Littérature de jeunesse

mercredi 27 février 2013
par  Catherine

des albums pour se distraire et pour réfléchir

La punaise

Comment une action tout à fait anodine peut engendrer de terribles confusions : un écolier trouve un matin une punaise sur sa table, il l’envoie d’une pichenette vers la poubelle, mais elle atterrit sur la chaise du maître qui arrête son cours immédiatement et court chez le directeur qui arrête aussitôt l’école et de fil en aiguille, le président – les présidents arrêtent les satellites, les missiles, leurs téléphones et se terrent dans leur bunker, laissant les enfants écouter la Terre respirer…Pour que les plus jeunes profitent pleinement de l’idée de l’effet papillon une lecture accompagnée soulignera comment une petite broutille, peut avoir des conséquences très importantes pour la planète. À l’inverse, et s’il suffisait de presque rien pour faire changer le monde ! Un album soutenu par Amnesty International, intelligent et drôle qui ne manque pas de « piquant » pour petits et grands.

(A partir de 7ans)

La punaise, auteur Frédéric Marais, illustrateur Thierry Dedieu, éditions Sarbacane, août 2012, 40 p., 14,90€.

Surtout n’entrez pas dans le sac !

Une histoire amusante, écrite comme un conte : l’auteur togolais Gnimdéwa Atakpama utilise les animaux pour nous dire des vérités sur les hommes ; il est question ici de sujets très sérieux auxquels les petits sont particulièrement sensibles : l’injustice, les rapports entre puissants et faibles. Une chèvre et un lion tombent amoureux du même endroit et décident d’y construire leur maison. Immédiatement, le lion se croit le plus malin en laissant la chèvre faire tout le travail puis en s’installant dans la maison terminée. Pour couronner le tout, il lui impose de devenir sa domestique sinon, il l’a dévore ! Mais c’était sans compter la ruse de la chèvre, la revanche de la plus faible est aussi drôle qu’habile, Elle fait preuve d’astuce et d’un très grand courage, la seule solution pour lutter contre la force brute. En voici une qui a « plus d’un tour dans son sac » …

(A partir de 5 ans)

Surtout n’entrez pas dans le sac ! auteur Gnimdéwa Atakpama, illustrateur Nicolas Hubesch, éditions l’école des loisirs, novembre 2012, 13,20€.

À partir de 8ans –

Le bus de Rosa

Un livre consacré aux droits humains, soutenu par Amnesty International.

Lors d’une visite au musée henry Ford, de Détroit, un grand père raconte à son petit-fils la ségrégation raciale de l’Amérique de sa jeunesse, à l’école, dans les bars, dans le bus. Il lui relate, comment le 1 er décembre 1955, une femme noire, Rosa Parks refusa de céder sa place à un blanc, lançant le mouvement pour les droits civiques. Une émotion intense se dégage de cet album alternant les couleurs chaudes pour les scènes contemporaines et le noir et blanc pour les flashbacks. Magnifique est l’histoire du grand père transmettant à son petit fils la grande Histoire, l’injustice et la peur dans lesquelles vivaient les Noirs américains jusque dans les années 60, poignant est le récit de son histoire à lui, qui assis dans le bus ce jour là, n’a pas eu le courage de la petite couturière de quarante-deux ans dont la détermination allait changer le cours de l’histoire.

Un album magnifique, qui célèbre la liberté, l’égalité des hommes entre eux et le courage d’une femme exceptionnelle.

Le bus de Rosa, auteur Fabrizio Silei, illustrateur Maurizio AC. Quarello, éditions Sarbacane, novembre 2011, 40 p., 14,90€.

Deux albums en hommage à Janusz Korczack

Pour rendre hommage à ce grand humaniste polonais, mort en déportation il y a soixante-dix ans les éditions Rue du monde ont publié deux ouvrages le concernant. Le journal de Blumka, (dès huit ans) parce qu’il ne dit pas le pire mais au contraire raconte le meilleur dans l’Homme, est un récit fictif. La petite Blumka nous raconte la vie d’une douzaine d’enfants juifs dans l’orphelinat ouvert par le docteur Korczack à Varsovie en 1912. Elle y décrit avec pudeur les particularités de chacunE, leur violence, leur tristesse et la profonde considération que le docteur leur témoigne : touTEs sont traitéEs avec respect, chaque enfant étant mis en valeur dans ce qu’il fait. En 1942, l’orphelinat est fermé, Janusz Korczack et 192 enfants déportés à Trebinka.

Un album très sensible, aux illustrations pleines de délicatesse et de douceur.

La démarche de Korczak, pour que vivent les enfants (à partir de 10 ans) est très différente. Comme les autres ouvrages de cette collection « Grands portraits » l’album présente une partie fiction et une partie documentaire avec citations et photographies .On y retrouve la jeunesse du pédagogue, son engagement pour la cause des enfants, la conception de l’orphelinat et les règles si novatrices qui le régissent. Ensuite, c’est la guerre, l’arrivée des nazis en Pologne, la déportation. L’album illustré par Pef, relate la misère, mais aussi la vivacité des petits orphelinEs et de leur bienfaiteur. Il faut plus de maturité pour aborder ce récit et sa fin tragique, qui montrent que la pire barbarie et la plus haute humanité ont cohabité, il y a quelques dizaines d’années, en Europe.

Le journal de Blumka, écrit et illustré par Iwona Chmielewska, éditions Rue du monde, septembre 2012, 70 p., 17,50€.

Korczack pour que vivent les enfants, Philippe Meirieu, Pef, éditions Rue du monde, septembre 2012, 46 p., 17,50€.