente ses Rafales pour mieux les vendre et défend les intérêts d’Areva. Les gouvernements français qui expulsent les Sans Papiers (souvenons-nous du charter des 101 Maliens enchaînés et humiliés) peuvent-ils prétendre défendre les droits des MalienNEs ?
Les Touaregs se battent depuis des décennies pour leurs droits, leur culture et contre le pillage de leurs territoires. Ils se longtemps affirmés laïques. Certains d’entre eux ont été poussés dans les bras des Islamistes. Seront-ils défendus contre les exactions à venir ?
Les Djihadistes obscurantistes qui ont envahi le Mali représentent un courant intégriste, dictatorial et barbare. Leurs petits frères attaquent les progressistes en Tunisie et en Egypte.
On a vu en Afghanistan que quand l’Occident affronte ces Djihadistes, il les légitime. Aujourd’hui Hollande est accueilli en triomphe dans les Emirats Arabes Unis comme si ce modèle ultracapitaliste, féodal, patriarcal et esclavagiste était celui qu’il faut opposer aux « terroristes ».
Déjà en Libye, la population avait été « soulagée » par l’intervention occidentale. Aujourd’hui le pays est fragmenté et dirigé par un ancien ministre du dictateur déchu. Le soulagement de la population malienne face à l’arrêt de la marche des Djihadistes vers le sud est compréhensible. Mais on se trompe en soutenant cette guerre.
Nous devons dire clairement NON à l’intervention néocoloniale française. Le pyromane n’est jamais celui qui peut éteindre le feu.

Algérie
Jamais pendant la guerre civile algérienne les installations de gaz ou de pétrole n’avaient pu être attaquées. Cette fois-ci In Amenas a été attaqué par des djihadistes qui ont multiplié les crimes impunis, souvent avec la complicité du pouvoir, pendant la guerre civile algérienne. C’est l’autorisation donnée aux avions militaires français de survoler l’Algérie qui a servi de prétexte à cette attaque. C’est le chaos en Libye qui a permis leur arrivée depuis ce pays tout proche.

Israël
La version optimiste de cette élection, c’est que le bloc d’extrême droite (Likoud et partis religieux) n’a que 60 députéEs sur 120 alors que les sondages prévoyaient un raz-de-marée. On peut aussi constater avec satisfaction que les partis antisionistes (Ta’al, Hadash = PC et Balad dont les électeurs sont essentiellement palestiniens) passent de 10 à 12 députéEs. Haneen Zoabi qui avait été agressée pour avoir été sur le Mavi Marmara (bateau turc mitraillé) et qui était menacée d’invalidation est réélue. Même la « gauche sioniste » semble renaître de ses cendres.
Il n’y a rien à attendre du parti de Lapid arrivé en seconde position. C’est un sioniste convaincu qui négocie avec Nétanyahou son futur ministère. Le père de Lapid avait dirigé un éphémère parti laïque, le Shinoui. Il avait obtenu un grand succès en 2003 en faisant campagne contre les religieux. Puis il était entré dans le gouvernement Sharon avec ces mêmes religieux et son parti avait disparu. La classe politique israélienne est très médiocre.
La question sociale et celle des inégalités ont joué un rôle dans ces élections.
Mais il y a toujours un consensus sur le fait « qu’il n’y a pas de partenaire pour la paix » chez les Palestiniens (comprendre, pas de collabo prêt à capituler). D’ailleurs la Palestine a été « absente » des élections. Des militantEs palestinienNEs qui occupaient le chantier de futures colonies ont été violemment évacuéEs.

Kurdistan
Les « rumeurs » cherchant à expliquer l’exécution à Paris de trois militantes kurdes par un règlement de compte interne du PKK sont sans fondement. L’assassin serait probablement un « infiltré ». Pourquoi ce meurtre ? L’occupation du Kurdistan turc par l’armée a fait des milliers de mortEs, des dizaines de milliers d’emprisonnéEs et des millions de « déplacéEs ». Malgré cela, la population continue de voter massivement pour un parti kurde proche du PKK et des centaines de milliers de personnes ont suivi les obsèques des trois femmes assassinées à Diyarbakir. Les Kurdes d’Irak et de Syrie ont obtenu une forme d’autonomie. Le gouvernement turc envisage de négocier avec Ocalan. C’est dans les milieux de l’armée et des services secrets opposés à ces négociations qu’il faut chercher l’origine de ces assassinats.

Georges Ibrahim Abdallah
Il est en prison depuis 1984. Son engagement avec le FPLP date de l’invasion du Liban par l’armée israélienne en 1978. Il a été condamné à la prison à vie pour « complicité d’assassinat ». Même l’ancien directeur de la DST estime anormal et scandaleux son maintien en détention. Il est « libérable » depuis 2003. C’est l’acharnement des gouvernements français et américain qui explique son maintien en détention. Sur ce terrain Valls, une fois de plus, fait plus que marcher sur les pas de ses prédécesseurs.

Belfast
La guerre est finie et des anciens combattants de l’IRA sont ministres de l’Irlande du Nord. La crise économique a paupérisé une partie de la population protestante. Sur fond de sentiment de « déclassement », les « loyalistes » veulent relancer des affrontements qui étaient limités ces dernières années aux « marches » commémorant les victoires « orangistes » (protestantes) du XVIIe siècle. Cette fois, les émeutes de Belfast ont été alimentées par un drapeau britannique qui ne figure plus sur le fronton de la mairie.

Bangladesh
Trois millions d’ouvrierEs travaillent dans le textile. Les salaires de misère permettent de juteux bénéfices aux multinationales qui ont fermé, une à une, toutes leurs usines en Occident. Les conditions de travail sont proches de l’esclavage. Depuis 2006, plus de 500 ouvrierEs sont mortEs dans des incendies d’usines dont toutes les issues étaient bouclées. Le soutien aux syndicats bangladais pour obtenir des salaires et des conditions de travail ou de sécurité décents est indispensable.

Grèce et « socialisme »
Pour affamer le peuple grec, le FMI, les grandes banques et l’Union Européenne ont trouvé des alliés sur place. Pendant que toute une partie de la population perdait travail, logement et dignité, certains s’en sont mis plein les poches. L’ancien ministre « socialiste » Papaconstantinou, celui qui a sans difficulté accepté tous les oukazes du FMI, avait soigneusement retiré les noms des membres de sa famille sur la liste des Grecs/ques possédant des comptes dans les paradis fiscaux. Celui qui était Premier Ministre à l’époque, Georges Papandréou, élu à la tête de « l’Internationale Socialiste », fait fortune en multipliant les conférences d’économie où il explique à des étudiantEs ce qu’il convient de faire contre la crise !

Pierre Stambul


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